02 juillet 2018 - 17:00 |

L’avenir des déchets agricoles est-il dans la mode ?

Le coton et son vieux concurrent le synthétique auraient-ils du souci à se faire avec la multiplication des initiatives sur la recherche de nouvelles matières pour l’industrie textile dont celles issues de la transformation des déchets agricoles ? Il est trop tôt pour le dire mais la recherche progresse dans ce domaine et les industriels de la mode semblent si intéresser en surfant sur la vague de la durabilité. A l’image de l’une des grandes chaînes de prêt à porter, le suédois H&M, qui utilise du coton BCI, du polyester recyclé, une fibre produite à partir de pulpe de bois, Tencel, et collecte les vêtements de ses clients pour les recycler. D’autres innovations sont à l’étude comme du cuir de raisin  ou encore de champignons, de fibres extraites de la peau d’orange, etc.

Les déchets agricoles sont déjà valorisés pour l’alimentation animale, sur les sols agricoles et de plus en plus pour produire de l’énergie mais aussi pour produire des fibres textiles.

L’entreprise américaine Circular Systems, spécialisée dans la fourniture de solutions pour l’économie circulaire, a développé deux systèmes de traitement des déchets en fibre, appelés Agraloop et Texloop. Agraloop est une bio raffinerie qui transforme les déchets de cultures comme les tiges de chanvre et de lin mais aussi les feuilles d’ananas, les troncs de banane ou la bagasse de canne à sucre, en produits en fibre naturelle. Circular Systems affirme qu’à partir de ces cinq cultures ci-dessus on peut produire 250 millions de tonnes de fibre par an, soit 2,5 fois la demande actuelle en fibre.

De nombreuses autres alternatives existent comme celle du cuir à base de fibre de feuilles d’ananas (cf. nos informations) ou des fibres de maïs, d’algue, de soja, de coco, etc. Un vent qui souffle aussi en Afrique. La semaine dernière à Yamousoukro en Côte d'Ivoire, la startup ivoirienne Yalletite, qui fabrique du biocharbon et du cuir synthétique à partir de déchets agricoles (peaux de banane, déchets de manioc, résidus de maïs, etc.) a reçu le premier prix de la deuxième édition du Green Africa Innovation Booster (GreenAIB). 

Le marché est confidentiel mais si les grands de la mode s’y intéressent et les consommateurs adhèrent il pourrait bien grandir et devenir plus attractif avec une baisse des prix des matières premières à l’instar du coton biologique ou du polyester recyclé.

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