03 octobre 2014 - 00:00 |

Le commerce de produits alimentaires aurait chuté de 50% à cause d'Ebola

 

L’impact de l’épidémie Ebola sur les secteurs agricoles et alimentaires continue d’être majeur, notamment en raison de la fermeture des frontières entre plusieurs pays de la sous-région. Ainsi, selon Reuters, la saison de commercialisation des mangues au Sénégal s’est achevée plus tôt que prévue pour certains revendeurs qui, habituellement, vont chercher leurs fruits en Guinée.

Selon une enquête du Programme alimentaire mondial (PAM), les volumes d’échanges de produits alimentaires surtout entre les pays touchés ont chuté de 50% par rapport à la même période l’année dernière. C’est la conséquence immédiate de la fermeture des frontières en août, la deuxième cette année.

Sur le marché de Diaoubé, ville carrefour au Sud du Sénégal, seulement la moitié des stands étaient ouverts mercredi, jour du marché. Dix à 20 camions seulement ont approvisionné le marché contre une centaine à l’ordinaire. Ainsi, l’huile de palme, le garri, les fruits, le café venant habituellement de Guinée, manquent. Le prix de l’huile de palme a flambé, augmentant de 40% en 4 semaines.

Le gouvernement a fermé la frontière pour arrêter la contamination entre les pays, pas pour arrêter le commerce. Si les gens continuent à franchir la frontière, le commerce quant à lui s’est arrêté. C’est contre-productif”, souligne Jérôme Bernard, expert de l’assistance alimentaire à ECHO, le bras humanitaire de l’Union européenne, rapporte Reuters.

En amont des marchés, en Guinée, au Sierra Leone et au Liberia, les fermiers ne vont plus guère sur leurs terres par peur de contracter la maladie. Selon une étude de la FAO, 40% environ des fermes ont été abandonnées en Sierra Leone.

Ebola a un impact dévastateur sur l’agriculture et le secteur alimentaire dans ces pays”, selon l’économiste de la FAO, Jean Senahoun.”La croissance du PIB a chuté dans la plupart des pays infectés. Les gens seront privé d’emploi et ne pourront pas acheter de nourriture, même si elle est disponible sur les marchés.

La Banque mondiale estime à $ 359 millions les pertes économiques cette année dans ces trois pays les plus affectés que sont la Guinée, la Sierra Leone et le Liberia.

Les organisations internationales sur place ont fort à faire pour combattre au jour le jour le fléau et ses effets immédiats. Selon Reuters, le PAM aurait distribué 6 000 t de produits alimentaires à 430 000 personnes dans les 3 pays depuis avril, ce qui représente14 kg par personne en 5 mois, soit 2,7 kg par personne et par mois…. Selon le site du PAM, plus de 180 000 personnes ont reçu une aide alimentaire vitale au 25 septembre dans les zones touchées par Ebola, ainsi qu’une assistance médicale. Chaque ration familiale comprend 50kg de riz, 9 kg de pois cassés, 4 litres d’huile et du sel.

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