01 juin 2010 - 09:46 |

La Banque africaine de développement triple son capital

La banque table sur une reprise de la croissance de l’Afrique en 2010

(31/05/2010) Lors du Conseil des Gouverneurs de la BAD le 27 mai à Abidjan a été approuvé le triplement du capital de la Banque qui passera de $33 milliards à près de $100 milliards.«L’’augmentation générale du capital est justifiée pour des raisons opérationnelles », a indiqué le vice-président Thierry de Longuemar. « La demande pour nos services a plus que doublé depuis 2009, et devrait atteindre entre $ 5,6 et 6 milliards USD par an entre 2010 et 2020. Le BAD ne peut faire face à une telle demande sans augmenter significativement son capital et préserver ses ratios prudentiels.»_
Cette augmentation de capital s’accompagne de «chantiers» à réaliser. Parmi ceux-ci le renforcement de la gestion des ressources humaines, le renforcement de la gestion des risques, l’accélération de la décentralisation et une communication plus active et transparente.


Reprise de la croissance en 2010
L’édition 2010 des Perspectives économiques en Afrique (PEA), publiée conjointement par la BAD, l’OCDE et la CEA et lancée le 24 mai 2010 à Abidjan, souligne que la crise économique mondiale a arrêté la période de forte croissance économique en Afrique, réduisant la croissance du PIB du continent d’une moyenne d’environ 6% en 2006-2008 à 2,5 en 2009. Mais, la croissance moyenne devrait rebondir à 4,5 en 2010 et 5,2% en 2011. «La bonne nouvelle, c’est que le continent a fait preuve de résilience face à la crise. La mauvaise nouvelle, c’est que, malgré la relance de la croissance prévue, le ralentissement pourrait rendre plus difficile pour certains pays africains l’atteinte des objectifs de développement pour le millénaire (ODM) visant à réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans la pauvreté d’ici 2015», a déclaré Henri-Bernard Solignac-Lecomte, chef du Bureau Europe, Afrique et Moyen-Orient au Centre de développement de l’OCDE.
Le rapport met aussi en évidence l’inégalité de la reprise à travers le continent : l’Afrique australe, qui a été plus durement touchée en 2009, devrait se relever plus lentement que les autres régions, avec une croissance moyenne de près de 4% en 2010-2011.
L’Afrique de l’est, qui a le mieux résisté à la crise mondiale, devrait à nouveau atteindre la plus forte croissance, avec plus de 6% en moyenne en 2010-2011, alors que l’Afrique du nord et l’Afrique de l’ouest devraient toutes les deux connaître une croissance d’environ 5%, et l’Afrique centrale 4% au cours de la même période.
Le rapport indique que l’Afrique s’est avérée être plus résistante à la crise mondiale que certains observateurs le craignaient, et cela est dû aux politiques macro-économiques saines en place avant la récession, qui se sont traduites par une amélioration des fondamentaux de l’économie dans de nombreux pays africains. Combiné avec des flux d’aide soutenus, les allégements antérieurs de la dette et les prêts du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement, ce facteur a permis d’adopter des politiques contre-cycliques qui, à leur tour, ont atténué l’impact de la crise. Toutefois, les défis aux politiques demeurent.
L’édition 2010 des Perspectives économiques en Afrique comporte une étude spéciale sur la mobilisation des ressources publiques, ou la fiscalité, un moyen pour les gouvernements africains de devenir moins dépendants de l’aide sur le long terme, à l’avantage des bénéficiaires et des donateurs.

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