03 juin 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Mai, un des pires mois pour la plupart des matières premières

(1/06/2012) Les sombres perspectives économiques continuent de peser sur les marchés des matières premières. Cette semaine, à la zone euro toujours en crise, se sont ajoutés de mauvaises statistiques sur l’emploi aux Etats-Unis, mais aussi une baisse du secteur manufacturier en Chine. Demeure toujours le renchérissement du dollar. Quel que soit les fondamentaux du marché, l’environnement extérieur pèse fortement sur eux. Les investisseurs sont massivement sortis des matières premières en retirant plus de $2,3 milliards la dernière semaine de mai. Ceci constitue la position la plus baissière depuis la fin décembre 2011. L’indice Reuters Jefferie CRB a baissé de 18% depuis ses sommets fin février. Quasiment toutes les matières premières sont baissières, l’or étant l’exception. .

CACAO ”Bien que nous considérons les prix actuels du cacao sont bas, on pourrait imaginer qu’ils chutent encore étant donné que le marché se concentre actuellement surtout sur la demande et les préoccupations d’un ralentissement économique maintiennent les prix.” indique la Commerzbank. Les cours du caca ont accentué la baisse des semaines précédentes.
L’Organisation internationale du cacao (ICCO) a revu mercredi à la baisse sa prévision de déficit pour 2011/12 à 43 000 tonnes, contre 71 000 tonnes précédemment. Un déficit qui intervient après un excédent de 343 000 tonnes en 2010/11. Cette nouvelle prévision est en ligne avec celle du négociant Armajaro Trading qui estimait la semaine dernière que le déficit serait compris entre 25 000 et 50 000 tonnes. L’ICCO a revu à la hausse sa prévision de la production mondiale de cacao à 3,99 millions de tonnes (Mt) en 2011/12, volume inférieur de 7,4% à celui de 2010/11 (4,31 Mt). Ses prévisions de broyages sont inchangées à 3,99 Mt, en hausse de 1,8% par rapport à 2010/11.
Les arrivées aux ports de Côte d’Ivoire ont atteint 1 146 000 tonnes au 28 mai contre 1 141 560 tonnes à la même période en 2011.
Les achats déclarés par le Cocobod au Ghana se sont élevés à 756 024 tonnes au 10 mai en recul de 8,1% par rapport à la même période en 2010/11.

CAOUTCHOUC Les cours du caoutchouc sont tombés à leur plus bas niveau depuis six mois, terminant la semaine en baisse de 4,4%, le contrat de novembre clôturant à 255,3 yens le kilo sur le Tokyo Commodity Exchange. Outre la crise de la zone euro, les données sur la Chine montrant une contraction dans le secteur manufacturier ont poussé le marché à la baisse. Sur le marché physique, le SIR20 a atteint son pus bas niveau depuis 4 ans se négociant entre $145,50 et 146 cents la livre. La Thaïlande espère une action concertée entre les trois producteurs mondiaux pour empêcher les cours de tomber à un niveau plus bas. Le ministre de l’Agriculture, Nattawut Saikuar, a déjà eu une discussion avec le ministre indonésien du Commerce et compte aussi entamer le dialogue avec la Malaisie début juin.Le gouvernement thaïlandais va de son côté renforcer son plan d’intervention en achetant plus de caoutchouc, un plan adopté en janvier mais qui a eu jusqu’à présent peu d’effets. Sur l’objectif d’achat de 200 000 tonnes, seulement environ 4 300 tonnes auraient été achetées. Une situation qui s’explique par l’offre étroite. Mais la saigné des arbres a repris depuis fin avril et l’offre devrait être plus abondante.

COTON Les mauvaises statistiques sur l’emploi aux Etats-Unis, le ralentissement de l’économie chinoise combinée à la crise de l’euro toujours bien présente ont poussé les investisseur à liquider leur position. Vendredi, les cours du coton ont clôturé à un plus bas de 3 ans à 67,61 cents la livre pour le contrat de décembre. Sur le mois de mai, le coton a enregistré sa plus grosse perte, 18%, depuis juillet 2011. Le marché est résolument baissier avec des stocks élevés et une demande timide. Plexus Cotton estimait le 31 mai que le marché du coton devrait fluctuer dans un avenir proche entre 65 et 78 cents.
Dans sa dernière note en date du 1er juin, le Comité consultatif international du coton (ICAC) estime que la principale cause de la récente baisse des prix semble être l’anticipation d’une seconde campagne consécutive de hausse des stocks mondiaux. L’ICAC anticipe une hausse de 43% des stocks mondiaux en 2011/12 à 13,3 millions de tonnes (Mt), suivi d’une augmentation de 9% en 2012/13 à 14,5 Mt. Les autres raisons de la baisse des prix sont l’arrivée des pluies au Texas, les turbulences de la zone euro et le renforcement du dollar.

HUILE DE PALME «  Le marché de l’huile de palme vient de perdre près de 100 ringgits en une seule session. Les gens sont nerveux et oublient que le marché est haussier», estimait un négociant à Kuala Lumpur. L’huile de palme est tombée à 3006 ringgits la tonne sous fond d’inquiétudes sur le ralentissement de l’économie chinoise après la publication des indices manufacturiers chinois, et toujours l’Europe. La demande demeure tout de même soutenue avec une hausse, modeste, des exportations de Malaisie et devrait le rester avec la perspective du mois de Ramadan à la mi- juillet. La majeure partie des commandes proviennent d’ore et déjà du Pakistan et du Moyen-Orient.

RIZ La demande en provenance des Philippines (un contrat de 100 000 tonnes de riz vietnamien) n’est pas parvenue à faire remonter les cours du riz en Asie qui restent plombés par la perspective d’une offre abondante des grands pays exportateurs et de stocks records accumulés par le gouvernement thaïlandais. Le riz Viet 5% est tombé à $420-425 la tonne Fob à Saigon contre $420-440 la semaine dernière et le Viet 25% est légèrement remonté à $385-390 la tonne ($385-390 la semaine dernière). Le marché est calme avec peu ou pas de transaction. En Thaïlande le 100%B est aussi baissier à $ 610 la tonne, contre $630 une semaine auparavant. L’offre est croissante et devrait augmenter significativement dans les prochaines semaines avec un sommet qui devrait être atteint en juillet. En outre, le gouvernement thaïlandais détient des stocks records de riz paddy, à13,9 millions de tonnes.

THÉ Le prix moyen du thé aux ventes aux enchères de Mombassa, mardi, a glissé à $ 3,64 le kilo contre $ 3,64 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoe Ones se sont vendus à $3,69-3,46 le kilo contre $ 3,96-$3,39 aux ventes précédentes et les Best Pekoe Fanning Ones à $ $3,69-,46 contre 3,66-$3,40. Sur les 87 531 paquets offerts, 22% sont demeurés invendus, ces chiffres étant de 56 983 paquets et de 15,38% la semaine précédente. Les acheteurs du Pakistan ont été dominés les ventes, le Royaume-Uni, le Soudan et le Yemen ont accru leur activité tandis que les volumes des ventes aux autres pays du Proche-Orient ont été similaires.
Les recettes d’exportation du thé au Burundi ont bondi de 61% au mois d’avril grâce à un accroissement des volumes et des prix élevés sur le marché régional. Selon l’Office du thé du Burundi (OTB), les recettes se sont élevées à $2,2 millions ($1,37 million en avril 2011) avec un volume de 791 963 kilos (531 163 kilos en 2011). Le prix moyen par kilo pour les exportations de thé du Burundi a grimpé à $2,78 contre $2,58 l’année dernière. Deuxième source de devises après le café, le thé a généré $22,2 millions en 2011 contre $ 18,2 millions en 2010.

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