01 février 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Reprise, fragile, de l’huile de palme

(31/01/2013)

BOIS Les prix des bois d’Afrique centrale sont demeurés stables sur la seconde moitié du mois de janvier, les exportateurs attendant de voir comment va se passer l’entrée en vigueur du Règlement européen sur le bois le 1er mars prochain. En effet, les importateurs européens ne veulent pas passer de commandes pour le second trimestre sans être assurés que les marchandises rempliront toutes les conditions d’entrée imposées par la nouvelle réglementation en terme de légalité et de due diligence. D’ailleurs, rapporte l’Organisation internationale du bois, les exploitations forestières en Afrique centrale et de l’Ouest sont « bombardées » d’offres émanant de certificateurs.
Parallèlement, au Gabon, les contrôles se seraient accélérés tant au niveau industriel que portuaire, ce qui occasionnerait une certaine congestion au port. Au Cameroun, on manquerait de grumes alors que les opérateurs sont en pleines renégociations annuelles des autorisations d’abattage et de la fiscalité.

CACAO « Le marché du cacao s’effrite lentement mais sûrement », souligne un courtier.
L’amélioration des perspectives de récoltes en Afrique de l’Ouest après un début de campagne plutôt lent maintient la pression sur les prix.
En Côte d’Ivoire, les exportations de fèves de cacao ont totalisé 313 243 tonnes d’octobre à décembre 2012, en légère baisse (-1,3%) par rapport à la même période en 2011. Celles de semi-produits à base de cacao sont en recul de 2,3% à 87 657 tonnes.
L’usine de transformation de l’exportateur SAF-CACAO, Choco Ivoire, sera fermée de deux à trois mois suite à un incendie qui s’est déclaré dans la nuit de mardi à mercredi. Les dégâts sont évalués à plus de € 3 millions, selon le directeur de l’usine basée au sud-ouest de la ville de San Pedro, Ali Lakiss. En plus des dégâts matériels, une quantité encore non évaluée de fèves de cacao a été détruite.Choco Ivoire transforme environ 32 000 tonnes de fèves de cacao par an. L’usine de broyage, d’un coût de € 27,5 millions avait été inaugurée en octobre 2010.

CAFÉ Sur le marché de l’Arabica, la maladie de la rouille qui sévit en Amérique centrale n’a finalement que peu d’impact sur les prix du marché à terme de New York. Ils terminent la période à $ 1 470 la livre, soit non loin des plus bas en deux ans et demi atteints en décembre dernier. En revanche, sur le marché du physique, les différentiels pour cette origine ont tout de même grimpé, notamment pour les cafés d’altitudes élevées.
« Personne ne s’intéresse aux Arabica et en tous les cas pas aux Arabica d’Amérique centrale », a déclaré un importateur américain à Reuters, la demande continuant à se porter surtout sur les Robusta, meilleur marché, ainsi que sur les Arabica du Brésil, moins chers que ceux d’Amérique centrale ou de Colombie. Et, du café brésilien, il y en a ! Rappelons que la récolte 2012/13 atteint un record de 50,8 millions de sacs de 60 kilos.
En revanche, les Robusta sont toujours à la hausse : Londres a gagné $ 14, à $ 2 018 la tonne. Rappelons que la récolte vietnamienne, premier producteur mondial de Robusta, serait en chute de 25% en 2012/13, selon les chiffres de l’USDA, mais sa récolte précédente avait été record, à 18,75 Ms (1,1 Mt), et 2013/14 pourrait être affecté parla sécheresse. Toutefois, toujours selon l’USDA, la production indonésienne enregistrerait une hausse de 16,9%, à 9,7 Ms en 2012/13 grâce à une bonne météorologie. Mais on s’attend à ce que sa consommation nationale augmente de 7,6%, ce qui représenterait 2,54 Ms. Notons que les exportations d’Indonésie, plus précisément de Sumatra, ont encore progressé de 14% en janvier par rapport à il y a un an, atteignant 7 210 t, selon les chiffres gouvernementaux, mais sont en baisse de 62% par rapport à décembre dernier lorsqu’elles avaient atteint 19 071 t, car les stocks s’amenuisent, selon Muchtar Lutfie, de l’Association indonésienne des exportateurs de café (AEKI).
De façon globale, les exportations mondiales de café ont atteint 9,42 millions de sacs de 60 kilos (Ms) en décembre, selon les chiffres publiés hier par l’Organisation internationale du café (OIC), en hausse de 3% par rapport à décembre 2011. Les exportations de Robusta ont atteint 3,75 Ms contre 3,61 millions en novembre et 3,09 Ms en décembre 2011, et les Arabica, 5,67 Ms contre respectivement 5,6 et 6,05 Ms. Les exportations sur le premier trimestre de la campagne 2012/13, soit d’octobre à décembre, ont augmenté de 15% à 283 Ms.
Les exportations de Côte d’Ivoire (Robusta) ont totalisé 9 366 t d’octobre à décembre, faisant un bond de 46% étant donné l’impact des suites de la guerre en 2011.
A noter que pour les cafés d’Afrique, les différentiels du Kenya et d’Ethiopie, s’agissant de l’Arabica, caracolent à 165 et 102,5 au-dessus du contrat C sur le marché à terme de New York : le AA du Kenya a atteint $ 342 le sac cette semaine contre $ 336 la précédente sur le Nairobi Coffee Exchange (NCE). S’agissant des Robusta, l’Ouganda est en prime de + 20 par rapport à la cotation de Londres.

CAOUTCHOUC La faiblesse du yen et la fermeté du prix du pétrole ont propulsé les cours du caoutchouc vendredi sur la bourse de Tokyo à 323,5 yens ($3,54) le kilo, brisant ainsi la résistance des 300 yens. Selon les courtiers, ils pourraient encore progresser ces prochaines semaines et passer au dessus de la résistance de 320 yens le kilo.
Les exportations de caoutchouc naturel de la Côte d’Ivoire ont totalisé 278 878 tonnes en 2012, en hausse de 14,4% par rapport à 2011.

COTON Le coton a enregistré la meilleure performance du CRB Index avec une hausse de 10,5% en janvier, soit la plus forte hausse mensuelle depuis février 2011, alimentée en grande partie par les investisseurs. Sur les 12 derniers jours ont été enregistré 10 jours de hausse. Jeudi, les cours ont très légèrement reculé pour clôturer à 82,95 cents la livre pour le contrat de mars à la suite de la publication des ventes à l’exportation des Etats-Unis, qui sont en baisse de près de 40%. En outre, elles ont montré des annulations de commande en provenance de Chine.
Au Burkina Faso, l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina Faso (UNPCB) a déclaré que la production de coton au Burkina s’établissait au 31 janvier 2013 à 630 000 tonnes, soit 57,5% de plus qu’en 2011/12 à 40 000 tonnes

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme se sont appréciés cette semaine avec des chiffres à l’exportation meilleurs que prévus en Malaisie. Si, les exportations ont globalement diminué entre 6,4 et 7% suivant les organismes, en janvier , elles montrent toutefois une amélioration significative après une baisse à deux chiffres sur la première moitié du mois. En outre, le temps sec qui sévit dans les principales zone de production du soja en Argentine apporte un soutien au cours. Sur l’ensemble du mois de janvier, les cours ont gagné 4,8%, second mois consécutif de hausse après 2,9% enregistrée en décembre.
Toutefois, un pool d’analystes réunis par Reuters estiment que les prix de l’huile de palme pourrait connaître une deuxième année de recul en 2013 compte tenu de la forte production de des deux premiers producteurs mondiaux, l’ Indonésie et la Malaisie et des stocks qui sont à un niveau record. Les analystes prévoient un prix médian de 2 800 ringgits ($920) la tonne pour 2013. En 2012, les prix avaient affiché une moyenne de 2 958 ringgits la tonne.

RIZ La fermeté de la monnaie thaïlandaise, le bath, a permis de soutenir les prix du riz en Thaïlande cette semaine à $570 la tonne contre $565 la tonne la semaine dernière. Toutefois, observent les exportateurs, ce n’est qu’une question de temps avant que le gouvernement soit obligé de vendre le riz de ses stocks pléthoriques ce qui pourrait faire baisser les prix. Ils sont estimés à 17 millions de tonnes (Mt), soit presque le double de ce qu’habituellement la Thaïlande exporte par an. De plus les capacités de stockages commencent sérieusement à faire défaut.
Au Vietnam, les prix se sont aussi appréciés cette semaine à $400 la tonne contre $390 après que le gouvernement a approuvé un plan de stockage pour un montant équivalent de 1 Mt de riz décortiqué et ce afin de soutenir les prix.

THÉ Le prix moyen des thés aux ventes aux enchères de Mombassa qui se sont tenues mercredi, a progressé à $4,32 le kilo contre $ 4,11 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoe Ones se sont vendues à $3,84-$4,80 le kilo contre $ 3,60-4,62, la semaine dernière. Les Best Pekoe Fanning Ones sont parties à $ 3,52-3,91 contre $3,46-3,65. Au total, 129 240 paquets ont été offerts à la vente contre 145 370 paquets la semaine dernière avec 12,10% d’invendus. Les acheteurs les plus actifs étaient l’Egypte, le Pakistan, le Kazakhstan, la Russie, le Yémen, l’Iran et autres pays du Moyen-Orient tandis que le Royaume-uni était moins présent.

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