01 mai 2008 - 23:54 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Aujourd’hui est férié dans de très nombreux pays hormis les Etats-Unis, ce qui donne une activité au ralenti sur de nombreux marchés

(01/05/08)

Bois. Plusieurs essences d’Afrique ont vu leur prix baisser ces derniers quinze jours, comme les grumes d’ayous (moins 15 euros le m3), de moabi (moins 15 euros) ou d’okan, ainsi que les sciages de moabi (moins 10), de movingui (moins 40) et certaines qualités supérieures à destination d’Italie d’okoumé ou du sapeli vers l’Espagne. La Chine devient plus exigeante dans ses achats et se concentre sur certaines qualités d’okoumé notamment alors qu’auparavant, elle se contentait de qualités moyennes voire basses. En Europe, l’achat de grumes est au ralenti, à l’exception de la France.
Activité au ralenti aussi pour les sciages, certains pays avec des stocks importants accusent des baisses de prix pour la deuxième fois en quelques semaines, rapporte l’Organisation internationale des bois tropicaux. Le Royaume uni et l’Espagne ont réduit leurs achats de sapeli, les importateurs britanniques notamment étant fortement touchés par la faiblesse de la demande dans le secteur de la construction et de la menuiserie.
Les exportateurs d’Afrique de l’Ouest s’attendent à une situation beaucoup plus volatile sur les marchés et réduisent en conséquence leur production.

Cacao. La période est on ne peut plus chaotique. « Tout le monde a la tête dans le trou en attendant que ça passe », souligne un opérateur. Mais les uns et les autres reviendront sur le marché en juillet/août/septembre, soit avant le début de la prochaine campagne, car les couvertures ne sont pas aussi bonnes que cela. Certes, ce n’est pas le cas des très gros opérateurs et chocolatiers. Mais ceux opérant sur ce que l’on appelle traditionnellement des marchés de niche –qui le sont de moins en moins, c’est-à-dire les pays du Bassin méditerranéen, certains pays d’Europe de l’Est, la Russie, sont relativement mal couverts. « Ils pourraient venir sur l’Afrique pour encore quelque 50 000 t », précise notre interlocuteur, ce qui n’est pas rien. Et ils risquent d’avoir des difficultés à s’approvisionner car le cacao ivoirien, par exemple, est très majoritairement pris par les presseurs locaux.
Ainsi, on peut s’attendre à un mois de mai et des premiers jours de juin relativement calmes mais après, « cela risque d’être plus sportif ! ».
Selon Fortis, le déficit cacaoyer mondial sera de 6 000 tonnes in 2007/08, contre un déficit de 284 000 t en 2006/07.

Café. Après la forte baisse la semaine dernière, le marché bouge assez peu cette semaine avec de très faibles fluctuations de prix. C’est du Brésil que nous viennent les seules informations car, comme chaque année à pareille époque, les autorités sont en train d’étudier le soutien des prix internes pour la campagne 2008/09 qui commence à être récoltée, du moins pour les conilons (Robusta).
Le mécanisme est relativement complexe mais globalement, il s’agit de déterminer un niveau de prix en dessous duquel le fonds (Pepro) exerce une option d’achat. Sur la campagne 2007/08, le programme Pepro a été utilisé pour environ 5 millions de sacs de 60 kilos, ce qui a permis aux producteurs de vendre au-dessus des prix de marché.
Ce processus affecte momentanément les disponibilités du Brésil mais guère plus. La question qui se pose est de savoir si le Brésil aura les moyens financiers de mener un tel programme si la récolte est importante. « Pour notre part, nous pensons que oui », souligne un courtier. Car la récolte brésilienne s’annonce en hausse mais ne devrait guère dépasser les 45 Ms, selon lui.
A noter que, globalement, les stocks dans les pays producteurs sont historiquement faibles, notamment au Brésil. S’il gèle au Brésil (risque de fin juin à septembre) –habituelle épée Damoclès qui pèse sur les marchés caféiers à cette époque de l’année, les prix habituellement montent puis baissent car des volumes sont retirés des stocks et mis sur le marché. Or, s’il gèle cette année, il y a moins de volumes disponibles dans les entrepôts….

Caoutchouc. Selon le directeur du International Rubber Consortium à Bangkok, les prix du caoutchouc thaïlandais devraient se situer aux alentours des $ 2,70-2,90 le kilo sur le reste de l’année, soit 22% plus chers que la moyenne enregistrée l’année dernière. En effet, l’industriel s’attend à ce que l’Inde importe davantage et que la Chine revienne sur le marché. Or, l’offre ne progressera pas au même rythme. Sans oublier les prix du caoutchouc synthétique qui suivent la courbe de ceux du pétrole.
Côté industrie, Michelin a annoncé hier de nouvelles hausses de prix de ses pneumatiques en Amérique du Nord pour faire face à la hausse des coûts de ses matières premières, lesquelles ont grevé ses ventes au premier trimestre. Dans un communiqué, le fabricant de pneumatiques précise qu’il augmente ses prix “jusqu’8%” sur les lignes de produits génie civil et engins industriels. Cette revalorisation interviendra au 1er juin. Une hausse des prix similaire s’appliquera aux pneus de tourisme à partir du 1er juillet. Michelin a publié lundi des ventes trimestrielles en baisse de 2,6% et révisé ses objectifs annuels.

Céréales. Le Nigeria envisage d’importer 500 000 tonnes de riz de Thaïlande au cours des trois prochains mois. Ceci représenterait une facture de 80 milliards de nairas, soit $ 678 millions. Les informations reçues ne permettent pas de dire si ces importations seront exemptées du droit de douane de 50% qui frappe habituellement les achats de riz à l’étranger.

Coton. Chaotique la semaine pour le coton. Lundi, il a terminé en hausse à New York, soutenus par les achats d’investisseurs suite à la fermeté des cours sur les marchés des matières premières en général. La nouvelle récolte décembre avait avancé de 0,22 cent à 80,26 cents la livre, dans un intervalle de 80 à 81,77 cents. Puis, aujourd’hui, le coton chute sur un regain de fermeté du dollar et des ventes de fonds d’investissement qui ont d’ailleurs touché de nombreux ses matières premières. La nouvelle récolte décembre est repassée sous la barre des 80 cents, à 77,45 cents. Le problème du coton est que son prix ne suit pas ses propres fondamentaux mais les tendances d’autres marchés de matières premières directeurs comme les céréales, l’énergie et les métaux précieux.
Aujourd’hui, le Comité consultatif international du coton (CCIC) a publié ses nouvelles estimations pour la nouvelle campagne : la consommation en 2008/09 sera de 26,7 millions de tonnes, estime-t-il, soit un niveau semblable à celui de l’année dernière car la croissance économique mondiale s’est ralentie et les prix de la fibre naturelle sont élevés. Malgré cette consommation stagnante, les importations mondiales continueront de bien progresser, avec une hausse attendue de 6%, à 11,4 Mt. La production, elle aussi, demeurera inchangée, à 26,2 Mt. Les fortes baisses de production aux Etats-Unis et au Brésil seraient compensées par les hausses en Asie, en Afrique de l’Ouest et en Australie.
Les stocks mondiaux devraient baisser de 4% toujours en 2008/09, à 11,4 Mt.

Poivre. Les prix ne bougent pas actuellement et cela risque de durer encore quelques temps, souligne un courtier. « Les gens s’attendent à beaucoup de stabilité dans les prix car personne, ni les vendeurs, ni les acheteurs, ne prend d’initiatives ! »

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