02 août 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Plusieurs essences de bois tropicaux enregistrent des hausses de prix

(02/08/2013)

Bois. En cette période estivale, le marché des bois d’Afrique centrale et de l’Ouest est plutôt calme, ne permettant donc pas de dégager des tendances de prix, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) dans sa dernière lettre d’information. Cette léthargie estivale mise à part, les marchés européens paraissent bel et bien déprimés et les producteurs ne perçoivent pas d’amélioration à court ou moyen terme.
Ce qui n’est pas le cas en Asie. Les demandes chinoise et indienne de grumes et sciages demeurent bonnes. En sont pour preuves les hausses de prix de plusieurs essences (voir notre tableau des cours sur ce même site) ces dernières semaines comme le tali, en forte demande (+ € 10 le m3), les sciages de padouk (+€50 le m3), de sapeli (+€10) ou encore de khaya (+€5). A noter que les grumes de moabi (+€5), de movingui (+€5) et d’okoumé (+€10) ont également augmenté. Toutefois, le sipo a perdu € 10 et les sciages d’iroko € 20.

Cacao. Le cacao aurait perdu 1,7% cette semaine face aux bonnes perspectives de récolte. Le Ghana se serait porté à la vente, Eric Sivry de Marex Spectron estimant que ce serait plutôt des fèves de la campagne intermédiaire mais non encore de la nouvelle récolte qui, théoriquement, ne démarre qu’en octobre.
D’octobre à juin, les exportations ivoiriennes de produits semi-finis du cacao ont totalisé 290 538 t, en hausse de 16% par rapport à la même période la campagne précédente, selon des données portuaires. Ses exportations de fèves ont, quant à elles, enregistré une hausse de 7%, à 979 810 t. Les arrivages de fèves aux ports totalisent 1 383 000 t au 28 juillet et ce depuis octobre, début de la campagne, selon les estimations des exportateurs. C’est plus élevé que les 1 306 000 t à pareille époque l’année dernière.
A noter que les marchés africains de produits chocolatés se portent bien si l’on en croit la hausse de 123% des bénéfices avant imposition de Cadbury Nigeria, filiale de Mondelez International, sur le premier semestre de son exercice, à 3,58 milliards de nairas soit 16,8 millions d’euros. Son chiffre d’affaires a progressé de 8% sur cette période, à 17,43 milliards de nairas.

Café. Le prix de l’Arabica devrait avoir perdu 4,4% cette semaine, la baisse de la monnaie brésilienne, le real, tombée au plus bas en 4 ans ces derniers jours, a entrainé d’importantes ventes de contrats de la part du négoce. En outre, la bonne météorologie au Brésil augure très bien de la récolte, ce qui pèse sur les prix.
Le Robusta, côté sur le marché à terme de Londres, a connu une semaine agitée. Vendredi dernier, son cours avait fortement grimpé suite à l’annonce de la forte baise des volumes dans les entrepôts certifiés. Ce sont aussi les fortes pluies en Indonésie (n°2 mondial du robusta derrière le Vietnam) ajoutées à la politique de rétention pratiquée par les planteurs vietnamiens avides de prix encore meilleurs, qui ont fait grimper les cours. Selon un industriel, la production indonésienne pourrait être réduite d’un quart à un cinquième en 2013. Mais mercredi, les prix sur le marché de Londres sont repartis à la baisse.
Aux ventes aux enchères hebdomadaires au Kenya, qui se sont tenues hier, les prix ont chuté à $293 le sac de 50 kilos de grade AA après avoir atteint $ 308 lors des dernières ventes le 18 juin, selon la Nairobi Coffee Exchange. Des 14 774 sacs offerts à la vente, 5 279 ont trouvé preneurs alors que mi-juin 23 353 sacs avaient été offerts et 10 368 achetés. La valeur totale des ventes a atteint $ 868 844 avec un prix moyen de $ 134,60 le sac, toutes qualités confondues. Ceci représente une légère hausse par rapport au mois de juin ($ 133,31). Rappelons que le Kenya a révisé à la baisse sa production et ses recettes d’exportation caféières pour la campagne 2012/13 (octobre/septembre).
Globalement, en juin, les exportations mondiales de café ont totalisé 8,64 millions de sacs de 60 kg (Ms), en chute de 9,5% par rapport à juin 2012, a annoncé mercredi l’Organisation internationale du café. Ce sont les exportations de Robusta qui ont fait chuter l’ensemble puisqu’elles ont enregistré une baisse à 3,08 Ms contre 4,14 Ms en juin 2012, tandis que les Arabica ont totalisé 5,56 Ms contre 5,41 en juin 2012.

Coton. Le marché à terme du coton à New York a été hésitant. Les perspectives 2013/14 aux Etats-Unis, le premier exportateur mondial de fibres, sont incertaines alors que les stocks mondiaux ont fortement baissé et que l’inquiétude persiste quant aux achats du premier consommateur, la Chine. Les stocks certifiés du ICE sont tombés mardi à 142 000 balles, soit leur plus faible niveau depuis janvier ; ils étaient encore à 600 000 balles au début du mois de juin.
Ceci dit, les analystes s’attendent toujours à des stocks mondiaux records sur l’ensemble de la campagne 2013/14 car les prix élevés ont réduit la demande et le coton a perdu des parts de marché à son grand concurrent, les fibres synthétiques.
Les exportations de coton de Côte d’Ivoire ont atteint 196 234 t depuis le début de la campagne et à fin juin, en hausse de plus de 11% par rapport à la même période en 2012, selon les données portuaires locales.

Sucre. Une gelée dans l’Etat sucrier du Mato Grosso, au Brésil, a redonné de la couleur au prix du sucre, le mois de juillet se terminant au-dessus de fin juin lorsqu’il était tombé à un plus bas en trois ans, à 15,93 cents la livre.
Si les prix demeurent moroses, les perspectives sur le marché international du sucre pourraient être plus roses que l’on ne croit, estime Macquarie Comodities Research dans un rapport publié hier. Un manque d’investissements dans de nouvelles raffineries au Brésil, un désintérêt croissant pour la betterave en Russie et en Ukraine, tout ceci conjugué à une demande mondiale qui pourrait être plus forte qu’anticipée, pourraient avoir pour conséquence une hausse des prix sur le marché mondial en 2014/15. Le spécialiste des matières premières voit un prix oscillant dans une fourchette allant de 19 à 22 cents contre les 17,5 cents la livre actuellement.

Thé. Le prix moyen des thés d’Afrique de l’Est aux ventes aux enchères de Mombassa, au Kenya, mardi, a baissé à $ 3,88 le kilo contre $ 3,90 la semaine dernière, selon l’Africa Tea Brokers (ATB). Les acheteurs égyptiens étaient à nouveau présents à l’achat, contrairement à la précédente vente, les opérateurs du Yémen, du Soudan et d’autres pays du Proche-Orient demeurant toujours très demandeurs et les Britanniques plus sélectifs.
Mercredi, le Tea Board of Kenya a tenu à expliquer que l’instabilité politique en Egypte n’affectait pas ses ventes car, si l’Egypte est effectivement un très important marché représentant en moyenne 20% de ses exportations, le dynamisme d’autres prenait largement le relais comme le Pakistan ou encore l’Afghanistan. Notons que le Pakistan est devenu le marché leader du Kenya, devant l’Egypte, en 2012. Mais le Board a précisé qu’il avait besoin de plus de temps pour mesurer l’impact exact de la grave crise égyptienne sur cette filière thé qui a fait rentrer l’année dernière dans les coffres kenyans quelque $ 1,3 milliard.

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