03 avril 2015 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi (2 avril 2015)

Comme de tradition pour les fêtes de Pâques, les marchés financiers et de matières premières sont fermés vendredi et lundi, donnant lieu à une certaine effervescence les jours d'avant et ce, d'autant plus que le dollar s'est affaibli ce qui, généralement, fait grimper les cours des matières premières.

 

CACAO

Le cacao a terminé la semaine, comme beaucoup d'autres matières premières,  en hausse du fait de l'affaiblissement du dollar. Le gain, hier jeudi, à été de £ 19 à £ 1 939 la tonne à Londres et de $ 20, à $ 2 678 la tonne à New York.

Selon Barry Callebaut, les prix du cacao devraient baisser à court terme face à la perspectives d'une bonne récolte intermédiaire en Côte d'Ivoire, d'un affaiblissement des broyages et de marchés plutôt faibles de chocolat, a souligné le n°1 du chocolat industriel en publiant ses résultats sur le premier semestre de son exercice (voir nos informations). Depuis leurs niveaux de prix élevés en septembre dernier, lorsque la crainte d'une propagation du virus Ebola faisait rage, le cacao a perdu 10% de sa valeur sur le marché à terme de Londres et 20% à New York.

En Côte d'Ivoire, les arrivages aux ports d'Abidjan et de San Pedro ont atteint 1 194 452 tonnes (t) au 28 février, et ce depuis le début de la campagne, le 1er octobre, selon les chiffres du Conseil café cacao (CCC). Ceci est légèrement plus élevé qu'à pareille époque l'année dernière (1 161 049 t) mais légèrement en baisse par rapport aux chiffres estimés par les exportateurs (1 204 000 t).

En Indonésie, n°3 mondial, les exportations pourraient baisser à 10 000 t et la production chuter de 20% pour se situer entre 300 000 et 350 000 t contre 375 000 t en 2014, selon l'Association indonésienne du cacao (Askindo). Ceci soulignerait l'échec de la politique gouvernementale ($ 350 millions) tendant à redresser la filière et booster les rendements. Les producteurs locaux sont payés 22 500 rupiah ($ 1,73) le kilo, selon le président d'Askindo, Zulhefi Sikumbang, ce qui donne $ 1 727 la tonne, selon les calculs de Reuters. Ce serait  $ 1 000 de moins que le prix de la tonne sur le marché à terme de Londres. De quoi décourager… A noter que sur les 375 000 t produites l'année dernière, 300 000 t ont été destinées aux industries locales et 70 000 t à l'export. Des exportations qui pourraient chuter à 30 000 t cette année, estime Askindo. Parallèlement, les importations pourraient atteindre 100 000 t contre 80 000 t en 2014 afin de subvenir aux capacités globales de 550 000 t des industries locales. Celles-ci n'ont, cependant, transformé que 380 000 t de fèves en 2014. Cette année encore, les industries ne devraient pas tourner à plein régime !

 

CAFÉ

L'Arabica a terminé la semaine, jeudi soir, en hausse de près de 5%, stimulé par un affaiblissement du dollar et des achats techniques. Il a grimpé durant trois sessions consécutives de cotation à New York, terminant à $ 1,409 la livre.

Quant au Robusta, il a également été boosté de $ 28, à $ 1 778 la tonne, essentiellement en raison de retards dans les expéditions au Vietnam, n°1 de cette variété de café. En outre, quelque 60 000 ha dans la province centrale de Lam Dong seraient impactés par la sécheresse, selon la presse locale. Il s'agit de la deuxième plus grande région de production caféière du pays avec quelque 150 000 ha dédiés au café.

Au Brésil, la récolte 2015/16 devrait être de 48,6 millions de sacs de 60 kg (Ms), en baisse par rapport aux 49,35 Ms en 2014/15 après que la sécheresse ait impacté la production de Robusta dans l'Etat d'Espirito Santo, selon Comexim. La production d'Arabica en 2015/16 se redresserait à 39,45 Ms contre 32,75 Ms la campagne dernière, tandis que celle de Robusta baisserait à 13,65 Ms contre 16,6 Ms en 2014/15. A noter que Cooxupé, la coopérative caféière brésilienne qui est la plus importante du monde, a enregistré des bénéfices de $ 43 millions en 2014, multipliant par 3,5 ceux de 2013, essentiellement parce que du café entreposé jusqu'alors a été vendu lorsque les prix étaient élevés.

Au Kenya, le prix le plus élevé atteint pour un sac de 50 kg d'Arabica AA a été de $ 316, le plus faible étant de 151 contre $ 90-308 aux ventes dernières. Le prix moyen a donc été de $ 242,10. Pour l'AB, la fourchette a été de $ 91 à 262 avec une moyenne à $ 203,76.

Globalement, selon l'Organisation internationale du café (OIC), les exportations mondiales de café ont baissé en février à 8,6 Ms contre 9,58 Ms en février 2014. Cumulées, depuis le mois d'octobre, début de la campagne, les exportations auraient baissé de 2,7% par rapport à la même période en 2013/14. Sur les 12 mois, février 2014-février 2015; les exportations d'Arabica ont été de 67,78 Ms contre 68,93 Ms de février 2013 à février 2014, et de 44,95 Ms pour les Robusta contre 44,03 Ms.

L'OIC maintient ses prévisions de consommation sur l'année calendaire 2014, à 149 Ms, dont 79,9 Ms sur les marchés dits "traditionnels". Les pays exportateurs ont représenté 46,1 Ms et les pays émergents 23 Ms.

 

CAOUTCHOUC

Le marché du caoutchouc est plombé par la chute des cours du pétrole tandis que les données économiques sur la Chine, les trois indices PMI manufacturiers et des services publiés mercredi, soulignent une atonie persistante de la deuxième économie mondiale en mars. Mercredi, les cours ont chuté pour la quatrième session consécutive, clôturant à 204,9 yens ($2) le kilo, soit son plus bas niveau depuis trois semaines. 

 

COTON

Stabilité du marché du coton cette semaine avant le long week-end Pascal. Le contrat de mai a clôturé jeudi à 62,58 cents la livre.

Sans surprise, le département américain de l’Agriculture (USDA) a fait état mardi d’une baisse des intentions de semis pour la prochaine campagne (2015 /16) des agriculteurs américains, qui préféreraient le soja au coton. Les superficies seraient en recul de 13,5% à  9,55 millions d’acres, soit un plus bas depuis six ans si les intentions se confirment. C’est l’une des raisons de l’optimisme affiché de la Rabobank sur le coton, qui pourrait terminer l’année à environ 73 cents la livre, soit au dessus des 64 cents la livre actuels pour le contrat de décembre. À la réduction des semis aux Etats-Unis devraient s’ajouter celle déjà effective en Chine où le nouveau régime de subvention mis en place ont conduit les producteurs chinois à réduire leur plantation de manière significative en 2014 /15, selon la banque néerlandaise. Cette dernière estime aussi que la baisse des semis aux Etats-Unis devrait conduire à un abaissement des stocks américains en dessous de 3 millions de balles à la fin 2015/16. 

De son côté, le Comité consultatif international pour le coton (CCIC) estimait le 1er avril que les superficies mondiales de coton devraient baisser de 7% à 31,3 millions d’hectares en 2015/16 avec une production en recul de 9% à 24 millions de tonnes. 

Avec la réduction des achats de la Chine, les exportations de coton de l’Inde pourraient chuter de 41% cette année (pour la récolte se terminant en septembre) à 7 millions de balles, soit à un plus bas niveau de 5 ans. Le commissaire indien du Textile, Kiran Soni Gupta, a déclaré que le pays devra augmenter ses ventes au Bangladesh, au Pakistan et au Vietnam qui représentent ensemble aujourd’hui environ 40% du total des exportations indiennes. La baisse des prix pour le coton indien pourrait stimuler les expéditions vers ces marchés, si la demande en Chine, qui représente  60% des exportations, n’était pas encourageante, indique Kiran Soni  Gupta . "Actuellement, nous pouvons accroître les exportations vers d'autres marchés parce que le coton indien est à 65 cents la  livre de coton contre  75 cents au niveau international», a-t-il ajouté.

Conformément à son programme, la Cotton Corporation of India (CCI), a déjà acheté - à prix fixé par le gouvernement-  8,6 millions de balles de coton aux agriculteurs, sur un objectif de 9 millions, mais a du mal à les vendre. Seulement 300 000 balles auraient été vendues  selon le PDG BK Mishra.

L'Inde devrait produire 39 millions de balles cette campagne, en baisse par rapport aux prévisions précédentes de 40 millions de balles, les rendements ayant souffert de la faiblesse des pluies au moment du semis.  La demande de coton domestique devrait augmenter d'environ 7% à 32 millions de balles.

 

HUILE DE PALME

Le marché de l’huile de palme évolue dans une fourchette étroite sans véritable direction mais avec des volumes d’échange faible. Signe positif, les exportations de Malaisie ont progressé de 21,6% en mars à 1,16 Mt par rapport à février, selon Intertek Testing Services (ITS).  

Toutefois, la hausse de la production et le renforcement du ringgit pourraient entraîner les prix à la baisse.  La forte croissance de la production en mars et avril est considérée comme un facteur baissier. Les chiffres de la Southern Palm Oil Millers Association (SPOMA) publiées  le 1er  avril soulignent une forte augmentation, plus  48%, pour le mois de mars. L’augmentation de la production en l’absence d’une demande correspondante pourrait conduire à une abondance de l'huile de palme sur le marché et faire baisser les prix. Les prix sont aussi sous la pression de l’appréciation du ringgit, ce qui peut réduire les achats des étrangers sur le marché malaisien rendant l’huile malaisienne plus chère.

L’Indonésie devrait prolonger le moratoire sur les permis de défrichement entré en vigueur pour deux ans en mai 2011 et prolongé déjà jusqu’en mai 2015, selon une  déclaration d’un conseiller au ministère de l’Environnement et de la forêt, Nur Masirpatin. Le pays a en outre maintenu sa taxe à l’exportation  d’huile de palme brute à zéro pour le mois d’avril. 

Chez le premier importateur mondial d’huiles comestibles, l’Inde, la part de huile de palme pourrait se situer à son plus bas niveau depuis 2005/06 en 2015 (qui se termine en octobre)  la demande se déplaçant vers l’huile de soja. La part d'huile de palme dans le total des importations d'huile comestible de l'Inde serait ramenée à 65 %, a déclaré Govindbhai Patel, un expert en commerce et directeur général chez GG Patel & Nihil Research Co. En 2007/08, elle représentait plus de 86% des importations, part ramené à 68% en 2013/14. 

 

RIZ

La stabilité des prix tant en Thaïlande qu’au Vietnam n’a pas réussi à stimuler les ventes,  des acheteurs clé d’Afrique étant absents sur marché en raison des élections au Nigeria.

En Thaïlande, premier exportateur mondial de riz, suivie par l'Inde et le Vietnam, le Thaï 5%a légèrement augmenté mercredi  à $398 $ la tonne mercredi contre $397 la semaine dernière. Globalement sur le mois de mars, il a perdu 4% se situant à $415 la tonne le 27 février mais demeure toujours supérieur au riz vietnamien qui se situait entre  $365  et $375 la tonne mercredi. "Les prix ont beaucoup baissé, mais le marché est encore inactif", soulignait un trader basé  à Bangkok. "La faiblesse de l'euro pourrait avoir eu un effet sur les acheteurs africains, tandis que le Yémen, également un importateur de riz, est actuellement bombardé."

Les prix ​​au Vietnam étaient également stables, avec la possibilité que la  Chine ralentisse  ses achats. "Il a eu aucun changement soudain dans la demande et le marché est lent", a déclaré un courtier d’une entreprise étrangère basée à Ho Chi Minh-Ville, ajoutant que le riz moins cher au Pakistan ou en  l'Inde était plus attrayant pour les acheteurs africains.

Les exportations de riz du Vietnam dans les trois premiers mois de 2015 ont chuté de 25,7% par rapport au 1er trimestre 2014 à 1,04 million de tonnes, selon le gouvernement.

Selon l'indice FAO, les prix internationaux du riz sur  les trois premiers mois de 2015 étaient de 5,8 % inférieur à leur valeur correspondante en 2014. Sur tous les segments les prix baissent, sauf pour le riz Japonica, l’offre demeurant tendue.  La  faiblesse générale des prix depuis le début de l'année est aussi consécutive à la force du dollar américain. Toutefois, la faiblesse des monnaies locales a également affecté les fondamentaux du marché, en entravant la capacité à acheter du riz sur les marchés internationaux de nombreux importateurs, dont le Brésil et les pays d'Afrique de l’Ouest.

Selon le dernier bulletin de la FAO sur l’offre et la demande de céréales, les perspectives concernant la production de riz en 2015 sont généralement positives dans les pays de l'hémisphère Sud, avec des hausses notables attendues en Indonésie et au Sri Lanka, en Asie, et en Colombie et au Paraguay en Amérique du Sud. En Australie, au contraire, d'après les prévisions officielles, la production chuterait de 18%, en raison de pénuries persistantes d'eau d'irrigation.

 

SUCRE

Cela a été l'effervescence sur les marchés à terme du sucre en fin de semaine boursière, le sucre roux enregistrant sur deux jours consécutifs sa plus forte hausse depuis 9 mois après avoir chuté mardi à son plus bas depuis 2009 ! Le sucre roux a terminé en hausse de 3,4%, à 12,74 cents la livre (lb), tandis que le sucre blanc s'inscrivait à Londres à $ 367,30, avec une progression de $ 9,20 ou encore de 2,6%.

Les raisons? Essentiellement le renchérissement du real face au dollar et des achats techniques mais aussi le sentiment des traders que le marché est survendu malgré l'abondance de sucre sur le marché mondial. En ces premiers jours du second trimestre, les traders ont décidé d'acheter sur les marchés de matières là où les prix sont faibles, dont le sucre.

 

 

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