03 juin 2008 - 15:27 |

Les propositions françaises au sommet de la FAO

Développement des cultures vivrières, création d’un Giec de la sécurité alimentaire, €1 milliard pour l’agriculture en Afrique sur cinq ans

(03/06/08) Le président Nicolas Sarkozy a invité le 3 juin à Rome à ”mettre le paquet” sur l’agriculture vivrière dans les pays en développement pour contrer l’actuelle crise alimentaire mondiale.
Invité du sommet de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le président français a qualifié d’”erreur stratégique historique”_l’attitude consistant à empêcher les pays pauvres de cultiver des produits de première consommation.
”Il faut mettre le paquet sur l’agriculture des pays en voie de développement”, a déclaré le chef de l’Etat devant une cinquantaine de chefs d’Etat réunis au siège romain de l’organisation onusienne.
”Il faut aider les pays les plus pauvres à se doter d’agricultures modernes qui permettront la suffisance alimentaire. C’est le seul choix stratégique possible”, a-t-il ajouté.
Les grandes institutions comme la Banque mondiale, le Fonds monétaire international ou la Banque africaine de développement ont encouragé ces dernières années les pays pauvres à abandonner les cultures vivrières au profit de denrées d’exportation comme le coton ou de l’achat de produits alimentaires au plus bas coût sur le marché mondial.
”Cette stratégie a échoué. Elle était généreuse mais elle a échoué”, a dit Nicolas Sarkozy, pour qui une stratégie d’avenir ”doit reposer sur le développement des agricultures locales”.
”Il n’y aura pas de paix, il n’y aura pas de stabilité si nous ne mettons pas de l’argent au service du développement des agricultures des pays qui en ont le plus besoin”_, a-t-il insisté.

Nicolas Sarkozy a par ailleurs proposé la création d’un “Giec” de la sécurité alimentaire calqué sur le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, réseau scientifique mondial créé pour mieux lutter contre le réchauffement de la Terre. ”Ça n’a finalement pas si mal marché”, a-t-il fait remarquer. ”Depuis que le Giec a été constitué, personne ne conteste les analyses”. Ce Giec alimentaire aurait notamment pour mission de poser un diagnostic en matière de sécurité alimentaire, d’analyser l’évolution possible par produit et par région et d’alerter sur les risques de crise.
Autre proposition du président français: la création d’un Groupe international sur la sécurité alimentaire, qui rassemblerait grandes institutions internationales, Etats, entreprises, ONG, scientifiques, etc.
Nicolas Sarkozy a, enfin, invité les institutions internationales à se réengager de manière durable dans l’agriculture, le développement rural et la sécurité alimentaire.
Il a aussi fait savoir que sur les 2,5 milliards sur cinq ans pour le développement de l’Afrique, dont il avait annoncé le déblocage fin février au Cap, un milliard serait consacré à cette question. Le président a aussi estimé que les fonds souverains pourraient devenir des “acteurs” du financement des investissements dans l’agriculture des pays en développement.
Il a invoqué à leur égard un ”impératif moral”, avant de rappeler que ce genre d’investissement était très rentable.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +