02 juin 2008 - 13:01 |

Perspectives agricoles 2008/2017 : les prix des produits agricoles devraient baisser mais rester fermes

(30/05/08) Quelques jours avant la réunion des Chefs d’Etats et de gouvernement à la Fao à Rome du 3 au 5 juin, où seront examinées les politiques et les stratégies permettant d’améliorer la sécurité alimentaire dans le monde et de relancer l’agriculture dans les pays en développement, la Fao et l’OCDE on publié Les perspectives agricoles 2008-2017.
Selon les ces dernières, les prix des produits agricoles devraient fléchir par rapport à leurs récents niveaux record mais devraient sur les dix prochaines années se maintenir, au dessus de leur valeur moyenne de la décennie passée.

Si des facteurs conjoncturels ont provoqué l’envolée ces derniers mois des produits agricoles, le rapport souligne que des facteurs plus permanents expliquent que les prix seront plus élevés que dans la décennie précédente : les prix élevés du pétrole, le changement des régimes alimentaires, l’urbanisation, la croissance économique et l’augmentation de la population mondiale. Il faut y ajouter, une des conséquences aussi des prix élevés du pétrole, le développement des biocarburants : la production mondiale d’éthanol carburant a triplé entre 2000 et 2007 et devrait doubler encore d’ici à 2017, pour atteindre 127 milliards de litres par an. La production de biogazole devrait passer de 11 milliards de litres par an en 2007 à environ 24 milliards de litres d’ici 2017.

Prix réels plus élevés et plus volatils
Si l’on compare les moyennes de la décennie à venir à celles des dix dernières années, les prix réels, c’est-à-dire les prix nominaux corrigés de l’inflation, devraient, d’après le rapport, augmenter de moins de 10 pour le riz et le sucre, de moins de 20 pour le blé, et d’environ 30 pour le beurre, les céréales secondaires et les oléagineux et jusqu’à 50 pour les huiles végétales.
Une plus grande volatilité des prix n’est pas non plus exclue étant donné que le niveau des stocks devrait rester bas et qu’une partie de la demande de produits agricoles devient moins sensible aux fluctuations des prix. L’accroissement récent des opérations des fonds d’investissement sur les marchés à terme de marchandises pourrait aussi devenir une autre cause de la variabilité des prix. Le changement climatique peut également avoir des effets imprévisibles sur les récoltes et l’offre de produits végétaux.

Le Sud, acteur majeur des produits agricoles
Un des constat du rapport est que l’épicentre de la production, de la consommation et des échanges agricoles continuera de se déplacer peu à peu des pays de l’OCDE vers les pays en développement. D’ores et déjà, à l’exception du blé, la consommation et la production augmentent plus vite dans les pays en développement. En 2017, ces pays devraient dominer le commerce de la plupart des produits agricoles. Ainsi à titre d’exemple, la part du Brésil dans les exportations mondiales de viande devrait se hisser à 30% d’ici à 2017.

Les principales conclusions du rapport par produits :

Marchés céréaliers toujours tendus
Les marchés céréaliers devraient rester tendus jusqu’en 2017 et ce malgré une augmentation modérée mais constante de la production dans les années à venir. Au centre, l’essor du secteur de l’éthanol et les besoins croissants d’aliments pour le bétail, qui pèseront sur les stocks, déjà situés à un niveau très bas. Le rapport souligne que plusieurs facteurs pourraient faire progresser la superficie céréalière totale avec un changement d’affectation des terres dans l’OCDE (Canada, Etats-Unis et UE), et notamment la suppression de la jachère dans l’UE en 2008, et la mise en culture de nouvelles terres en Amérique latine, en Afrique et dans les pays de la CEI. La réalisation de gains de productivité sera néanmoins déterminante.
Plus spécifiquement pour le riz, le rapport estime que la production mondiale de riz pourrait progresser de 10% d’ici à 2017, et ce grâce à la réalisation de gains de productivité, les superficies étant attendues en baisse particulièrement à partir de 2011/12.

Filière oléagineuse en forte croissance
La demande dans les prochaines années sera très soutenue tant pour les aliments pour le bétail, que pour les huiles alimentaires ou encore les biocarburants. La consommation des huiles végétales tirées des graines oléagineuses et des palmiers à huile connaîtra une croissance plus rapide que celle des autres plantes cultivées dans les dix prochaines années. Ainsi, le rapport estime que la consommation de tourteaux d’oléagineux dans le monde en développement enregistrera d’ici à 2017 une progression de près de 50% dont la Chine représentera à elle seule la moitié environ. Pour répondre à cette demande, la production mondiale d’oléagineux pourrait progresser de 28% d’ici à 2017 par rapport à 2005-07. La croissance proviendra du Brésil, dans les pays de l’UE et en Argentine.

Sucre, vers un resserrement des prix
Le rapport souligne qu’en raison d’une demande soutenue, les prix du sucre tendront à se raffermir. Le Brésil sera un acteur majeur dans la détermination des prix, restant le premier producteur et exportation mondial de sucre et d’éthanol. L’augmentation de la production t de la consommation de sucre sera imputable aux pays en développement, avec l’Inde et la Chine en tête.

Viande, la production et la consommation toujours en hausse mais moins rapide
La progression sera surtout sensible dans les pays en développement tant pour la production que la consommation, les pays de l’OCDE étant arrivés à maturité. Le rapport estime que les principaux pays exportateurs, les Etats-Unis, le Canada, l’Argentine, l’Australie et le Brésil resteront les principaux fournisseurs des marchés mondiaux. L’accroissement de la demande proviendra à 80% des pays en développement, et en particulier de la région Asie-Pacifique.

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