04 décembre 2007 - 19:35 |

Attractivité du marché de la vanille à Madagascar

Mais les industriels boudent !

(04/12/07) Bonne qualité, volume disponible, prix incitatifs, telles sont les caractéristiques de la campagne 2007 de la vanille à Madagascar. En revanche, les industriels ne pointent pas leur nez et le moral des acteurs de la filière n’est pas au beau fixe. Un moral que l’appréciation de la monnaie malgache ne concourre guère à faire remonter.

La campagne de la vanille à Madagascar, ouverte en juillet dernier, est en phase de finalisation. Plus de 70% de la vanille est d’ores et déjà dans les mains des exportateurs. Une production estimée, selon la société Sinavil, entre 1 300 et 1 500 tonnes en 2007, y compris le stock de 2006 évalué à environ 500 t. Les cyclones, qui se sont abattus sur la Grande Ile cette année, s’ils ont provoqué la chute des fleurs fécondées, n’ont pas réduit le potentiel de production, les nouvelles plantations entrant en activité. Un volume donc disponible et à des prix attractifs souligne Emmanuel Nee. On est bien très en dessous de plus haut de 2003 à $ 450-500 le kilo mais aussi en dessous de 2005 où le prix du kilo était de $50. Aujourd’hui la vanille rouge (industrielle) se négocie autour de $25 le kilo FOB Madagascar et à $ 35 pour la vanille noire. Des prix qui devraient se stabiliser, aucun facteur haussier influence le marché. Cependant précise Emmanuel Nee « les facteurs économiques, au contraire, tentent à influer sur les prix à la hausse » ajoutant « Il s’agit donc de jauger quel pourrait être « le point de rupture » à partir duquel les exportateurs malgaches ne pourront plus supporter de payer de intérêts bancaire à 15/16% et risquer sur le change, et devront se résoudre à vendre au prix du marché ».
Car, ces exportateurs ne sont pas dans une posture favorable. Ils ont acheté une grande partie de la vanille aux producteurs, les prix bas ayant précipité leurs achats. Cependant, avec ces achats en vrac très anticipés on constate un taux d’humidité très élevé, peut-être supérieur à 50%, diminuant d’autant la valeur de leur revenu potentiel. Et l’appréciation de la monnaie malgache, l’ariary, conjuguée à la chute du dollar, ne plaident pas en leur faveur. En début d’année, le cours ariary/dollar était de 2036,20 pour 1 dollar (moyenne mensuelle janvier 2007, source Banque Centrale de Madagascar). Aujourd’hui le 4 décembre, il s’échange 1777,59 ariary pour un dollar. Et des rumeurs laisseraient à penser qu’il pourrait s’échanger à 1600 ariary.
Face à cette offre, empreinte d’incertitudes monétaires, quasiment aucune demande de la part des industriels, pour l’instant. C’est le cas pour Madagascar mais aussi pour les autres origines, comme l’Ouganda, les Comores, l’Inde …. Leurs besoins à court terme sont certes couverts, mais le marché pourrait prochainement se retourner, estime Emmanuel Nee. D’autant plus, que Sinavil estime, en mettant en garde sur les incertitudes et notamment climatiques sur une prévision à plus d’un an, que la production 2008 pourrait être inférieure de 30%, soit environ 900 tonnes de vanille exportable !

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