04 février 2009 - 11:18 |

Café : les exportateurs éthiopiens rappelés à l'ordre

La rétention n’est pas la solution

(04/02/09)

Les exportateurs éthiopiens se sont vus rappeler à l’ordre vendredi dernier, 30 janvier, par Eleni Gabre-Madhin, le directeur de la toute nouvelle bourse de marchandise, l’Ethiopian Commodity Exchange (ECX) qui rapportait les propos tenus par le Premier ministre Meles Zenawi : il n’est pas question pour les exportateurs de pratiquer une politique de rétention en attendant que les cours du café grimpent davantage. Le Premier ministre a menacé de leur « couper les mains » s’ils ne déstockaient pas de suite leur café.
En effet, les exportateurs misent sur la chute annoncé de la production cette année, ce qui devrait faire regrimper les cours de l’Arabica d’Ethiopie qui est de très haute qualité et qui bénéficie d’une surcote sur le marché international. Rappelons que les cours de l’Arabica sur les marchés internationaux ont chuté de 29% depuis leur pic en février 2008 lorsqu’ils cotaient $ 1 696 la tonne contre $ 1 205 vendredi dernier. Il y a donc un double squeeze dont voudraient profiter les exportateurs : des cours internationaux en baisse mais une pression haussière en interne étant donné la situation de la production éthiopienne. En outre, le birr, la monnaie éthiopienne, s’est dépréciée de 10% sur le mois de janvier.
Le pays produit en moyenne 330 000 t de café par an. Mais cette campagne 2008/09, la récolte chuterait de 14,7%, estiment les autorités. Dans certaines régions, la production serait même quasiment réduite à néant. Rappelons qu’en 2007/08, 170 888 t avaient été exportées, dégageant des revenus de $ 525 millions.
Mais d’ici 2014, la production nationale devrait doubler et atteindre les 600 000 t. En effet, 61 investisseurs éthiopiens ont mis $ 150 millions dans de nouvelles plantations, a rappelé Ashenafi Mamo, président de l’Ethiopian Coffee Growers, Producers and Exporters Association (ECGPEA). Ces zones sont dans le sud, dans la région Oromia, et couvrent 35 000 ha. Rappelons qu’un caféier donne au bout de 5 ans. Ces investisseurs ont recours à des techniques modernes et font un important effort de formation, ce qui devrait permettre d’atteindre des rendements de 1,4 t contre 0,4 t actuellement. Le pays entend monter en puissance en volumes mais tout en améliorant encore la qualité offerte, une des plus belles, déjà aujourd’hui, au monde.
(Pour d’autres informations, voir notre blog café : www.sequencemedia.com/africablog)

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