05 janvier 2021 - 16:42 |

Les vertus de l'arachide tant pour ses graines, son huile que pour l'alimentation animale

« La production d’arachides est, dans la plupart du temps, axée sur la consommation et la vente de ses graines mais depuis longtemps (plus de 10 ans), la commercialisation des feuilles sèches d’arachides a commencé et prend de l’ampleur », lisait-on hier chez notre confrère togolais Télégramme 220. Interrogé, Zakari Salami, secrétaire général de l’Association des revendeurs de bétail sur le marché de Dapaong dans la région des Savanes, précise que ce sont essentiellement les femmes qui, après la récolte d’arachides, font des ballots de feuilles séchées qu’elles vendent à partir de fin octobre.

« Au début, le ballot qui pèse entre 8-10 kilos est vendu à FCFA 500. Et chacun des commerçants les achètent pour en faire des stocks ou alimenter directement leurs bêtes. Ces feuilles coûtent plus cher à partir du mois de mars jusqu’en juillet, et durant cette période nous pouvons les acheter à FCFA 2000 par ballot », explique-t-il à notre confrère. Sur ce marché de Dapaong, on trouve ces femmes qui ont parfois parcouru plus de 40 km sur des tricycles chargés parfois d’une trentaine de ballots. Des commerçantes qui paient une taxe de FCFA 50 par ballot. Elles envisagent de créer leur syndicat pour mieux organiser le commerce de ces feuilles des arachides.

L'engouement un peu partout

L’alimentation du bétail par les fanes d’arachides est un procédé qui se retrouve un peu partout dans les pays de culture arachidière et pas seulement en Afrique. En Inde, par exemple, les cultures d'arachide couvrent 70 % des terres agricoles du district d'Anantapur dans l'Andhra Pradesh. En 2002, l'Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (Icrisat) a introduit une variété d'arachide à maturité précoce, résistante à la sécheresse et dont le rendement en gousses est supérieur de 15 % à la variété locale d’alors, produisant 17 % de plus de fanes et un fourrage de meilleure qualité. Après en avoir donné à manger à leurs vaches, les producteurs laitiers ont constaté que leur production de lait avait augmenté de 11 %, soulignait alors l'Icrisat.

Plus proche de l’Afrique de l’Ouest et plus récemment, l’Agence internationale de l’énergie atomique, en coopération avec la FAO et le Centre de recherche agricole d’El Obeid ont mis au point au Soudan une nouvelle variété d’arachide baptisée Tafra-1, plus résistante à la sécheresse et qui affiche un rendement jusqu’à 27 % supérieur aux variétés traditionnelles, souligne la revue de l’AIEA. Elle a été mise au point grâce aux techniques nucléaires de l’irradiation.

Conscient de l’importance non seulement du fruit de l’arachide -la cacahuète- mais aussi des ses feuilles et tiges, les chercheurs ont « invité les agriculteurs à s’impliquer dès les premières étapes du processus de recherche afin qu’ils puissent sélectionner la variété qui correspond le mieux à leurs besoins », explique Elgailani Adam Abdalla, directeur du Centre d’El Obeid, rapporte l’AIEA. A l’issue du processus, agriculteurs et chercheurs ont sélectionné la Tafra-1. « Il faut moins de 250 mm de pluie par an à cette nouvelle variété pour pousser, contre 350 mm pour la variété traditionnelle. En outre, son rendement est en moyenne supérieur de 11 % à celui de la variété traditionnelle (1024 kg/hectare contre 926 kg/hectare) et dans certains endroits, les rendements ont même augmenté de 27 % lors des essais réalisés » entre 2016 et 2019.

Des améliorations végétales qui peuvent avoir des effets bénéfiques en cascade sur de nombreuses filières en aval.

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