05 avril 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

L’instabilité prévaut

(04/04/2013)

L’indice Thomson Reuters-Jefferies CRB, qui regroupe 19 matières premières, a encore baissé aujourd’hui pour la quatrième journée de marché consécutive, à son plus bas en 9 mois.

BOIS. Ces 15 derniers jours, les prix des grumes d’Acajou se sont inscrits en hausse comme le Beli, mais contrairement à l’Ayous et au Tali, rapporte le bulletin de l’Organisation internationale des bois tropicaux (ITTO, de son sigle anglais). Quant aux sciages de cette provenance géographique, certains Sipo et Padouk ont perdu du terrain.
Rien de bien étonnant sur un marché où les acheteurs européens demeurent encore très timides, même si des regains d‘intérêt ponctuels sur certaines essences commencent à se faire jour. La Chine devrait revenir à l’achat prochainement sur le marché des grumes, les prix devant alors se raffermir. Ceci devrait être particulièrement vrai de l’Okoumé dont les prix s’inscriraient sans aucun doute à la hausse si la demande se faisait un petit peu plus pressante, car les disponibilités seraient étroites.
Quant aux opérateurs européens, ils tentent de voir p lus clair dans la mise en œuvre du Règlement bois de l’UE (RBUE) et les exportateurs feraient leur possible pour fournir les documents voulus à leurs clients.

CACAO. Le cacao a terminé à la baisse, clôturant à $ 2 141 la tonne, les origines s‘inscrivant toujours à la vente tandis qu’une météorologie plutôt favorable à la campagne intermédiaire en Afrique de l’Ouest pèse sur toute velléité de hausse de prix.
La faiblesse de l’économie mondiale avec un nombre de demandeurs d’emploi en hausse aux Etats-Unis a pesé sur les cours de nombre de matières premières, aujourd’hui, dont le cacao.
Les arrivages de fèves aux ports ivoiriens ont atteint 1 026 000 t au 31 mars et ce, depuis le début de la campagne en octobre, selon les chiffres des exportateurs. Un niveau avoisinant les 1 047 364 t à la même période l’année dernière.
Au Ghana, les arrivages au 21 mars ont atteint 601 303 t depuis le 12 octobre, démarrage de la campagne, soit 15,9% en baisse par rapport à la même période en 2011/12, selon les chiffres du Cocobod. Le numéro 2 mondial du cacao projette de récolter 800 000 t de fèves, ce qui serait en baisse de 5% par rapport à la campagne dernière.
Le n°3 mondial, l’Indonésie, verrait, quant à lui, sa récolte faire un bond de 11% en 2013 en raison de meilleures pratiques culturales, bien que les récentes pluies puissent retarder la récolte. Dakhri Sanusi, secrétaire général de l’Association indonésienne du cacao (Askindo), a souligné à Reuters que la production en 2013 pourrait se situer entre 450 000 et 500 000 t contre 450 000 t en 2012. Pour sa part, l’Association indonésienne des exportateurs et industriels du café (AEKI) l’estime entre 650 000 et 700 000 t.

CAFE. Après avoir grimpé de quelque 2% hier, mercredi, l’Arabica s’est positionné à la baisse pendant une bonne partie de la journée, aujourd’hui, avant de clôturer en très légère hausse. Difficile de discerner une tendance globale… Quant aux Robusta, ils ont baissé par rapport à leur plus hauts, essentiellement sur la base de ventes techniques.

CAOUTCHOUC. Les cours du caoutchouc ont perdu plus de 3% de leur valeur jeudi clôturant à un plus bas de 4 mois et demi. La faiblesse des données américaines et la force u yen ont poussé les prix à la baisse tandis que les stocks sous contrôle du Shanghai Futures Exchange sont en Chine à un plus haut niveau de 3 ans incitant les acheteurs locaux à se tourner vers les stocks bon marché des entrepôts sous douane de Qingdao, estimés à environ 350 000 tonnes. ”Les utilisateurs chinois sont bien conscients de la tendance baissière actuelle des prix et achètent seulement au jour le jour”, indique Gu Jiong, analyste chez Yutaka Shoji Co à Tokyo. Ajoutant ”Nous avons besoin de nouvelles optimistes du côté macroéconomique pour changer cette tendance, mais le rapport plus faible que prévu de sur l’emploi aux Etats-Unis n’a pas aidé et ainsi que les prix du pétrole et des autres matières premières”_.

COTON Après avoir enregistré 18% de gains durant le premier trimestre 2013, les investisseurs, qui ont pris leur bénéfice, semblent être revenus sur le marché. New York a affiché deux séances consécutives de hausse, clôturant mercredi à 83,22 cents la livre pour le contrat de mai, gagnant 0,4% alors que la majorité des marchés chutaient avec la faiblesse des chiffres de l’emplois aux Etats-Unis ainsi que des statistiques indiquant un ralentissement de l’économie. Toutefois les ventes de coton américain étaient attendues en hausse.
Le Comité consultatif international sur le coton (ICAC) inique le 1er avril que si traditionnellement, les Etats-Unis étaient le premier fournisseur de la Chine avec encore 1,3 million de tonnes (Mt) en 2011/12, en hausse de 50 000 t sur la campagne précédente, l’Inde lui a ravi la première place en exportant 1,94 Mt. A mi-chemin de cette campagne, c’est l’Australie qui caracole en tête avec déjà 578 000 t exportées vers la Chine, soit plus que les volumes indiens ou américains. Du côté de l’Afrique, ses exportations vers la Chine représentent environ 10% des volumes importés par la Chine. En 2011/12, elles se sont élevées à 482 700 tonnes. Les trois premiers fournisseurs africains sont le Burkina Faso, le Cameroun et le Bénin. Durant les sept premiers mois de cette campagne en cours, le Mali, la Zambie et le Zimbabwe ont déjà expédié un total de 125 000 t vers le géant asiatique.

HUILE DE PALME. Des prix attractifs et une offre abondante, surtout en comparaison avec les huiles concurrentes comme le soja devraient accroître la demande mondiale d’huile de palme dans les prochains mois estime l’analyste Oil World. «Les fondamentaux de la consommation d’huile de palme et de palmiste sont très favorables pour le second semestre de 2012/13 avec l’insuffisance de l’approvisionnements pour les autres huiles et graisses ainsi que la réduction de prix » souligne Oil World. Mardi, l’huile de palme brute pour une livraison mai/juin était à $855 la tonne CAF Rotterdam contre environ $ 1100 la tonne pour l’huile de soja. Oil World estime ainsi que les importations mondiales d’huile de palme progresseront à 43,19 millions de tonnes (Mt) sur la période septembre 2012/octobre 2013 (contre 40,31 Mt sur la même période en 2011/12) et celles d’huile de palmiste à 3,39 Mt (contre 3,05 Mt). Enfin Oil World table sur une offre mondiale d’huile de palme et de palmiste de 42,8 Mt sur avril/septembre 2013, en hausse de 3,5 Mt par rapport à la même période en 2012.

RIZ. La hausse des stocks a exercé une pression baissière sur les prix du riz en Asie cette semaine. Prix qui devraient glisser encore davantage au cours des prochaines semaines dans un contexte de demande faible. Les prix du riz au Vietnam, deuxième exportateur mondial, ont étendu leurs pertes cette semaine. Le Viet 5% de brisures s’échangeait entre $390 et 395 $ la tonne contre $400 la semaine dernière $400 tandis que le 25% de brisures est tombé à $ 365 à $370 la tonne, base FOB, contre $375 ”Les prix devraient rester bas en mai, lorsque le programme de stockage se terminera (20 mai)” indique un négociant vietnamien à Ho Chi Minh-Ville. Le ministère vietnamien de l’Agriculture prévoit une production de riz paddy de 10,6 millions de tonnes. En Thaïlande, les prix se sont aussi repliés. Le Thaï 5% de brisures de riz blanc s’échangeait à $540 la tonne contre $545 la semaine dernière et devrait continuer à diminuer en raison de l’offre qui devrait être croissante, le gouvernement envisageant de vendre les stocks logés dans les entrepôts de l’Etat. Un haut fonctionnaire du ministère du Commerce a déclaré que le gouvernement avait l’intention d’ouvrir un appel d’offres pour vendre jusqu’à 500 000 tonnes de riz en Avril, mais il a refusé de donner plus de détails. Outre, le déstockage du gouvernement, les agriculteurs seront aussi probablement tentés de vendre certaines qualités de riz aux minotiers privés avec la suppression du gouvernement de 18 variétés de riz de son programme d’achat.

SUCRE. Ce sont les montagnes russes ! Après avoir chuté à un plus bas en près de trois ans, depuis juillet 2010, face à des disponibilités indiennes importantes, le sucre roux à New York a regagné du terrain aujourd’hui dans un contexte de regain d’optimisme lié aux mesures de stimulation monétaires au Japon qui contribueraient à rebooster la reprise.
Sur le marché du physique, les analystes s’attendent à un excédent mondial en 2012/13, le deuxième consécutif, et la production en 2013/14 s’annonce également en forte hausse.
L’Inde, deuxième producteur mondial et premier consommateur, n’obligera plus ses raffineries à vendre du sucre aux agences gouvernementales à des prix bonifiés et ne seront plus limités dans les volumes quelles peuvent mettre sur le marché libre, a expliqué aujourd’hui le ministre de l’Alimentation, K.V. Thomas. Cette annonce a, bien entendu, provoqué un mouvement de vente, tirant les cours mondiaux à la baisse.
Le Brésil et la Thaïlande, pour leur part, sont en train d’accroître leur production afin de réduire leurs coûts unitaires dans le cadre de ce qui semble être une guerre des prix. Une stratégie qui accroît encore la situation de surabondance sur le marché mondial, qui pèse sur les cours internationaux.
Dans sa dernière estimation, Czarnikow a augmenté l’excédent mondial pour la campagne 2012/13 qui s’établirait à 9,1 Mt alors que ses prévisions de novembre affichaient 7,8 Mt, en raison des perspectives de production améliorées au Brésil et en Inde. La production mondiale en 2012/13 est estimée à 184,2 Mt (180,6 Mt en 2011/12).
De nombreux analyste considèrent le seuil des 18 cts/lb comme le niveau le plus bas à long terme pour le sucre. Ce plancher se situerait entre les coûts de production brésiliens, près de 20 cts/lb et la parité d’éthanol d’environ de 17 cts/lb. En dessous de ce plancher, les usines seraient incitées à passer à la production d’éthanol sur une plus grande échelle.

THÉ. Des conditions climatiques favorables ont fait grimpé la production de thé au Kenya a grimpé de 109% à 38,5 millions de kilos en février par rapport à février 2011. Toutefois, les exportations sont en recul à 42,9 millions de kilos contre 44,7 millions en février 2012 en raison de la faiblesse de la demande selon le Tea Board of Kenya. Les principaux marchés d’exportation pour le Kenya sont le Pakistan, la Grande-Bretagne, l’Afghanistan, l’Egypte et les Emirats Arabes Unis.
Sur le marché aux enchères de Mombassa, 24,2 millions de kilos ont été vendus en février 2013, contre 20,8 millions sur la même période en 2012. Le prix moyen du thé a progressé à $3,13 le kilo contre $2,95 un an auparavant. L’amélioration de la demande sur la plupart des marchés consécutive à une anticipation d’une baisse de l’offre au premier trimestre en raison des conditions météorologiques sèches et chaudes ont favorisé la hausse des prix.

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