03 avril 2013 - 00:00 |

« Il y a de la place pour l’anacarde et le coton dans la savane en Côte d’Ivoire »

 Entretien avec Mamadou Coulibaly, directeur général de la Compagnie ivoirienne pour le développement des textiles (CIDT).

On observe une nette reprise de la production de coton en Côte d’Ivoire, à environ 360 000 tonnes en 2012/13. Cette renaissance est-elle essentiellement due à la fin du conflit ou y a- t’il d’autres facteurs ?

Mamadou Coulibaly : Le boom de la production de coton que l’on observe est la conjonction de plusieurs facteurs. Évidemment, le nouveau climat avec la fin de la guerre, l’économie de la filière s’est grandement améliorée. Les taxes qu’il fallait payer aussi bien aux autorités qui tenaient la zone cotonnière du Nord que les autorités du Sud, qui elles tenaient les ports, mais aussi le financement d’escortes pour convoyer le coton jusqu’à Abidjan, tout cela s’est envolé et l’économie de la filière en a bénéficié. Et puis simultanément les cours internationaux de la fibre se sont bien améliorés. On peut aussi ajouter, par exemple, le reflux des populations du Nord, qui étaient descendues dans le Sud suite à la crise socio-politico-militaire et reviennent s’impliquer dans le coton.

On parle beaucoup de concurrence entre les cultures, l’hévéa serait préféré au cacao ou à la noix de cajou. Qu’en est’il pour le coton ?

Mamadou Coulibaly : Dans la zone Sud où l’on ne fait pas de coton, la compétition pour la terre se situe entre l’hévéa et les cultures traditionnelles que sont le cacao ou le café. Au Nord, la compétition serait entre le coton et l’anacarde. Mais cette concurrence se traduit dans des termes très spécifiques. L’anacarde est une culture pérenne avec tout ce que cela comporte comme contraintes. Cela veut dire que l’on ne peut pas faire de l’anacarde si on n’est pas propriétaire de la terre, ce qui n’est pas à la portée de tout le monde. Deuxièmement, c’est une culture qui commence à entrer en production passé un certain délai. Et puis, à tort ou à raison, on considère que les prix de l’anacarde sont plus fluctuants que ceux du coton. A contrario, le coton est une culture annuelle, qui permet de générer un revenu annuel et les cultures vivrières associées, qui bénéficient des engrais du coton, permettent de faire des soudures et de générer des avantages par rapport à l’anacarde. Il y a concurrence, c’est vrai, mais je crois qu’en définitive il y a la place pour les deux, cela est certain dans les régions de savane du Nord.

Lors de la réunion de l’Association cotonnière africaine (ACA), son président incitait notamment les pays à adopter les OGM pour accroître la production africaine. Quand est-il en Côte d’Ivoire ?

Mamadou Coulibaly : Nous sortons de la guerre. Il a beaucoup de choses à faire et d’autres
priorités. Le débat sur les OGM n’est pas encore à l’ordre du jour. Il va falloir que les autorités s’y engagent, prennent une position, que les démarches techniques et scientifiques se fassent.

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