04 avril 2014 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Le coton glisse …


(03/04/2014)

BOIS. La demande d’acheteurs asiatiques pour du bois d’Afrique centrale et de l’Ouest, surtout des grumes, demeurent bonne, d’où la fermeté des prix, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT) dans sa dernière revue de marché. Actuellement, l’offre en grumes correspond, grosso modo_, à la demande. Et pourtant, on peut noter que les disponibilités africaines ont été boostées par la décision du Congo Brazzaville d’accroître les quotas d’exportations de ces grumes durant cette phase intermédiaire de construction des scieries par les opérateurs. Le négoce espère notamment que, de ce fait, l’offre en sapelli, sera plus abondante.
D’autre part, l’OIBT prend bonne note de la fermeté des autorités congolaises à l’égard de l’application des plans de gestion forestière tandis qu’au Gabon, le gouvernement n’hésite pas à retirer et réallouer des concessions si les entreprises ne se conforment pas aux plans de gestion.
A noter que les exportateurs africains ont testé des expéditions de mix de bois rouges avec un succès mitigé auprès des importateurs du Proche Orient mais un intérêt tout de même croissant. Des exportateurs au Cameroun et au Gabon qui ont connu des difficultés à acheminer leurs produits en raison, d’une part, de grèves au Gabon, d’autre part d’équipements portuaires en panne au Cameroun.
Côté Europe, la demande est légèrement à la hausse, absorbant toute la production des scieries ce qui empêcherait de faire des stocks, souligne toujours l’OIBT. Les acheteurs britanniques seraient légèrement plus actifs que ceux du continent grâce à de meilleures perspectives dans le BTP. Globalement, l’avenir sur le marché européen semble s’améliorer, même si o ne voit pas encore de signes de reprise de la demande sur les marchés espagnols et portugais.
Depuis le dernier rapport de marché il y a 15 jours, les prix des grumes d’okoumé, de movingui et d’okan sont en hausse tandis que le padouk baisse. S’agissant des sciages, l’ayous, l’okoumé, le sipo, le padouk, le sapeli, du movingui et de l’iroko gagnent du terrain.

CACAO. Le cacao fait de l’équilibre sur la barre fixe, avec des disponibilités étroites face à une demande soutenue. Et si le phénomène météorologique El Nino se déclenche véritablement et impacte les régions cacaoyères, le marché risque de flamber, estiment certains analystes. Une crainte qui a fait gagner £ 6 la tonne de fèves en fin de semaine sur le marché à terme de Londres.
Conséquence de cette bonne tenue des cours sur le marché international, le cacao se vend bord champ, dans certaines régions de Côte d’Ivoire, à FCFA 100 au dessus du prix minimum garanti, alors que la campagne intermédiaire vient de démarrer le 1er avril. Rappelons que la semaine dernière, le gouvernement avait décidé de maintenir à FCFA 750 le kilo le prix minimum garanti. Et la qualité serait au rendez-vous.
En Indonésie, les capacités de broyages augmenteraient de 85%, à 600 000 t, d’ici la fin de l’année avec des investissements de Cargill, Barry Callebaut et JB Cocoa, a annoncé à Reuters Piter Jasman, président de l’Association indonésienne des industries du cacao. Elles étaient de 324 000 t en 2013. Ainsi l’Indonésie devra-t-elle importer 120 000 t de fèves par an ou encore 20% de sa capacité de broyages à venir. A noter que cette estimation de 120 000 t est de 30 000 t inférieures au chiffre avancé par l’Association indonésienne du cacao (Askindo). La récolte chez le 3ème producteur mondiale chuterait cette année de 6%, à 425 000 t, selon Askindo. Le gouvernement ne ménage pas ses efforts et consacre plus de $ 300 millions à rajeunir le verger. Les producteurs, quant à eux, se battent contre les maladies, notamment le foreur de cabosse (pod borer) et ce, alors que les conditions météorologiques sont médiocres. Tout le dilemme pour le gouvernement est de savoir si, oui ou non, il doit se résoudre à baisser ses droits d’importation sur les fèves pour permettre à ses industries en plein essor à tourner pleinement.
Côté industrie, Barry Callebaut a annoncé une hausse de 3,1% du volume de ses ventes sur les 6 premiers mois de son exercice avec des bénéfices en hausse de 8,9%, à $ 135 millions, grâce notamment à la bonne performance de Petra Foods qu’il a racheté.

CAFE. C’est la volatilité qui a caractérisé le marché du café cette semaine, pour finalement terminer avec des prix qui ont peu évolué par rapport au début de la semaine. En réalité, on a du mal à évaluer l’impact de la sécheresse sur la récolte d’Arabica au Brésil. Ceci dit, on est dans une période de consolidation, avec un prix de l’Arabica qui a perdu 17% depuis son pic à $ 2,0755 atteint le 11 mars mais tout de même 55% plus cher qu’en début d’année.
Au Nairobi Coffee Exchange, les prix ont fortement chuté cette semaine. Le cours le plus élevé des cafés vendus est tombé à $ 385 le sac de 50 kg contre $ 457 la semaine dernière. Le grade AA s’est vendu dans une fourchette allant de $ 196 à 365 contre $ 254-457 il y a une semaine, tandis que l’AB était à $ 96-291 contre 215-288.
De son côté, la Colombie a annoncé une production de 828 000 sacs de 60 kg en mars, soit 34% de plus qu’en mars 2013. Les exportations ont augmenté d’autant environ, en hausse de 35% à 928 000 sacs. Au total, 23 780 sacs ont été proposés à la vente et 8 943 ont trouvé preneur, contre 24 848 sacs et 8 768 vendus la semaine précédente. Le prix moyen a été de $ 224,61 contre $ 242,15.
Pour sa part, le Robusta a terminé la période en léger retrait.

CACOUTCHOUC Des cous du pétrole plus faibles et des inquiétudes sur la vigueur de la demande chinoise ont poussé les prix à un plus bas de 9 mois sur la bourse de Tokyo, le contrat de décembre clôturant à 222,7 yens ($2,15) le kilo le 3 avril. Alors que la saignée des arbres est arrêtée, saison sèche oblige, le gouvernement thaïlandais envisage de vendre 200 000 tonnes de ses stocks de caoutchouc en avril afin de compenser cette perte saisonnière de production, selon une déclaration du ministre de l’Agriculture. Ses ventes, qui seront faîtes soit directement aux fabricants étrangers de pneumatiques ou aux exportateurs thaïlandais, qui les mettront sur le marché mondial, ne devraient pas avoir d’impact sur les prix, l’offre étant faible à cette période.

COTON Pour la quatrième session consécutive, les prix du coton se sont contractés, soit la plus longue baisse depuis janvier sur fonds d’inquiétudes sur la demande chinoise. En effet, les premières ventes aux enchères des stocks chinois de la réserve après la décision du gouvernement d’abaisser le prix de vente ont rencontré un vif succès auprès des acheteurs, laissant craindre une plus faible demande pour la fibre étrangère. _”Le prix du coton américain est également très élevé à l’heure actuelle et les usines textiles chinoises préfèrent donc les approvisionnements intérieurs »_a déclaré Liu Shijun analyste chez Jingyi Futures. La Chine a vendu 40 119 tonnes sur les 50 179 tonnes offertes mardi. La baisse des prix ainsi que les prix En outre, les agriculteurs américains devraient augmenter les superficies de 7% en 2014/15 par rapport à la campagne précédente, selon les estimations de l’USDA. Sur le premier trimestre 2014, les cours du coton ont gagné plus de 10%.
En Egypte, la production de coton devrait chuter de 15% à 370 000 balles en 2014/15 selon les prévision de l’USDA. Une baisse amputable à une réduction anticipée des superficies plantées de 15% à 110 000 hectares. Une conséquence de l’absence d’annonce de prix incitatifs pour la campagne 2013/14 au moment des semis par le gouvernement égyptien ?, s’interroge l’USDA qui précise que selon la nouvelle Constitution l’Etat s’est engagé à acheter les récoltes agricoles de base, y compris le coton, à un prix raisonnable de manière à obtenir un rendement équitable pour l’agriculteur.
EnInde, l’USDA prévoit une production de 28 millions de balles avec 11,8 millions d’hectares, en baisse de 1 million de balle par rapport à 2013/14. Si les superficies ensemencées devraient être élevées, le département américain s’attend à des rendements moindres en raison de la très bonne mousson de 2013. Avec une consommation soutenue, estimée à 23,5 millions de balles, les exportations devraient reculer de 25% à 6 millions de balles.

HUILE DE PALME Cette semaine le cours du soja a fortement influencé l’évolution du marché de l’huile de palme avec des hauts et des bas. Suite à un rapport de l’USDA soulignant la réduction de 1% à 992 millions de boisseaux des stocks de soja en raison de la demande d’exportation et interne de soja avait absorbé la récolte record de l’an dernier, les prix du soja ont grimpé sur le CBOT atteignant un plus haut de six mois. Le resserrement de l’offre de graine de soja pourrait peser sur les prix de l’huile de soja rendant attractive l’huile de palme. Mais les gains ont toutefois été limités par les mauvais chiffres des exportations malaisiennes en recul de 3% sur le mois de mars par rapport à février. Et la chute du marché du soja jeudi a « enfoncé le clou », l’huile de palme atteignant un plus bas de deux mois, perdant 1% depuis le début de la semaine et s’acheminant vers une chute de 9% sur les quatre dernières semaines.
En Afrique du Sud, la Competition Commisssion a lancé une enquête sur les deux fabricants d’huile alimentaire et de margarine, Unilever Plc et Sime Darby, soupçonnés d’entente illicite sur la fixation des prix.

SUCRE. Depuis le début de l’année, le prix du sucre roux a déjà gagné environ 6% et cette semaine encore, il termine en hausse. En toile de fond, encore et toujours, c’est le Brésil qui soutient les prix de l’édulcorant, sa récolte devant être plus faible qu’initialement anticipée. Le sucre blanc s’est également inscrit en hausse.
Mais plus ponctuellement, le sucre roux a fait un bond sur le marché de New York suite à un bras de fer entre les Etats-Unis et le Mexique. Mexico a annoncé qu’il ne se laisserait pas faire si Washington décidait d’appliquer des droits anti-dumping contre les importations mexicaines de sucre et qu’il augmenterait, de son côté, les droits sur les importations de fructose américain.
Au Kenya, Mumias Sugar a suspendu pendant deux mois son directeur général, Peter Kebati, le temps d’enquêter sur les ventes et les accords de distribution passés par le groupe. Rappelons que le Kenya enregistre un déficit annuel de 200 000 t de sucre, déficit comblé par des importations d’autres pays producteurs de la région notamment du Soudan, d’Egypte et du Malawi.
En effet, Kareke Mbiuki, vice-président du Comité parlementaire sur l’agriculture, a annoncé que du sucre importé avait été trouvé dans des entrepôts de la société. Certains profiteraient de ses importations aux dépens de la compagnie car ce sucre importé frauduleusement serait vendu sur le marché avec une décote de 20% par rapport au sucre local. Et Kareke Mbiuki de rappeler que le coût de production au Kenya est de $ 700 la tonne de sucre contre $ 400 dans un pays comme le Soudan. Ces dernières années, Mumias a annoncé des résultats en perte, au grand dam de ses actionnaires.

THE Les prix des thés ont à nouveau chuté à la vente aux enchères de Mombasa cette semaine, le prix le plus élevé plafonnant à $ 3,00 le kilo contre $ 3,20 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoes Ones se sont négociés à $2,45-$3 contre $2,65-$3,20 le kilo, et les Best Brighter Pekoe Fannings Ones à $2,15-*2,60 contre $2,28-$2,67 le kilo. La demande a été soutenue de la part du Pakistan, du Yemen, du Soudan et autres pays du Moyen-Orient. Sur les paquets 130 808 offerts à la vente, 16,47% n’a pas trouvé preneur contre 16,57% sur les 140 944 mis en vente la semaine dernière.

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