05 mars 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Huile de palme et coton haussiers, frémissement dans le bois

BOIS Depuis deux semaines, un regain d’intérêt se manifeste sur le marché du bois, constate ITTO. Certaines espèces ont progressé : le Sapeli a gagné entre €20 et 25 euros le m3 de grumes LM et € 10 à 15 pour le grade B et dans une moindre mesure le Moabi et le Sipo (+ €5). Une hausse qui s’explique, selon les analystes, par l’interdiction par le Gabon des exportations des grumes et aussi par un retour des acheteurs européens.
Au Gabon, les discussions se sont poursuivies entre le gouvernement et l’industrie pour assouplir la décision d’interdire les exportations de grumes. Il a été proposé que 60% de la production de grumes soit transformé et 40% exporté pour 2010 ; pour 2011 la proportion reviendrait à 75% et 35% et 80% et 20% en 2012. Les discussions ont aussi porté sur la limitation en volume des exportations de grumes à 1,2 million de m3 en 2010, puis 800 000 m3 en 2012. Ces propositions sont à l’étude au gouvernement. Mais, cela n’affectera pas l’accord qui consiste à autoriser l’exportation des stocks au 31 décembre 2009, soit environ 500 000 m3, jusqu’au 31 mars 2010.
Au Cameroun, il semblerait qu’on constate un assouplissement des réglementations pour les exportations de grumes. Avec une permission spéciale, toute espèce peut être exportée en grume. Cependant, aucune confirmation officielle de cette facilité n’a été faite.
Au Congo Brazzaville, certaines difficultés existeraient quant au contrôle du système des exportations (75% transformés, 25% en grume). D’autre part, des unités de transformation fermées auraient été réouvertes et travailleraient à environ 50% de leur capacité.

CACAO Les cours du cacao ont rebondi le 4 mars gagnant $6 à $ 2 829 la tonne à New York et £17 à £ 2162 la tonne à Londres, après avoir atteint un plus bas de six mois la veille. Le marché semble se consolider après les pertes des derniers jours. Le 4 mars, l’association allemande des confiseurs (BDSI, Bundesverband der Deutschen Süsswarenindustrie) a vivement condamné les fonds. « La BDSI condamne les investissements spéculatifs par les banques et les fonds dans les commodities agricoles dont l’industrie alimentaire a besoin pour sa production » indique l’association dans un rapport. Elle ajoute «Tandis que le cacao est à son plus haut niveau depuis 30 ans, la forte compétition dans la vente au détail en Allemagne fait qu’il est difficile de répercuter cette hausse dans les coûts dans une industrie caractérisée par des entreprises de taille moyenne ». Et de conclure que ”Toutes les données fondamentales indiquent que la bulle du cacao éclatera bientôt ».
Fortis Bank a revu, le 26 février, ses prévisions à la baisse pour le déficit en 2010/11 à 14 000 tonnes contre 48 000 tonnes dans sa précédente estimation. Une révision qui reflète une hausse de la production tandis que la consommation resterait inchangée. La production nette mondiale s’élèverait à 3,617 millions de tonnes en 2010/11 ; soit 34 000 tonnes de plus par rapport à la précédente estimation. Le déficit mondial pour 2009/10 a aussi été revu à 126 000 tonnes contre 170 000 tonnes auparavant.
Les prix en Côte d’Ivoire étaient aussi en baisse la semaine dernière en lien avec les marchés internationaux mais aussi par une piètre qualité des fèves. Ils se situaient entre FCFA 1 080 et 1 190 le kilo. Alors que la campagne principale touche à sa fin, les arrivées de cacao aux ports de Côte d’Ivoire se sont élevées depuis le début de la campagne 2009/10 jusqu’au 21 février à 845 716 tonnes, en hausse par rapport aux 808 458 tonnes de 2008/09 mais en dessous de la moyenne des cinq dernières années à environ 885 000 tonnes, selon les statistiques de la Bourse du cacao et du café (BCC). Du 15 au 21 février, les arrivées ont atteint 8 316 tonnes, contre 23 840 tonnes la même semaine en 2009. «Il ne sera pas possible d’atteindre 900 000 tonnes d’ici à la fin de la campagne principale» estime un exportateur. Il est attendu 852 00 tonnes jusqu’au 28 février, soit 5% de moins que la moyenne des cinq dernières années.
Au Ghana, les achats déclarés par les acheteurs privés au Cocobod ont atteint 501 642 tonnes au 18 février depuis le début de la campagne en octobre, soit 4,3% de moins qu’en 2008/09. Les unités de transformation du cacao ne tourneraient qu’à un tiers de leur capacité car la demande en fève de la récolte intermédiaire est supérieure à la production tandis que les fèves de la campagne principale sont trop chères pour certaines unités. Le président du conseil d’administration du Cocobob, Percival Yaw Kuranchie, esitme « C’est un chalenge car nous avons vu une réduction de la récolte de la récolte intermédiaire au fil des années et nous pensons que le moment est venu de prendre un autre regard sur cette politique ».
Au Cameroun, les exportations de cacao pour les six premiers mois de 2009/10 oint chuté de 4,3% à 141 634 tonne (1er août au 21 janvier), contre 147 976 tonnes sur la même période en 2008/09, selon le Cocoa and Coffee Interprofessional Board (CCIB). Le chef des opérations du CCIB, André Marie Lema, estime que la production devrait reculer cette année après les fortes productions des campagnes précédentes.
Les exportations de la principale région productrice de cacao en Indonésie, l’Ile de Sulawessi, ont chuté de 41,9% en février par rapport à février 2009, à 14 355 tonnes. Les traders ne s’attendent pas à une reprise des exportations jusqu’au démarrage de la nouvelle récolte.

CAOUTCHOUC Les contrats à termes du caoutchouc sur le marché de Tokyo pourraient se situer au-dessus de 300 yens en mars dopés par une demande de l’industrie pneumatique et la chute de l’offre dans la majorité des pays producteurs, qui ont poussé les pris physiques à des plus haut de 58 ans, selon une analyse de Reuters réalisée auprès d’un pool de 10 analystes et négociants. Le contrat d’août 2010 pourrait atteindre 305 yens (3,42 $) le kg à la fin de mars. C’est 3 de plus que la clôture de fin février à 296,1 yens, mais 4 ,3 de moins que la prévision précédente à 318,8 yens. ” L’offre est tombée d’environ 50 % actuellement et chutera encore en mars car la Thaïlande et la Malaisie entrent dans la saison sèche ” selon un trader malais. La demande devrait rester ferme au cours des prochains mois, les grands fabricants de pneumatiques devraient continuer à acheter en dépit des prix élevés. Le japonais Bridgestone vient d’acheter le caoutchouc RSS3 thaï à $3,28 le kilo.

COTONLundi, les cours du coton ont grimpé jusqu’à 84,60 cents réveillant les craintes de mars 2008 avec une situation néanmoins différente. «Nous sommes extraordinairement sur acheté » soulignait Sharon Johnson de First Capitol. Le 4 mars, les prix se sont rétractés à 81,82 cents la livre pour le contrat de mai avec la fermeté du dollar et la tendance baissière des marchés. Les prix du coton ont fortement augmenté en février 2010. L’indice Cotlook A a bondi de 75,35 cents la livre au 1er Février à 85,55 cents la livre le 26 février, indique l’ICAC le 1er mars. Les prix du coton sont soutenus par des fondamentaux solides: la réduction de la production et la reprise des filatures devraient générer une baisse de 15% des stocks mondiaux du coton. 
Le modèle de prix de l’ICA prévoit que l’indice Cotlook A devrait s’établir à 74 cents la livre pour la campagne 2009/10, soit 21% de plus qu’en 2008/09. L’ICAC note que l’indice journalier peut demeurer au dessus de 80 cents la livre pour quelque temps, mais la concurrence avec le polyester et la hausse attendue de la production de coton en 2010/11 pourraient conduire les prix à des niveaux plus faibles durant les derniers mois de la campagne 2009/10. 
En effet, des prix plus élevés en 2009/10, combinés avec la baisse récente des prix des céréales et des oléagineux et des coûts de production relativement stables, encourageront les agriculteurs à accroître les plantations de coton en 2010/11. La production mondiale de coton devrait bondir de 10% à 24,4 millions de tonnes. Avec l’amélioration de la croissance économique mondiale, la consommation de coton devrait aussi se redresser avec un taux de croissance attendu de 3% à 24,8 millions de tonnes. Le commerce mondial du coton devrait légèrement augmenter l en 2010/11 à 7,5 millions de tonnes. Une légère réduction des stocks de clôture de coton est prévue en 2010/11.
Selon le dernier rapport d’Organic Exchange, Organic Echange Farm and Fiber Report 2009, la production de coton biologique a progressé de 20% en 2008/2009 à 175 113 tonnes sur une superficie de 253 000 hectares. Elle représente aujourd’hui 0,76% de la production mondiale de coton. Cependant, la demande est insuffisante et les stocks d’invendus représentent entre 17 et 22% de la production, soit entre 30 000 et 35 000 tonnes.

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme ont gagné jeudi plus de 1,9% clôturant à 2 674 ringgits ($793) la tonne. « La dépendance du marché mondial à l’huile de palme devrait continuer à augmenter cette saison » estimait Oil World le 2 mars. Une forte augmentation des exportations mondiales d’huile de palme devraient diminuer les stocks dans les mois à venir en dépit d’une hausse de la production. Les stocks mondiaux devraient tomber à 6,68 millions de tonnes en septembre 2010 contre 6,93 millions de tonnes en septembre 2009, précise Oil World. La consommation mondiale d’huile de palme d’avril à septembre 2010 devrait croître fortement à 23,98 millions de tonnes contre 22,50 millions de tonnes sur la même période en 2010 et devrait ainsi absorber la hausse de la production attendue à 24,17 millions de tonnes. Sur cette période, les exportations devraient s’élever à 18,53 millions de tonnes. L’huile de palme sera dominante sur le marché des huit principales huiles végétales avec une part de marché de 63% entre octobre 2009 et septembre 2010.

RIZ En février, les cours mondiaux ont continué à baisser cédant 5% en moyenne, indique Patricio Méndez del Villar dans son rapport mensuel. Le recul s’explique par une offre asiatique abondante et l’arrivée de la nouvelle récolte dans les principaux pays producteurs. En revanche, la demande africaine et philippine est relativement faible. Selon Patrico Méndez, la reprise de la production 2009/10 en Afrique semble se confirmer avec une hausse de 5%`par rapport à 2008/10, principalement en Afrique de l’Ouest. En Afrique de l’Est, la production progresserait très faiblement. Les importations devraient être stables. En 2010, le marché devrait être très concurrentiel entre exportateurs asiatiques avec le retour en force de la Birmanie dont les exportations pourraient doubler cette année, avec 1,5 million de tonnes, conclut-il.

THE Le prix moyen du Broken Pekoe Ones a progressé cette semaine sur le marché aux enchères du Kenya à $3,94 le kilo contre $3,81 la semaine précédente. La production de thé au Kenya a grimpé de 48% en janvier (par rapport à janvier 2009) à 37,7 millions de kilos. Ls exportations se sont élevées à 39,2 millions de kilos, en hausse de 12%.
Au Burundi, les exportations de thé ont progressé de 27% en valeur en janvier par rapport à janvier 2009 à $908 552 pour 326 tonnes expédiées. Le prix moyen à l’exportation en janvier a grimpé à $2,78 le kilo contre $1,87 en janvier 2009. L’Office burundais du thé (OBT) prévoit une production de 7 600 tonnes en 2010, contre 7 000 tonnes en 2009.

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