04 janvier 2021 - 19:35 |

Montagnes russes pour les matières premières agricoles en 2020

Pandémie de la Covid-19 oblige, les matières premières ont été particulièrement secouées en 2020. Mais si des plus bas ont été généralement atteints lors du premier confinement, la reprise a été au rendez-vous et l’année se termine sur une note globalement favorable avec la nette reprise en Chine, le déploiement de la vaccination, la mise en œuvre d’ambitieux programmes de relance pour soutenir la demande, la faiblesse du dollar et les speculateurs. Toutefois pour les matières premières agricoles intéressant particulièrement l’Afrique, le bilan est plus nuancé. Si le coton, l’huile de palme, le caoutchouc ont progressé, le café et le cacao sont plutôt en retrait.

Des matières premières agricoles qui sont pour certaines de plus en plus sous le feu des critiques sur les conditions de travail, en particulier sur le travail forcé et celui des enfants. La pression s’est accentuée cette année avec les Etats-Unis aux avant-postes. Ils ont interdit les importations d’huile de palme des entreprises malaisiennes Sime Darby et FGV Holdings mais aussi celles du premier producteur mondial de gants en latex le malaisien Top Glove. Le coton est aussi sur la sellette avec l’interdiction du chinois Xinjiang Production and Construction Corps (XPCC), impliqué dans au moins un tiers de la production de coton en Chine, pour violation des droits humains sur les minorités ethniques, en particulier les Ouighours de la région du Xinjiang (Lire : Les Américains interdisent les importations de coton du chinois XPCC). Et puis un combat de longue date sur le travail des enfants dans le cacao (Lire : Un nouveau rapport confirme la hausse du travail des enfants dans le cacao en Côte Ivoire et au Ghana) mais aussi sur l’environnement et les forêts tropicales pour le cacao mais aussi le caoutchouc, l’huile de palme, le soja (Lire : L’industrie alimentaire met la pression sur la Grande-Bretagne pour protéger les forêts tropicales).

Cacao, une année test

Le marché du cacao a été marqué cette année par la mise en œuvre du Différentiel de revenu décent (LID) de $400 la tonne par les deux premiers producteurs mondiaux, la Côte d’Ivoire et le Ghana, pour mieux rémunérer les producteurs (Lire : Hershey, coupable de la guerre du cacao ?). Une mise en œuvre mouvementée et qui a perturbé le marché du cacao, dont la demande a été par ailleurs impactée par la Covid-19 dans un contexte d’une offre abondante. Les cours à New York ont progressé de 2,1% en 2020 pour clôturer l’année à $2 603 la tonne, simulés en partie par une baisse des stocks de change certifiés tandis qu’à Londres, ils enregistrent un recul de 4,5% sous la pression en partie d'un affaiblissement du dollar

Côté production dans la zone Uemoa celle de cacao est attendue en baisse de 8,2% en 2020/21 à 2, 065 millions de tonnes mais demeure supérieure de 4,3% à la moyenne des cinq dernières années, selon la BCEAO. Un recul consécutif à la volonté de la Côte d’Ivoire de limiter l’offre. Toutefois, la pandémie de la Covid 19 a aussi limité la production suite à l’annulation de certains contrats d’exportation, des difficultés en approvisionnement en intrants et à l'augmentation des coûts avec la mise en œuvre des gestes barrières, observe la BCEAO.

Café, en légère baisse

L’Arabica a été plombé par la récolte record du Brésil attendu à 63,08 millions de sacs, en hausse de 28% par rapport à 2019 et enregistre une légère perte sur l’année de 1,1% à $1,2825 la livre. Quant au Robusta, il reste quasi-inchangé à $1 386 la tonne.

La production de café dans la zone Uemoa est aussi en retrait, en recul de 7,6% à 106 655 tonnes du fait notamment du repos végétatif dû au cycle de production ainsi que des mesures prises par la Côte d'Ivoire pour rationaliser l’exploitation des ressources forestières et préserver le couvert végétal du pays.

Rebond du caoutchouc

Le marché du caoutchouc a gagné 11,5% sur l’Osaka Exchange au Japon pour clôturer l’année à 226,9 yens ($2,2 yens) le kilo. Après une forte chute, le marché s’est repris sous l’impulsion de la Chine tandis que la production a chuté davantage que la consommation.

Dans la zone Uemoa, le production de caoutchouc est toujours dynamique avec une hausse de 10% à 526 186 tonnes estimée en 2020/21 sous l’effet de l’expansion des superficies entrées en production.

Redressement spectaculaire du coton

Après une descente aux « enfers » où les cours ont plongé jusqu’à 48,35 cents la livre en avril avec l’arrêt de la demande et de l’industrie textile suite au confinement, les cours ont regagné 60% pour clôturer à 78,12 cents la livre. Sur l’année, ils progressent  de 12,5% avec la reprise de la demande.

La production de coton dans la zone Uemoa devrait se contracter de 17,1% en 2020/21 pour s’établir à 2,264 millions de tonnes, une baisse largement imputable à la dégringolade de la production du Mali en baisse de 75,1%, la cotonculteurs réduisant les superficies emblavées (Lire : Chute considérable de la production de coton au Mali en 2020/21) et dans une moindre mesure au Bénin (-5,6%).

Deuxième année de reprise pour l’huile de palme

Après une hausse de 44% en 2019, les cours de l’huile de palme ont encore gagné 18% l’année dernière pour clôturer le 31 décembre à 3602 ringgit ($896,02 $) la tonne. Des cours soutenus par un resserrement de l’offre en partie en raison du phénomène climatique La Nina tandis que la demande s’est reprise au fil de l’année.

Reprise du sucre

Le sucre brut a enregistré un gain annuel de 15% en dépit d’une demande plus faible et surtout d’une forte hausse de la production au Brésil, la chute des cours du pétrole ne rendant pas attractive la production d’éthanol. Mais, l’Organisation internationale du sucre anticipe un déficit mondial de 3,5 millions de tonnes pour la saison 2020/21. Quant au sucre blanc, il marque une progression de 17,2% sur l’année à $420,90 la tonne.

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