02 mars 2018 - 15:30 |

Le poids de l'arachide dans le redressement de la balance commerciale Sénégal-Turquie

L'accord de libre échange entre la Turquie et la Cedeao devrait être bientôt ratifié, a déclaré hier le président Recep Tayyip Erdogan à Dakar où il effectuait une visite d'Etat avant de se rendre au Mali, achevant ainsi aujourd'hui une tournée africaine d'une semaine démarrée en Algérie et en Mauritanie.

"Il y a deux ans, le président Erdogan m’avait suggéré de porter le niveau des échanges commerciaux à près de $ 250 millions. Nous y sommes en 2017. Une nouvelle barre a été fixée conjointement à près de $ 400 millions. Nous allons travailler ensemble à atteindre et même dépassé cet objectif", a indiqué le président Macky Sall.

Le chef de l'Etat a révélé que les deux pays travaillent à "atténuer" le déficit commercial en faveur du Sénégal, avec l’exportation de l’arachide sénégalais en Turquie.

Un rééquilibrage qu'appelait de ses voeux Serigne Mboup, président de l'Union nationale des Chambres de commerce, d'industrie et d'agriculture du Sénégal (UNCCIAS), interrogé hier par CommodAfrica au Salon international de l'agriculture (SIA) à Paris. "La Turquie est la bienvenue pour investir dans les infrastructures au Sénégal. Mais, nous, nous souhaitons surtout que le Sénégal puisse développer ses exportations agricoles vers le marché turc. Parce que aujourd'hui, la balance commerciale est très déficitaire avec FCFA 20 milliards de produits sénégalais exportés vers la Turquie contre FCFA 278 milliards importés de Turquie. Il faut combler ce déficit commercial et pour moi c'est le plus important."

D'importantes infrastructures pour faciliter le commerce

D'ailleurs, des investissements turcs au Sénégal, achevés ou en cours, notamment dans la ville nouvelle de Diamniadio, ont une incidence directe sur le commerce des produits agricoles, notamment. Ainsi, la construction de l'aéroport international Blaise-Diagne a été achevée l'année dernière tandis que celle du "marché d'intérêt national" est en cours. Sur 24 ha, ce marché de gros, conçu à l'image de celui de Rungis en France ou de Bursa en Turquie, abritera 137 magasins de 75 à 150 m2 avec des chambres froides intégrées pour le stockage des produits agricoles, une chambre froide commune de 750 m2, de grands halls réservés aux produits de cueillette, 1.000 m2 de boutiques extérieures, etc., souligne Le Soleil.

Quant à la gare de gros porteurs, également en cours de construction, elle s'étendra sur 9 ha, comprenant une grande aire de stationnement pour 187 camions, des hangars, magasins de stockage, chambre froide, etc.

Ces deux projets, réalisés par l'entreprise turc DM, sont d'un coût de $ 110 millions.

L'enjeu du coton au Mali

Quant au Mali, les échanges commerciaux avec la Turquie ont atteint $ 82 millions de dollars en 2017, avait précisé le 19 février l’ambassadeur de Turquie au Mali. Des échanges que, là aussi, les deux pays voudraient développer, notamment le coton. Rappelons que le Mali est redevenu premier producteur d'Afrique sub-saharienne de la fibre blanche (lire nos informations) et la Turquie joue un rôle majeur dans la confection au niveau mondial, mais avec quelques difficultés dernièrement.

Les opérateurs économiques maliens se sont déclaré très intéressés par l’expertise turque en matière agro-industrielle et industries textiles.

 

 

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