05 mai 2007 - 18:27 |

Les trésors cachés des matières premières africaines à la Foire de Paris

Poils de chèvre, bois de cocotier, corne de zébu, raphia…des produits à valeur ajoutée

5 mai 07 Les débouchés pour les matières premières ne sont pas toujours ceux auxquels on pense… Les secteurs de la bijouterie et des objets de décoration se développent et constituent aujourd’hui un marché, certes, étroit mais non négligeable car on recherche de plus en plus des articles originaux et exotiques. Les articles exposés à la Foire de Paris, qui se tient du 27 avril au 8 mai, dans les quelques 130 stands africains en sont l’illustration (voir nos vidéos ci-contre).
Ainsi, certains tapis du Maroc sont tissés, à partir d’une trame en coton, avec de la laine de mouton et brodés avec des poils de chèvre et de chameau. Les couleurs sont, elles aussi naturelles, locales, travaillées à partir de plantes et de pierres naturelles. Par ailleurs, au Salon, nombre d’œuvres d’artistes peintres étaient présentées, ces peintures étant réalisées sur des toiles de coton cultivé localement. Rappelons que l’Afrique de l’Ouest produit annuellement quelque un million de tonnes de fibres de coton.
Le peintre togolais Adoboè Akue (pour voir la vidéo, cliquer sur le blog) utilise des cadres en bois d’ébène ou en teck pour présenter ses peintures. L’ébène, explique-t-il, s’y prête mieux car son cœur est très noir avec d’autres parties plus claires, ce qui permet des jeux de couleurs. Il l’achète à des vendeurs qui « vont le chercher dans les forêts anciennes du Togo ». Mais l’ébène est « de plus en plus cher et rare » : une bille d’un mètre sur 15 coûte environ 15 euros au Togo, précise-t-il.
A La Réunion, Jérôme David fabrique des lampes en utilisant du bois de cocotier, du palmier royal ou encore du bois de tamarin. Ce dernier ressemble un peu à l’olivier et on ne le trouve qu’à la Réunion, en altitude. Le tamarin, de couleur jaune pâle à brun rouge, est très résistant à la flexion. L’artiste importe également du bois d’Afrique centrale, notamment du Gabon. La forme naturelle « très courbe » de ces bois lui permet de créer ce mouvement très abstrait pour ses lampes.
Dans un tout autre registre, la Gabonaise Estelle Ratanga et sa sœur créent des poupées décoratives et traditionnelles dont certains des costumes sont réalisés avec du raphia local. La fibre est très répandue à travers le pays notamment dans le Haut-Ogooué. Parallèlement, la fabrication au Niger de boîtes en peau de chèvre ou de mouton, décorées avec des teintures naturelles, font travailler plus de 13 coopératives, soit 2 800 personnes, et quatre tanneries. A Madagascar, Mada Corne propose sa fabrication de bijoux (colliers, bagues, etc.) en corne de zébu. Une corne dont la couleur varie « selon la région et son climat, la nourriture du bétail et le soleil. »
Au Zimbabwe, ce sont les pierres locales qui sont utilisée par l’artiste Vicky Ndandarika pour réaliser ses sculptures destinées à orner les jardins : la pierre choisie par elle est résistante au climat froid et aux gelées européennes car une grande partie de son chiffre d’affaire se fait à l’exportation.
Tous ces objets et tant d’autres (porte clés avec des graines de raphia, d’entada, d’os, etc.), mais aussi des produits alimentaires comme des sucres à la noisette ou à la pistache de Madagascar, du thé au coquelicot, du cacao créole, des baies de rose et du café vanille de La Réunion, témoignent combien les matières premières sont une source inépuisable d’inspiration et de marchés de niche….

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