01 juin 2017 - 16:00 |

La Chine, friande de bois de rose, se tourne vers le Ghana et l'Afrique centrale

Les importations de grumes et de sciages au port chinois de Zhangjiagang on fait un bond de 60% en volume au premier trimestre par rapport au premier trimestre 2016, selon les données portuaires. Elles ont atteint 130 000 m3, essentiellement en provenance du Gabon, du Cameroun, de Mozambique et de Zambie.

Ces importations comprennent essentiellement du pterocarpus tinctorius, qui ressemble beaucoup au dalbergia ou encore bois de rose. Rappelons que les espèces de Dalbergia, très exploitées et donc très protégées par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (Cites), a conduit le commerce international, notamment chinois, à se tourner vers des espèces autres, en particulier le genre Pterocarpus.

 Le bois de rose a beaucoup fait parler de lui à Madagascar car l'argent provenant de la vente de bois de rose en Chine était "blanchi" au travers de la  filière vanille, ce qui a été une des causes de l'explosion du prix de la vanille, toujours d'actualité. En janvier 2016, a voté la régulation du commerce de toutes les espèces de bois de palissandre :.

Les Chinois raffolent du bois de rose. Leur source d'approvisionnement malgache, entre autres, étant sans doute un peu trop sous le faisceau des projecteurs, les Chinois ont dû préférer se tourner vers un approvisionnement de bois similaire mais d'une autre provenance.

44% des exportations du Ghana sont du bois de rose

Mais pas seulement d'Afrique centrale. Ainsi 44% des exportations de bois du Ghana  en janvier étaient du bois de rose, les exportations ghanéennes de bois, toutes essences confondues, allant pour 78% en Asie dont 54% en Chine, selon l'Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT).

La tendance avait déjà été bien notée lors de la 17ème session de la Conférences des parties de la Cites, réunie à Johannesburg en septembre 2016 : "Un appauvrissement en série des espèces de bois de rose sur l’ensemble de la planète est un risque réel et significatif pour leur survie. Il existe une évidence nette que l’on passe rapidement d’une espèce de bois de rose de haute valeur à une autre à mesure que les stocks s’appauvrissent. Suite à l’inscription de D. nigra à l’Annexe I de la CITES en 1992, les espèces malgaches ont commencé à apparaître dans les données sur le commerce à des niveaux beaucoup plus élevés que ceux enregistrés précédemment. De façon semblable, après l’inscription en 2013 des espèces malgaches de D. cochinchinensis, des espèces de Dalbergia et de plusieurs espèces sud-américaines de Dalbergia, le commerce s’est reporté sur des espèces de Pterocarpus, en particulier Pterocarpus macrocarpus (et ses synonymes) en Asie et P. erinaceus en Afrique de l’Ouest."

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