04 octobre 2018 - 11:20 |

Alpha Bacar Barry : les normes et le business des normes tuent les petits entrepreneurs

Le parcours comme le résultat, sont aujourd'hui, assez remarquable. Ce sont ceux du Guinéen Alpha Bacar Barry, directeur général de Jatropha, qui intervenait aux Rencontres Africa la semaine dernière à Paris et qui a accordé un entretien à CommodAfrica.

Mais, au préalable, un point sur le parcours de celui qui, à 38 ans, a créé l'entreprise de micro-finance Jatropha, l'incubateur 'Be the Change Academy' et l'entreprise de technologie 'Aoudy' qui fabrique des smartphones, montres, tablettes, ordinateurs et dont la filiale est spécialisée dans l’agriculture.

Alpha Bacar Barry, né à Ratoma d’une mère enseignante et d’un père militaire, est un diplômé en Lettres et Journalisme de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry. Il participe en 2002 à la rédaction de la déclaration de Casablanca sur les jeunes et le développement durable (Déclaration de Mohamed V) adopté par l’ONU en 2003, est embauché à la Radio télévision guinéenne (RTG). Puis, il part en Ecosse où il obtient son Master I de management d’organisation à l’Université de Sterling puis son Master 2 de management opérationnel à Cambridge. Il devient l’un des plus jeunes consultants de l'Onudi (Organisation des Nations unies pour le développement industriel) en Afrique. En 2011, il participe au programme américain YALY (Young African Leaders) qui recrute les meilleurs jeunes leaders africains et décide la même année de créer Jatropha.

Que faites-vous actuellement dans le domaine agro ?

Nous développons l'agriculture contractuelle sur des fermes  agro-sylvo-parstorales où nous employons des femmes et des jeunes. Nous leur apprenons non seulement les processus de production bio et responsable, mais nous les formons aux méthodes entrepreneuriales pour leur permettre, au bout d'un certain temps, de s'installer à leur propre compte.

Nous faisons cela depuis 3 ans et aujourd'hui nous essayons de récupérer toutes ces productions pour les packager et les commercialiser.

A l'exportation ou pour le marché local ?

Aujourd'hui, d'un point de vue marketing, il serait erroné de diviser ces deux segments car nous avons une classe moyenne qui est en train de grandir en Afrique, qui est responsable en terme d'achats et de consommation, et qui est très au courant des choses. Il faudrait leur proposer des produits de qualité.

Mais il y a des niveaux de normes très différentes entre le marché local et, par exemple, le marché européen très exigeant..

Oui, il y a des normes différentes et je suis de ceux qui pensent que les normes et le business des normes sont en train de tuer les petits entrepreneurs que nous sommes. Car il faudrait, à ce niveau, une structuration plus démocratique pour permettre d'accéder à la formation sur les normes.

Aujourd'hui, nous payons énormément d'argent pour être aux normes et standardisés et cela nous ralentit dans notre trésorerie et dans notre planification d'investissements.

En quoi votre projet diffère de tous les autres ?

Car nous avons la particularité, s'agissant de la Guinée, d'avoir quatre régions naturelles et donc quatre écosystèmes différents ; nous avons des produits complètement différents venant de régions différentes. Par exemple, nous avons quatre types différents de miel que nous récoltons dans tout le pays.

La deuxième chose c'est que, à travers nos fermes, nous transmettons les valeurs d'une agriculture responsable. Car la terre et l'eau sont deux éléments dont l'Afrique a le plus et si nous ne les gardons pas le plus longtemps possible, nous ne serons plus dans la compétition.

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