01 juin 2007 - 00:00 |

Chronique : le rendez-vous Matières du jeudi

Réunion au sommet du sucre à Maurice

(31/05/07)

Bois : la filière bois en Afrique de l’Ouest est encombrée, ce qui a fait baisser les prix des grumes à l’exportation les deux premières semaines de mai. La raison ? La Chine qui manque d’enthousiasme à l’achat et ne se laisse même pas tenter par les prix plus faibles qu’on lui propose, selon le Tropical Timber Market Report de l’ITTO paru aujourd’hui. Ceci affecte l’okoumé, l’onzabili ou encore l’okan pourtant en forte demande avant la crise. En conséquence, les forestiers se retrouvent avec de la marchandise difficile à évacuer car les ports sont encombrés. La situation n’est cependant pas bloquée car la demande d’autres marchés, comme l’Inde, l’Europe et le Moyen Orient, demeure soutenue. Quid des Etats-Unis ? Le bois africain joue un rôle mineur dans les importations américaines avec une part de marché de seulement 10% en 2006 : il s’agit exclusivement de produits transformés venant du Ghana, de Côte d’Ivoire et du Gabon.

Cacao : le marché du cacao a perdu £ 70 en trois jours de marché, soulignait le 30 mai un négociant qui ne s’en étonne pas : « Nous étions au plus haut. Le marché reprend son souffle. » Jeudi 24 mai, le Ghana a en effet donné au marché un ballon d’oxygène en vendant 30 000t. « Cela a calmé les esprits ».En outre, les fonds sont longs sur juillet et à deux mois de l’expiration du terme, ils doivent mettre leur position à zéro.
Mais les fondamentaux sont haussiers. Le marché devrait repartir à la hausse car il ne pleut pas assez en Côte d’Ivoire et, par ailleurs, l’industrie est mal couverte. Elle devra aller à l’achat sur fond de campagne déficitaire de 300 000 t de fèves cette année.

Café : à l’instar du cacao, le Robusta a repris son souffle aujourd’hui, perdant $ 15 en fin de séance à Londres, à $ 1 714 la tonne, après avoir caracolé à des plus hauts en 8 ans. Rappelons que partie d’en dessous des $ 1 600 début mai, la tonne de Robusta sur juillet s’est échangée entre $ 1 700 et 1750 tout au long de cette dernière quinzaine de jours. Et Londres devrait continuer à faire mieux que les Arabica sur New York. Toutefois, les opérateurs rappellent que les fonds sont très longs sur ces Robusta et qu’il peut y avoir des retournements de tendance.

Poivre : les prix se sont encore inscrits à la hausse ces jours derniers toujours pour les mêmes raisons à savoir une faiblesse de la récolte, notamment au Vietnam, le plus important exportateur mondial de poivre noir avec une part de marché de 60%. Depuis le début de l’année, les prix vietnamiens ont quasiment doublé. Ce qui n’est guère étonnant avec des exportations en baisse de 42,5% entre les mois de janvier à avril, à 26 554 t selon les statistiques nationales. La Vietnam Pepper Association avait annoncé en janvier une baisse de 10% des exportations cette année après avoir atteint un record de 118 000 t en 2006.

Sucre : les prix du sucre roux à New York sont demeurés fermes cette semaine, surfant sur des plus hauts en six semaines. Il a entrainé dans son sillage le sucre blanc coté à Londres. Aujourd’hui, août a terminé à $ 339 la tonne ; mardi il avait touché $ $ 343,90. L’étroitesse de l’offre à court terme en sucre roux soutient les prix mais les acheteurs commencent à témoigner une certaine réticence face à ces cours élevés et surtout au fret de plus en plus cher.
La fermeté des prix du roux ne devrait, cependant, pas durer car les perspectives à long terme font état d’une offre surabondante, a souligné aujourd’hui l’économiste de l’Organisation internationale du Sucre (OIS) Sergei Gudoshnikov, lors d’une réunion à Grand Baie, à l’île Maurice  : l’Inde devrait mettre 1,6 millions de tonnes (Mt) sur le marché en juin et non 1,3 comme prévu ; la Russie a raffiné en mai 1,54 Mt de sucre blanc à partir de roux importé, soit 30% de plus qu’il y a un an ; la récolte brésilienne de canne à sucre, qui vient de démarrer, est estimée en hausse de 10% à un record de 468 Mt.
A cette réunion qui se déroule sur trois jours, le représentant du Soudan Hassan Hashim Erwa de la Kenana Sugar Company, a précisé que son pays avait pour objectif une production de 10 Mt d’ici 2015 contre 850 000 t actuellement.

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