04 juin 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Des évolutions disparates

CACAO Le cacao confirme sa reprise, les cours dépassant les $ 3000 la tonne à New York à la clôture mercredi, soit son plus haut niveau depuis le 10 mai. Même tendance à Londres où le contrat de juillet a gagné £ 48 à £ 2 520 la tonne. La hausse des cours est consécutive à un squeeze sur juillet, indique un courtier. «Il y a des achats pour 2 mais qu’un de disponible».
Andreas Christiansen, président de la German Cocoa Trade Association, estime que le marché ignore les fondamentaux baissiers d’une faible demande et d’une bonne offre, influencés par les investissements financiers. Andreas Christiansen souligne que la demande est particulièrement faible en Europe de l’Est. Il ajoute que d’importantes quantités de cacao sont sur le marché physique européen en contraction avec les informations habituelles sur une offre tendue. Du côté de l’offre, il estime que si certains délais ont pu être constatés dans l’acheminement de la campagne intermédiaire de la Côte d’Ivoire, les fèves arrivent.
Au Ghana, les achats déclarés auprès du Cocobod se sont élevés au 20 mai à 557 615 tonnes, en recul de 9,7% par rapport à 2008//09.
En Côte d’Ivoire, les arrivées aux ports ont atteint environ 983 000 tonnes le 30 mai, selon une estimation des exportateurs. Un niveau en dessous de la campagne 2008/09 ( 1 033 455 tonnes) mais les volumes s’accroissent. La semaine du 24 au 30 mai, il ont atteint environ 21 000 tonnes, soit le double du niveau de la précédente campagne. Cependant, la qualité n’est pas au rendez-vous, les exportateurs estiment que de nombreuses fèves sont mal séchées ou fermentées, les prix élevés encourageant les producteurs à vendre rapidement leurs fèves.
Le 25 mai, l’Association nationale des producteurs de café cacao (Anaproci) a élu Boti Bi Zoua, planteur et délégué de la région de la Marahoué, président de l’association. Il prend la succession de Béhi Benoît.

CAFE Semaine calme pour le café avec pas de grands changements sur les marchés à terme par manque d’activité des fonds. Les cours se situe dans le range de $1,30 – $1,40 à New York et autour de $ 1370 et 1380 la tonne sur septembre à Londres. Sur le marché physique, les acheteurs européens commencent à intégrer les cours en euro, souligne un courtier. Au niveau de l’offre, aucun changement, les cafés asiatiques sont plus chers que les cafés africains. En Arabica, la tension sur les Brésil rapprochés est toujours présente. En café lavé, malgré les offres du Pérou, la tension reste très forte, se traduisant par une hausse des prix du Colombie, les autres origines de l’Amérique centrale étant épuisées.
Néanmoins, souligne le courtier, plusieurs facteurs, dont les inondations au Guatemala, la saison des Hurricanes et le fait que l’on entre dans l’hiver brésilien, pourraient entraîner des mouvements sur les marchés à terme dans les semaines à venir.
Au Kenya, les exportations d’Arabica devraient fortement diminuer en 2010/11 à 670 000 sacs de 60 kilos, selon un rapport du Département américain de l’Agriculture (USDA). C’es tun niveau historiquement bas. En 2009/10, le Kenya exportera près d’un million de sacs.
En Côte d’Ivoire, les arrivées de Robusta se sont élevées à 88 161 tonnes au 30 mai, contre 117 049 tonnes la campagne précédente, selon les statistiques de la Bourse du Café et du Cacao (BCC).
La Tunisie a ratifié l’accord international de 2007 sur le café en adoptant le 27 mai un projet de loi par la Chambre des députés.

COTON Les cours du coton ont poursuivi leur mouvement de baisse cette semaine à New York, le contrat de juillet clôturant le 2 juin à 78,40 cents, cédant 0,67 cent. Le contrat de juillet expirant dans moins de deux semaines, les traders délaissent lentement la position de juillet pour se tourner vers les contrats de décembre. En outre, le contrat de décembre reste sous pression, il a perdu 0,96 cents à 76,65 cents la livre, en raison partiellement des bonnes perspectives dans les superficies ensemencées. Mardi dernier, le département américain de l’Agriculture a annoncé que 79% des superficies en coton étaient plantées pour 2010/11.
Cependant, un négociant souligne que le marché physique s’inscrit dans la position inverse du marché de New York avec des prix qui demeurent stables et un volume d’affaire régulier mais sur les livraisons rapprochées.
Selon le dernier rapport de l’ICAC, les stocks mondiaux du coton devraient demeurer tendus en 2010/11. Les stocks mondiaux de clôture pour la campagne 2009/10 sont estimés en forte diminution, environ 18% , à 10,5 millions de tonnes (Mt), soit leur plus bas niveau depuis six ans. En 2010/11, la production mondiale de coton devrait augmenter à 24,9 Mt, mais la consommation devrait poursuivre sa reprise, ainsi les stocks ne se redresseront que très légèrement à 10,6 Mt.
Au niveau du commerce, l’ICAC estime qu’il devrait augmenter de 3% en 2010/11 à 7,8 Mt. Les importations chinoises devraient progresser de 21% à 2,7 Mt.
Basé sur une prévision de prix de 78 cents la livre pour l’exercice 2009/10, le modèle de prix de prévision de l’ICAC prévoit que l’indice Cotlook A sera en moyenne de 85 cents la livre en 2010/11.

RIZ Nouvelle baisse pour des cours mondiaux du riz au mois de mai, souligne Patricio Méndez del Villar dans son dernier rapport mensuel, Osiriz. Cependant, elle demeure limitée à 2% en moyenne, contre 9% en avril dernier. La demande d’importation est relativement faible alors que les perspectives de récoltes à venir sont plutôt bonnes dans la plupart des régions du monde. La production mondiale en 2010 pourrait atteindre 710 millions de tonnes, en hausse de 4,5% par rapport à 2009, surtout en raison de la reprise de l’Inde. Patricio Méndez del Villar indique aussi que les importations d’Afrique sont pour l’instant peu actives, du fait de stocks suffisants. Les riz vietnamien et birman, plus compétitifs en terme de prix que le riz thaïlandais, sont sollicités par les importateurs africains tandis que les importations de riz du Mercosur, riz étuvé et brisures, pourraient aussi progresser, surtout vers les pays côtiers. La Thaïlande a d’ailleurs revu ses prévisions d’exportations à la baisse pour 2010 à 9,5 millions de tonnes. A ce niveau, elle demeurent toutefois supérieures à leur niveau de 2009, plus 10%.

SUCRE Les cours du sucre se sont légèrement appréciés le 3 juin gagnant 0,05 cents à New York à 13,99 cents la livre pour juillet et $2,30 à $459,10 la tonne à Londres pour le contrat d’août.
Lors de la conférence de l’International Sugar Organization (ISO) cette semaine à Marrakech, l’organisation a estimé que la chute des prix du sucre ne devrait pas se poursuivre, et ce en dépit des bonnes perspectives de récolte chez les principaux pays producteurs, le Brésil et l’Inde. Sergey Gudoshnikov, économiste à l’ISO, estime que la production mondiale devrait s’établir à environ 172-173 millions de tonnes (MT) en 2010/111 contre 158 Mt en 2009/10 avec une consommation aux environs de 170 Mt. Il estime que le marché devrait trouver un prix d’équilibre après des mois de volatilité et de nervosité parmi les traders. ”Actuellement, le marché s’accorde sur un coût total de production au Brésil aux alentours de 15 cents la livre. Cela peut être une sorte de référence pour le prix mondial au cours des deux prochaines années. » indique t’il.
La production de sucre au Zimbabwe a chuté de 13 % à 259 000 tonnes en 2009/10 (avril-mars) contre 298 000 tonnes en 2008/09 en raison de faibles rendements en canne a estimé la filiale du sud-africain Tongaat-Hulett, Hippo Valley Estates.
Le Maroc importera entre 750 000 et 760 000 tonnes de sucre brut en 2010 après que la récolte ait été touchée par les inondations pour la deuxième année consécutive, indique le directeur général de Cosumar ,Mohammed Fikrat. La production de nationale est susceptible de tomber à 400 000-405 00 tonnes en 2010. Sans les inondations, elle se serait située entre 480 000 et 490 000 tonnes.

THE Les prix du thé sur le marché aux enchères de Mombassa sont en recul cette semaine. Le Broken Pekoe Ones a chuté à $ 3,39 le kilo, en moyenne, contre $ 3,61 la semaine dernière. De même, les prix en moyenne du thé au Bangladesh ont perdu 2,26 à 1193,72 takas ($2,80) le kilo.
Au Sri Lanka, la production de thé a chuté de 7,5
en avril par rapport à avril 2009, à 28,4 millions de kilos. Cependant, la production est en ligne avec la moyenne des dix dernières années, le mois d’avril en 2009 ayant été exceptionnel. Le Sri Lnaka Tea Board estime que la production devrait se situer entre 300 et 315 millions de kilos en 2010 et les revenus d’exportation à environ 1,2 milliard.

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