01 avril 2019 - 18:17 |

« L’usage des drones est une solution remarquable pour la cartographie »

L’association Nitidae, qui ambitionne d’associer préservation de l’environnement et renforcement des économies locales dans les projets qu’elle entreprend, a mené une série d’essais de drones en Côte d’Ivoire et à Madagascar pour identifier leurs capacités à faire remonter des informations utiles en matière de suivi-évaluation des terres et des forêts. Suite au compte-rendu de ces essais, disponible sur le site de Nitidae , CommodAfrica a posé trois questions à Tiodonwa Ouattara, chargé de mission SIG et télédétection en Côte d’Ivoire.

 

Quels enseignements tirez-vous de vos essais de vols de drone en Côte d’ivoire et à Madagascar ?

En Côte d’Ivoire, nous utilisons le drone pour suivre les défrichements en forêts (détection précoce des défrichements) et aussi pour suivre un indicateur d’agroforesterie dans les plantations de cacaoyers qui est le taux de couverture arborée.

Mais, il existe la possibilité de suivre d’autres indicateurs tels l’ombrage de la parcelle, la taille des arbres, la santé des vergers, l’identification des zones sinistrées dans la plantation après le passage d’une forte pluie, etc. cela nécessite parfois l’embarcation d’un capteur infra-rouge au drone.

Nous sommes à l’étude de projet R&D pour certains opérateurs privés ou publics pour suivre des indicateurs d’intérêts.

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En un mot les enseignements que nous pouvons tirer des études déjà réalisées est que le drone reste un moyen efficace pour mesurer avec précision des indicateurs sur l’état de nos plantations et de nos forêts (la végétation).

 

L’usage des drones est-il la/une des solutions pour la cartographie et au-delà ? Quelles sont les conditions nécessaires à leurs utilisation et leurs éventuelles limites ?

Depuis plusieurs décennies les images satellitaires ont été la meilleure source d’informations pour la cartographie. Aujourd’hui, l’usage des drones est une solution remarquable pour la cartographie car elle fournit des prises de vues avec une très bonne finesse (détail de la mesure au centimètre près) tout en s’affranchissant des perturbations liées à la présence des nuages.

Certes l’usage des drones permet de s’affranchir des perturbations liées à la présence des nuages mais reste influencé par les conditions atmosphériques telles que le brouillard, les vents violents, la pluie et parfois même les ensoleillements très importants. Une des limites liée à l’usage des drones est aussi l’étendue de la zone à couvrir qui ne doit pas être importante pour éviter les pertes de signal de la radiocommande ainsi que l’épuisement de la batterie du drone.

Par exemple, en Côte d’Ivoire pour suivre les défrichements sur une forêt classée de 22 000 hectares nous sommes obligés de parcourir des sites de 100 hectares avec le drone Mavic Pro dont l’autonomie de la batterie est de 15 minutes parfois moins en présence de vents.

 

On parle de plus en plus de l’importance du drone dans l’agriculture en Afrique, est-ce adapté à toute culture, accessible aux agriculteurs ?

L’usage des drones reste adapté à toute culture cependant le coût est élevé. Ainsi, le coût d’un Kit Mavic pro est € 1 500 et celui d’un capteur infra-rouge de € 3 840. En outre, les difficultés liées à la maîtrise de cette technologie rendent l’usage des drones moins accessibles aux agriculteurs.

Nous restons très prudents sur les applications massives de la technologie. L’hétérogénéité des parcelles et des pratiques des petits producteurs nécessite un accompagnement agronomique adapté et de proximité, le drone étant un complément du dispositif qui doit bien cibler les informations que l’on cherche à obtenir vues d’en haut.

 

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