02 février 2015 - 00:00 |
à Lagos
Muhammadu Buhari, candidat à l'élection présidentielle au Nigeria, veut miser sur l'agriculture

Muhammadu Buhari, candidat à la présidentielle au Nigeria : "Nous allons énormément investir dans l'agriculture"

Muhammadu Buhari, candidat du principal parti d’opposition, le Congrès progressiste (All Progressives Congress), à l'élection présidentielle au Nigeria le 14 février prochain, table sur l’agriculture afin de mettre l’économie sur les rails. Rappelons que le général à la retraite a déjà exercé le pouvoir, de 1983 à 1985, à la suite d'un coup d'Etat et a été candidat malchanceux aux trois dernières élections.

Vous briguez la présidence  au moment où l’économie du Nigeria est à la croisée des chemins. Que comptez-vous faire pour mettre cette économie sur orbite ?

C’est simple, mon administration va retourner à la case départ. Je veux dire compter plus sur l’agriculture parce qu’elle constituait le pilier de notre économie, représentant 70% de notre PIB. Avec le boom pétrolier des années 1970, le secteur a été négligé, je dirai même abandonné. Quand je suis arrivé au pouvoir en 1983, j’avais mis en place des réformes pour ressusciter le secteur agricole. Mais avec le coup de force d’août 1985, toutes ses réformes n’ont pas vu le jour. Et le secteur s’est davantage enfoncé. Le Nigeria a donc perdu son statut de premier producteur mondial de produits vivriers pour devenir importateur de ces produits. C’est regrettable parce que notre pays est béni : il dispose de quantités de ressources naturelles, de plus de 79 millions d'hectares de terres arables, le pays est entouré d’eau. Il suffit de mettre toutes ses ressources en valeur pour permettre à l’agriculture de sortir la tête de l’eau.

Que comptez-vous faire concrètement ?

L’agriculture est un secteur vaste. Donc nous allons d’abord mettre l’accent sur certains produits d’exportation comme le coton. Je cite le coton car sa culture est directement liée à l’industrie textile qui a vraiment fleuri dans le pays dans les année 1980 jusqu’en 1990. Si je me rappelle bien, le Nigeria avait près de 300 usines textiles fonctionnelles qui employait environ un million de Nigérians. Aujourd’hui, le pays ne compte qu’une vingtaine d’usines textiles. Vous comprenez le nombre élevé de chômeurs au Nigeria et pourquoi l’économie est à genou. Donc, si nous développons les principales cultures comme le coton, le cacao, le caoutchouc, les arachides, le palmier à huile, le maïs, le riz, le sorgho, le millet, le manioc et  l'igname, le secteur agricole emploiera une grande partie de la population. La création d'usines de transformation de ces cultures permettra de créer des emplois supplémentaires et boostera l’économie. C’est vous dire que nous allons énormément investir dans le secteur agricole.

En quoi consistera cet investissement ?

Nous allons créer de nombreuses banques de micro-finances dans les zones rurales pour accorder des crédits aux agriculteurs. Je crois que l’un des problèmes des paysans est le manque de fonds. Pour ce faire, nous allons mettre un accent particulier sur le regroupement des paysans, je veux dire la créations de plus de coopératives, le recensement des paysans à travers le pays et la création d’une banque de données des paysans nigérians. Il me semble que ce programme est en cours, nous allons le réorganiser. Il y a aussi la formation des paysans. Nous allons aussi investir sur l’éducation de nos agriculteurs parce que plus de la majorité d’entre eux sont analphabètes. Nous ferons tout pour que l’agriculture retrouve sa place d’antan, c’est-à-dire la principale source de revenue du Nigeria.

 

 

 

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