03 novembre 2008 - 18:58 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Des marchés dans tous les sens

(3/11/08)

Les opérateurs regardent les prix baisser et ce, sur quasiment tous les marchés. Ils se demandent de combien ils vont encore glisser, pendant combien de temps et que se passera-t-il après ?

Bois. La situation est demeurée morose au mois d’octobre sur le marché des bois tropicaux, souligne l’Organisation international des bois tropicaux (OIBT). Les opérateurs chinois et indiens demeurent très prudents dans leurs achats, manquant de visibilité quant à l’impact que la récession aura sur le marché des bois tropicaux en Europe et aux Etats-Unis, notamment sur l’immobilier et le BTP.
Les prix des grumes demeurent, dans leur ensemble, stables mais l’OIBT avertit qu’il y a certainement des ventes qui ont été faites en dessous des prix indicatifs car certains vendeurs veulent réduire leurs stocks et dégager des liquidités.
En Afrique de l’Ouest, des unités ont été fermées, réduisant la production qui, de toute façon, est en baisse car la saison des pluies rend difficile le transport et les embarquements. De toute façon, la demande n’est guère au rendez-vous actuellement. Si on prend l’exemple des exportations chinoises de contreplaqués, elles sont en baisse de 14% sur les 8 premiers mois de 2008. Ce qui, bien entendu, se traduit par des importations de grumes et sciages de bois tropicaux africains en baisse. Au Japon, le Japan Lumber Journal fait état d’une chute de 45% des grumes importées, toutes essences confondues, et d’une baisse de 30% s’agissant des sciages, sur le premier semestre 2008

Cacao. « Le marché va dans tous les sens ». Ainsi un négociant résume-t-il la situation du marché du cacao ces dix derniers jours. Un marché qui devrait demeurer encore sous pression durant un mois, mais une fois la Côte d’Ivoire aura vendu sur novembre, le marché pourrait reprendre car le déficit se confirme bien.
Du 1er octobre au 2 novembre, les arrivages de cacao aux ports de San Pedro et d’Abidjan ont totalisé 88 000t, soit une chute vertigineuse par rapport aux 226 151 t arrivées sur la même période l’année dernière. Ce qui inquiète Ali Lakiss, directeur général Saf Cacao, car cela signifierait que la récolte pourrait ne pas être aussi bonne qu’attendue. La filière a été gravement perturbée depuis le début de la campagne par les maladies affectant le cacao, mais aussi par la réorganisation des structures de la filière sans oublier la grève des planteurs qui demandent des prix plus élevés. Aujourd’hui, la grève semble un peu s’essouffler mais le syndicaliste Joseph Yao Kouame a rappelé l’importance pour les planteurs de ne pas vendre en dessous du prix indicatif qui est de FCFA 700 le kilo de fèves. Un prix jugé beaucoup trop élevé par le négoce et les exportateurs qui rappellent que les cours du cacao sur le marché à terme de New York ont perdu un tiers de leur valeur, à $ 2 053 la tonne vendredi dernier, par rapport au plus haut de $ 3 300 atteint en juillet dernier.

Café. Que dire ? Le marché du café est dominé par les problématiques financières et ce, du moins sous deux aspects : les taux de change fluctuent beaucoup ce qui impacte toujours le café ; le négoce et les producteurs sont sous la pression des banques. « Les sociétés de négoce qui avaient des stocks en Europe veulent s’alléger non seulement pour réduire leurs coûts mais aussi pour générer du cash », souligne un coutier. « Les fonds n’ont plus la force qu’ils avaient. Leurs positions ouvertes se sont réduites. Ils ont beaucoup perdu sur le pétrole et cela a fait très mal. »
Quant au marché physique, les affaires sont très calmes. Toutefois, les industriels ne seraient peut-être pas aussi bien couverts qu’on ne le croit sur le premier semestre 2009. Mais ils hésiteraient à intervenir, toujours en raison de s incertitudes sur les changes et les différentiels. « Le marché devient court terme et spot. »
Côté producteurs, « ils ne se rendent pas compte de la gravité de la situation, notamment les producteurs africains.
 »

Caoutchouc. Les prix à terme de la Bourse de Tokyo pour le caoutchouc ont perdu 3,9% vendredi dernier, rapporte Reuters, l’appréciation du yen et les liquidations des autres marchés de matières premières poussant les investisseurs à prendre les bénéfices après deux jours de gains. La nouvelle de la baisse de la production de caoutchouc de 215 000 tonnes l’année prochaine en Thaïlande, Indonésie et Malaisie, les principaux fournisseurs mondiaux, a peu agi sur le marché. Celui-ci avait déjà perdu près de la moitié de sa valeur depuis le pic de 28 ans de 350 yens atteint en juin.
Le contrat de référence de la Bourse de Tokyo, avril est tombé de 7,4 yens le kilo à 182,5 yens après avoir touché un plancher de 174,7 suite au déclin des autres matières premières et à la faiblesse des bourses des valeurs. Au début de la semaine dernière, le TOCOM est tombé à 153,4 yens, son plus bas depuis juillet 2005, quand les investisseurs ont abandonné leurs positions à risque. La baisse du taux directeur américain avait calmé les investisseurs, bien que brièvement. Le Nikkei a chuté de 5% vendredi.
Sur le physique, le caoutchouc était en baisse et les échanges mous. Les acheteurs marchandaient des prix plus bas alors que les producteurs n’étaient pas disposés à céder.

Huiles. La Tunisie s’attend à une chute de 33% de sa production d’huile d’olive en 2008, à 150 000 t contre 200 000 t l’année dernière, a rapporté aujourd’hui l’agence de presse TAP. Sur la dernière décennie, la production est en moyenne de 145 000 t. Une situation délicate pour la Tunisie car ses exportations d’huile d’olive représentent la moitié de ses exportations agricoles qui, à leur tour, représentent 10% des exportations totales nationales.

Poivre. Là aussi, les cours du poivre, toutes origines confondues, sont en baisse. « Personne ne sait trop quoi faire », explique un négociant.

Riz. Les prix poursuivent leur tendance baissière amorcée depuis six mois maintenant. Deux facteurs expliquent la poursuite de cette baisse, souligne Patricio Mendez del Villar, dans son dernier rapport mensuel du marché mondial du riz Osiriz : l’offre à l’exportation est abondante ; les opérateurs, notamment les importateurs attendent que les prix baissent davantage. Une situation qui se retrouve sur de nombreux autres marchés de matières premières. « Durant le dernier trimestre 2008, les cours pourraient céder encore 10% avec l’arrivée progressive de la récolte principale asiatique », explique-t-il.
S’agissant de l’Afrique, la baisse des cours mondiaux a l’incidence prévue : les importations tendent à progresser. Les pays africains sont à la recherche de produit bon marché, d’origine vietnamienne et pakistanaise. Pour 2008, Osiriz estime les importations africaines à 10Mt contre 9,8 millions l’année dernière.

Sésame. Le marché est calme depuis un moment. Les prix, par conséquent, baissent et les acheteurs chinois attendent que cela glisse encore, note le négoce.

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