05 mai 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

La politique de l’Inde fait chuter les cours du coton et du sucre


(03/05/2012)

CACAO Les cours du cacao se sont consolidés mercredi après une forte hausse mardi et demeurent fermes. Jeudi, ils se situaient à £ 1 565 la tonne à Londres et $ 2 314 la tonne à New York , des niveaux plus vus depuis la mi-mars.
Néanmoins les pluies abondantes qui se sont abattues sur la Côte d’Ivoire en mars et avril ont amélioré les perspectives de la récolte intermédiaire et des volumes importants sont attendus en juin. Ces dernières semaines, les acheteurs et exportateurs se plaignaient des faibles quantités de fèves et de leur qualité, en raison du vent sec, l’Harmattan, qui a sévi de novembre à mars. Les prix aux producteurs en Côte d’Ivoire progressent aussi soutenus par une demande ferme des broyeurs locaux et des négociants. Les arrivées dans les ports ivoiriens se sont établies à 1 081 000 tonnes au 30 avril.
Au Ghana, il y aurait un écart de 70 000 t de fèves entre les achats officiels du Cocobod réalisés auprès de ses acheteurs licenciés et ses volumes en stock. Un écart jugé important, qui peut s’expliquer par la volonté des acheteurs de gonfler leurs volumes déclarés afin d’avoir de la trésorerie, mais qui inquiète le Cocobob quant à sa réputation. Une enquête est engagée par l’autorité de régulation.

CAOUTCHOUC Les cours du caoutchouc ont clôturé à un plus haut de trois semaines mercredi avec une offre toujours étroite des pays producteurs, le contrat de d’octobre gagnant 1,9 yen à 315,8 yens le kilo. C’est la seconde semaine consécutive de hausse, le marché maintenant son élan après avoir brisé la résistance de 310 yens, les statistiques économiques tant de la Chine que des Etats-Unis alimentant un certain optimisme sur la demande. Toutefois, des gains futurs pourraient être limités. ”La prochaine cible est de 320 yens, mais je pense que le marché sera plafonné autour de ce niveau. Un facteur fondamentalement baissier est qu’il y a encore d’amples stocks de caoutchouc au Japon”, a déclaré un trader basé au Japon. Les négociants estiment que la reprise des approvisionnements de caoutchouc dans les pays producteurs ont été lents ces dernières semaines, alors même que les producteurs en Thaïlande et en Malaisie ont repris la saignée des arbres après la fin de la saison sèche. Les marchés financiers au Japon sont fermés jeudi et vendredi pour les fêtes nationales et rouvriront lundi.

COTON Dans marché marqué par une faible activité, les cours du coton glissent affectés par la décision de l’Inde mais aussi plus globalement l’appréciation du dollar et la publication de statistiques tant en Europe qu’aux Etats-Unis compromettant la reprise économique. Lundi, l’Inde a décidé de lever totalement son embargo sur ses exportations de coton, en vigueur depuis le 5 mars, ouvrant la voie à des volumes plus importants sur le marché qui souffre déjà de trop de coton. Des cotons indiens, dont les prix sont compétitifs, pourraient trouver preneurs en Chine. Un nouveau coton d’importation pourrait être décidé en mai.
La Chine représentera plus de 50% des importations mondiales de coton en 2011/12 tandis que les importations du reste du monde devraient diminuer de 18% à 40,2 Mt, souligne le Comité consultatif international du coton (CCIC). Ces importations massives de la Chine, estimée à 4,5 Mt, soutiendront les échanges mondiaux de coton en 2011/12, qui devraient, selon le CCIC, progresser de 13% en 2011/12 à 8,6 Mt, soit leur plus haut niveau en six ans.
En Australie, troisième exportateur mondial, la production de coton en 2011/12 devrait dépasser le record de 2010/11 et atteindre entre 4 et 4,5 millions de balles.

HUILE DE PALME Suite à la publication de statistiques décevantes tant aux Etats-Unis qu’en Europe laissant planer un doute sur les reprise de l’économie mondiale et sur la demande de matières premières, les cours de l’huile de palme ont touché un plus bas de 3 417 ringgits la tonnes, soit sont plus bas niveau depuis le 23 mars. Toutefois, les fondamentaux demeurent haussiers avec une offre étroite et des stocks bas, tombés en dessous de 2 millions de tonnes en mars. La demande semble pour l’instant bonne avec des exportations de Malaisie qui ont progressé de 9,4% selon Interlek Testing Services et de 10,4% pour la SGS en avril.
L’Indonésie a relevé pour le 1er mai sa taxe à l’exportation de l’huile de palme brute de 18% en avril à 19,5% et celle de l’oléine de palme de 9 à 10%

SUCRE Les cours du sucre roux sur le marché de New York sont tombés à un plus bas d’un an mercredi à $20,50 la livre. La décision, mercredi, de l’Inde, deuxième producteur mondial, de lever toute limitation sur les exportations de sucre vont peser sur le marché déjà en surplus et accentuer à la baisse les cours du sucre. L’Inde avait déjà approuvé 3 millions de tonnes (Mt) d’exportations jusqu’au 30 septembre 2012. Le pays pourrait donc mettre sur le marché international 1 Mt supplémentaire. Une décision de l’Inde qui intervient alors que la récolte du premier producteur mondial, le Brésil, démarre et que l’offre de la Thaïlande et du Pakistan est généreuse. L’Organisation internationale du sucre (OIS) estime que le surplus pourrait atteindre 5,17 Mt en 2011/12, voir 6 Mt avec une hausse plus importante de la production en Chine et en Thaïlande. L’organisation internationale estime la campagne 2012/13 devrait être à nouveau en surplus, estimé à 3 Mt.

THE Le prix moyen sur les ventes aux enchères de thé de Mombassa au Kenya a chuté $3,47 le kilo, contre $ 3,53 la semaine dernière. Les volumes échangés s’inscrivent en baisse à 94 798 lots contre avec 100 7226 lots la semaine dernière. Les Best BP1 se sont vendus à $3,20-3,74 contre $3,20-3,86 et les Best Pekoe Fanning Ones à $3,23-$3,52 contre $3,32-3,46. La demande est élevée pour le Pakistan, le Yemen et le Moyen-Orient et plus d’activité est observée de la part de l’Egypte et du Royaume-Uni avec une demande sélective.
Les exportations de thé du Kenya ont progressé de 10% au premier trimestre à 118,1 millions de kilos tandis que la production a chuté d 15% à 72 millions de kilos en raison de la sécheresse et du gel.
Les recettes d’exportation de thé au Burundi ont progressé de 20% au premier trimestre 2012 à $6,92 millions avec 2 485 768 kilos exportés.

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