02 juillet 2007 - 22:35 |

Connaissez-vous le Rooibos au chocolat ?

Le Rooibos, qui ne se veut ni thé, ni tisane, attire de plus en plus l’attention du marché français

(02/07/07) Rooibos ? Un thé ? Une tisane ? Difficile à cataloguer cette plante,dépourvue de théine, de caféine et quasiment de tanin, qu’on trouve en Afrique du Sud et nulle part ailleurs. Pourtant, elle connaît un succès certain dans plusieurs pays, dont l’Allemagne qui en est le plus friand, jusqu’à la France qui s’y intéresse vraiment que depuis l’année dernière.
Quelques chiffres, tout d’abord. Aujourd’hui, 11 000 tonnes sont produites en Afrique du Sud (contre 5 000 seulement il y a 10 ans) dont 4 300 t sont consommées dans le pays et dans de très faibles volumes, ailleurs en Afrique. Les exportations sont donc passées de 700 t il y a une décennie à 6 000 t actuellement. Environ 15% de la culture est bio.
Le Rooibos (aspalathus linearis) n’est cultivée que sur 35 000 ha dans la montagne de Cedarberg, près de Town William à, 200 km au Nord de Cape Town. « Le Rooibos ne bénéficie pas d’une appellation d’origine contrôlée », explique le directeur général de Rooibos Limited, Martin Bergh qui avait un stand au Tea & Coffee World Cup à Genève le mois dernier (voir la vidéo). « Par sa nature, la production de la plante est limitée. Nous avions une marque d’appellation aux Etats-Unis qui nous a été contestée. Nous nous sommes battus pendant 8 ans devant les tribunaux et avons eu gain de cause. Le Rooibos est un indicateur géographique. Actuellement, avec l’aide de Bruxelles, nous voulons enregistrer le Rooibos comme un indicateur géographique. Ceci établira nos droits ».
Un dossier qui n’est pas sans importance pour les quelque 350 à 400 producteurs. Avant 1993, ces derniers commercialisaient l’intégralité de leur récolte à travers le Rooibos Tea Marketing Board. Ce dernier a été démantelé et les planteurs ont reçu des parts dans le capital d’une société publique créée pour la circonstance, Rooibos Limited. Aujourd’hui cette entreprise publique, mais dont les actionnaires sont les producteurs privés, détient 70% du marché : 8 000 t sur les 11 000 t récoltées transitent par lui, déclare Martin Bergh.

Les Allemands, friands de la boisson”

Les premières exportations de Rooibos remontent aux années 50 et étaient destinées exclusivement vers l’Allemagne. Par la suite, ce marché a continué à croître tout doucement, les sanctions allemandes à l’égard de l’Afrique du Sud n’ayant pas la sévérité des françaises, anglaises ou américaines, rappelle M. Bergh.
Aujourd’hui, sur les 6 000 t exportées, 3 500 t vont en Allemagne qui en réexporte environ le tiers après l’avoir mélangé à d’autres saveurs et goûts. Avant, dans les magasins allemands, on trouvait le Rooibos parmi les tisanes. Aujourd’hui, il est un produit per se, se déclinant sous différents goûts, fermentés ou non, mélangés à d’autres saveurs ou non. « Le Rooibos a suffisamment de corps pour pouvoir être mélangé a à peu près toutes les saveurs. Nous avons un client en Allemagne qui a environ 120 saveurs ajoutés au Rooibos. Au début, il était mélangé à des fruits et des baies. Maintenant, le Rooibos se décline comme les cafés : au caramel, au bubble gum, au chocolat, …. Des goûts exotiques ! », s’amuse le spécialiste. « On utilise aussi des extraits de Rooibos pour faire des bonbons. Sans oublier son utilisation dans des produits cosmétique et de beauté pour la peau. »
Les ventes réalisées à partir de l’Allemagne sont à destination de la Russie et de l’Europe de l’Est, mais également des Etats-Unis où le Specialty Tea Market commence à prendre son essor. « _Pour l’instant, les Etats-Unis importent encore leurs mélanges mais bientôt, ils feront leur propre blending_», estime Martin Bergh.

Au Japon, le produit a été mal lancé mais s’est rattrapé depuis

Après l’Allemagne, les Pays-Bas sont le deuxième marché le plus important, avec 900 t importées. Ce petit pays par sa superficie et sa population recense la plus forte consommation par habitant. De son côté, le Japon a commencé à s’intéresser au produit dans le milieu des années 80. Mais après un premier espoir, le marché n’a pas pris car, souligne encore le patron de Rooibos Ltd, on l’a présenté comme une sorte de médicament, ce qui a limité son marché. Aujourd’hui il en sort. Parallèlement, les Japonais, qui auparavant ne buvaient que du thé pur, se mettent à apprécier des thés mélangés, aromatisés. Le Rooibos fait sa niche.
Pour sa part, la France, depuis l’année dernière, commence à s’intéresser au produit qui se vend environ 2 euros le kilo CAF Europe. « Elle part de zéro mais croît rapidement. »
Le Rooibos n’est pas une marque : inutile de le chercher comme telle dans les rayons de votre magasin. Il est vendu en vrac à quelques maisons qui, elles, le revendent sous leur propre marque, à l’état pur ou non. M. Bergh ne s’en émeut pas car il considère qu’aller sur le segment du marché de détail est trop compliqué. Son objectif est autre : que le Rooibos soit reconnu partout à travers le monde pour sa spécificité. Et il considère que les perspectives sont bonnes. « La distinction entre thés et tisanes s’estompe peu à peu. On parle davantage de boisson chaude. Surtout, ce que les gens recherchent, c’est la nouveauté. En outre, il y a tout ce débat autour de la nourriture saine. Au fur et à mesure que nous vieillissons et le stress augmente, on se rend compte que la caféine n’est pas une bonne chose Et là, le Rooibos a sa carte à jouer. »

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