03 juin 2021 - 18:49 |

L’Agritech bénéficiera-t-elle du rebond anticipé du financement des start-ups africaines en 2021 ?

Après la mauvaise année 2020, le financement en capital-risque pour les start-ups africaines devrait rebondir pour atteindre un record se situant entre $2,25 et $2,8 milliards, selon l’étude  « The Sate of Tech in Africa » réalisée par l’accélérateur de l’innovation africaine AfricArena à partir des données de Partech Research.

Sans surprise,  le marché du capital risque en Afrique  a été retrait en 2020 avec une baisse de 29%  de la valeur totale des transactions à  $1,4283 milliard. Toutefois cette diminution de la valeur des fonds propres et de celle du montant moyen par opération ne doit pas cacher la hausse du nombre de transaction, plus 44%.

Le Nigeria et le Kenya arrivent en tête pour les investissements en capital-risque en Afrique avec respectivement  $307 millions et $305 millions levés en 2020. Ils sont suivis par l'Egypte ($ 269 millions) puis l’Afrique du Sud  ($259 millions).  Ces quatre pays captent près de 90% des financements en capital risque. Le Rwanda s'est positionné comme une plaque tournante pour l'Afrique de l'Est et a connu un grand succès avec $126 millions levés en 2019 mais la pandémie de la Covid-19  a stoppé ses progrès avec une chute de 91%  des financements à seulement  $11,6 millions l’année dernière. A noter que le Ghana a fortement progressé en 2020 obtenant environ 8% des financements.  Plus de pays ont toutefois bénéficié de financement (26 contre 19 pays en 2019), c’est vrai notamment de certains pays d’Afrique de l’Ouest comme le Bénin, la Gambie, le Mali, la Sierra Leone ou le Togo (voir tableau ci-dessous).

Investissement en capital risque dans les start-ups en Afrique de l'Ouest

Croissance "phénoménale" de l’Agritech

Si la Fintech tient toujours la corde en captant en 2020 environ un quart des financements en fonds propres ($356 millions) avec le Nigeria en tête, l’Agritech a connue une croissance » phénoménale » observe AfricAera. Et c’est le Kenya qui a été le grand bénéficiaire avec un financement de $85 millions en faveur de Gro Intelligence mais aussi Twiga Foods et Apollo Agriculture (Voir tableau ci-dessous).

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L’Agritech est devenu le deuxième secteur de concentration en 2020 avec $179 millions. Cette embellie se poursuivra-t-elle en 2021 ? Pour AfricAera «Ce que nous pouvons déterminer à partir des données d'investissement de 2020, c'est que les investisseurs continuent de voir un fort potentiel dans l'agriculture africaine - qui est un employeur principal et un secteur clé pour aborder la sécurité alimentaire mondiale ».

Les start-ups répondent aussi aux principaux défis des agriculteurs que cela soit dans les domaines  de l'accès aux marchés, l'assurance, le financement et les connaissances ou encore  l'augmentation des rendements. AfricAera prend l’exemple de la start-up ghanéenne Agrocenta qui fournit des solutions tout au long de la chaîne de valeur  avec une plate-forme de vente en ligne (« CropChain »), la solution « TrucKR » pour assurer la logistique des produits, la solution « Lendts » pour le financement complétée par les paiements mobiles (AgroPay). Agrocenta a bénéficié d’une financement total de $2,2 millions.

AfricAera estime aussi que la collecte et l’utilisation des données (IA) seront très utiles pour accroître les connaissances et la productivité des agriculteurs mais aussi d’atténuer les risques.

Si les investissements en capital risque pour les start-ups africaines devraient être record en 2021 et fortement augmenter les années suivantes jusqu’à dépasser les $10 milliards d’ici à 2025, il faut rappeler que par rapport aux autres régions du monde, l'Afrique sous-performe. Ainsi, si les investissements se sont élevés en moyenne à $ 3,9 millions par jour dans des startups africaines en 2020, ils ont atteint $428 millions par jour aux Etats-Unis.

Pays: 
Secteurs: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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