05 mai 2017 - 09:45 |

La Chronique Matières du Jeudi (04/05/2017)

Le dollar a été très ferme en début de semaine, stimué par l'annonce du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, de la possibilité d'émettre des bons du Trésor américains sur des périodes ultra longues, puis le billet vert a reperdu. Côté Asie, le Tokyo Commodity Exchange est fermé depuis mercredi pour les fêtes de la Semaine d'or tandis que dans bon nombre de pays à travers le monde -à l'exception notable des Etats-Unis, lundi était ferié pour la Fête du Travail.

CACAO

Finalement, le cacao a enregistré un rebond à la clôture des marchés hier soir, jeudi. A Londres, la tonne a terminé à £ 1 440 sur l'échéance juillet contre £ 1 435 il y a une semaine. Ceci dit, mercredi, elle avait terminé à  £ 1 390, son plus bas en 5 ans. A New York, le cacao côtait hier soir $ 1 839, certes en baisse par rapport aux $ 1 841 vendredi dernier, mais nettement mieux que les $ 1 780 de mercredi soir après cinq séances consécutives de glissade.

La tendance demeure lourde avec des volumes considérables de cacao sur le marché. Les arrivages aux ports ivoiriens d'Abidjan et de San Pedro se poursuivent à un rythme soutenu, les exportateurs les estimant à 1 496 000 t entre le 1er octobre et le 30 avril, contre 1 260 000 t sur la même période la campagne dernière. Mais, dans les régions de production, on s'inquiète car il fait chaud et on manque de pluies, ce qui pourrait impacter la récolte intermédiaire.

Le Ghana, quant à lui, continue d'annoncer des mesures afin de redynamiser sa filière. Hier, le président du Cocood Hackman Owusu-Agyemang a déclaré envisager une décote, éventuellement de 5%, sur le cacao premium acheté par les transformateurs locaux. Récemment, il avait été annoncé l'introduction de l'irrigation et la pollinisation à la main des semis de cacao afin de booster la production et atteindre l'objectif du million de tonnes d'ici 2020.

Au Cameroun, cinquième producteur mondial, le prix bord champ est demeuré stableen avril mais à de faibles niveaux, selon des producteurs et exportateurs interrogés par Reuters. Les prix sont moitié de leurs niveaux d'il y a un an, à FCFA700-950 le kilo.

En Indonésie, les exportations de fèves de Sulawesi ont baissé à 3 789 t en avril, en chute de 22% par rapport à avril 2016, selon l'industrie. C'est également légèrement inférieur aux 3 886 t expédiées en mars.

Côté demande, si le négoce estime que les broyages en Asie devraient continuer à se développer, ils soulignent qu'il faudra aussi un regain de demande sur les marchés européens et nord-américains pour renouer avec des prix soutenus.

Côté entreprises, Mondelez International a annoncé hier des bénéfices trimestriels et des ventes supérieurs aux attentes du marché, stimulés par de bonnes performances de ses marques de chocolat, notamment Cadbury Dairy Milk et Milka, ainsi qu'une meilleure politique de prix de ses produits sur les marchés latino-américains et, globalement, des coupes dans les dépenses. Cependant, ses revenus globaux ont baissé, tiré par une faible croissance des volumes sur le segment biscuiterie en Amérique du Nord, un dollar fort et des changements dans les habitudes des consommateurs. Ses revenus nets ont atteint $ 6,41 milliards sur le trimestre.

D'autre part, le négociant suisse Ecom a reçu le feu vert de l'autorité alemande des cartels pour acheter le boyeur allemande fèves Euromar Commodities qui s'est déclaré en décembre dernier insolvable (lire nos informations). La production dans l'usine en Allemagne pourrait redémarrer prochainement.

CAFE

Le Robusta s'est inscrit à la hausse sur trois séances consécutives sur le marché à terme de Londres mais a terminé hier soir, jeudi, en baisse, à $ 1 992 la tonne ; il était à $ 1 946 vendredi dernier. En revanche, à  New York, l'Arabica a gagné légèrement sur la semaine, clôturant hier à $ 1,3495 la livre contre $ 1,334.

Notons que le Brésil a exporté 1,93 million de sacs de 60 kg (Ms) en avril, en forte baisse par rapport aux 2,23 Ms exportés en avril 2016, selon les chiffres du ministère du Commerce extérieur.

Au Honduras, les exportations ont augmenté de 15,2% en avril par rapport à avril 2016, à 821 318  sacs de 60 kg contre 713 122 sacs. D'octobre à avril, les expéditions ont totalisé 4,04 Ms, soit 32,5% de plus que sur la même période la campagne dernière.

En Asie, les marchés du café à l'export ont été plutôt calmes cette semaine. Le Robusta Grade 2, 5% brisures et grain noir, du Vietnam s'est vendu à prime de $ 20-30 contre $ 40-50 la semaine dernière car les prix à Londres ont grimpé. A noter que les planteurs font toujours de la rétention, espérant des hausses plus conséquentes.

Les exportations du Vietnam sont estimées avoir été de 604 000 t sur les quatre premiers mois de l'année, en baisse de 8,8% par rapport à l'année dernière, a annoncé le gouvernement. En avril, les exportations ont atteint 150 000 t, nettement au-delà des attentes du marché qui estimait qu'elles seraient entre 100 000 et 130 000 t.

Quant à l'Indonésie, la décote par rapport aux cours de Londres s'est agravée, le Robusta Grade 4, 80 défauts, trouvant acheteur à -$40-80 contre -$40-50 la semaine dernière. En revanche, côté volumes, la région de Lampung a enregistré un bond de 140% de ses volumes exportés de Robusta en avril par rapport à avril 2016, à 11 495 t contre 4 786 t l'année dernière. Cependant, par rapport aux 16 789 t exportées en mars 2017, les exportations en avril ont baissé.

CAOUTCHOUC

La semaine a été perturbée par les différents jours fériés sur le marché international du caoutchouc, lundi 1er mai pour la Fête du Travail notamment chez le plus gros acheteur mondial de caoutchouc naturel, la Chine, puis de mercredi à vendredi le Tokyo Commodity Exchange, marché à terme leader du caoutchouc, pour les fêtes de la Semaine d'or.

Ceci dit, à Kuala Lumpur hier soir, le caoutchouc a glissé de 4,4% sur le marché à terme de Kuala Lumpur, en phase avec le sentiment très baissier constaté aussi sur le marché de Shanghai. Une baisse contenue, cependant, par la faiblesse du ringitt face au dollar qui rend très attractifs les achats de caoutchouc naturel en Malaisie.

Mais toute la semaine n'a pas été baissière pour le caoutchouc naturel sur les marchés asiatiques, loin s'en faut. Lundi et mardi, alors que le marché à terme de Tokyo était ouvert, le caoutchouc a grimpé à son niveau de prix le plus élevé en deux semaines, réagissant à la fermeté du marché financier de Shanghai, à la faiblesse du yen face au dollar, sans oublier les fortes pluies au sud de la Thaïlande et dans certains pays asiatiques producteurs, ce qui inquiète les producteurs.

COTON

Trois jours de gain suivis d'un jour de perte pour terminer, jeudi, en hausse. Tel a été le jeu de yo-yo auquel s'est livré le coton cette semaine sur le marché à terme américain.

Les tornades et les pluies torrentielles qui se sont abattues sur les Etats-Unis, notamment sur la ceinture cotonnière, ont fait grimper le prix de la fibre lundi et mardi, mais faiblement. D'une part, les pluies, aussi violentes soient-elles, ont été considérées par certains comme plutôt bénéfiques en cette période. D'autre part, on est seulement au démarrage de la période d'ensemencement, même si 14% des superficies consacrées au coton sont déjà plantées au 30 avril dans 15 Etats producteurs des Etats-Unis contre 11% à pareille époque l'année dernière, selon les chiffres du Département américain de l'Agriculture (USDA).

La situation s'est ensuite apaisée, faisant redescendre les prix. Gabriel Crivorot, de la Société Générale à New York, a même confié à Reuters qu'en définitive, les conditions de culture seraient plutôt bonnes dans les principales régions de production à travers le monde, que ce soit aux Etats-Unis, plus précisémment au Texas, en Chine et en Inde même si là, les conditions ne seraient pas aussi propices.

Jeudi, ce serait plutôt l'annonce de bonnes ventes de coton à l'export aux Etats-Unis qui auraient soutenu les prix, les volumes de transaction à terme demeurant cependant faibles. Sur l'échéance mai, la livre de fibre blanche a clôturé hier soir à 80,83 cents contre 78,87 cents vendredi dernier.

Lundi, le Comité consultatif international du coton (CCIC) a révisé à la hausse ses prévisions mondiales pour la campagne 2017/18, à 23,58 Mt contre 23,12 Mt avancées en avril s'agissant de la production, 24,55 Mt contre 24,42 Mt la consommation, 8,09 Mt contre 8,06 Mt les importations, les stocks de fin de campagne étant maintenant estimés à 16,41 Mt contre 16,55 Mt en mars. En 2016/17, les prévisions étaient de l'ordre de 17,37 Mt, avec une production estimée à 22,76 Mt, une consommation à 24,11 Mt et des importations de 7,95 Mt.

La Chine poursuit ses ventes de coton. Mardi, Pékin a vendu aux enchères 21 800 tonnes(t) aux enchères, soit 72% des voluems mis en vente, au prix moyen de $ 2 183 la tonne. Le lendemain, 19 400 tonnes (t) ont été vendues, soit 64,57% des volumes proposés au prix moyen de $ 2 195 la tonne. Jeudi, c'était 17 700 tonnes (t) , soit 59% des volumes mis en vente, au prix moyen de $ 2 206 la tonne.

A noter que, dans ce pays, l'ensemencement de coton OGM l'année dernière aurait baissé de 24%, selon une étude du International Service for the Acquisition of Agri-Biotech Applications (ISAAA).

HUILE DE PALME

L'huile de palme a, en définitive, terminé en hausse hier soir sur le marché à terme de Kuala Lumpur, à $ 586 la tonne contre $ 578 à la clôture vendredi dernier, après avoir enregistré mercredi sa plus forte chute en une semaine. Rappelons que durant les trois semaines précédentes, de façon consécutive, le prix de l'huile de palme avait baissé.

Ce rebond jeudi est lié à la faiblesse du ringitt -ce qui rend attractif l'achat de l'huile, mais aussi de bonnes performances sur le marché de son rival, l'huile de soja. La veille, mercredi, l'huile de palme avait chuté car le ringitt caracolait à son niveau le plsu élevé depuis 5 mois et demi face au dollar.

Un mouvement haussier qui devrait trouver ses limites dans le gonflement des stocks en avril, ce qui pèse sur les cours, ainsi que dans la perspective d'une production mondiale plutôt en hausse cette année. Un marché qui continue à avoir les yeux rivés sur l'approche du Ramadan, qui démarrera cette année fin mai.

Sur le mois d'avril, les exportations de Malaisie ont augmenté de 4,6%, à 1 125 942 t contre 1 076 240 t en mars, selon Intertek Testing Services.

Côté Union européenne, au 2 mai, les importations d'huile de palme ont été de 4,7 Mt depuis le début de la campagne 2016/17, en chute de 17% par rapport à la même période la campagne dernière. L'huile de soja a connu la même tendance baissière, mais pas aussi prononcée, glissant de 7% sur la même période, à 11,2 Mt, selon les chiffres officiels publiés.

RIZ

Les prix du riz sur les marchés asiatiques se sont inscrits à la hausse cette semaine. L'approvisionnement d'Inde est faible et la récolte en Thaïlande ralentit, tandis que les marchés vietnamiens étaient calmes après 3 jours de congés.

Les brisures 5% parboiled d'Inde ont gagné $ 7, à $ 394-399 la tonne, les agences gouvernementales étant particulièrement actives sur le segment du paddy. A l'export, le négoce doit faire avec la fermeté de la roupie qui a gagné environ 6% depuis le début de l'année et s'échange face au dollar à son plus haut en 21 mois.

En Thaïlande, les brisures 5% ont gimpé à $ 380-390 la tonne FOB Bangkok contre $ 360-375 la semaine dernière. Les exportateurs cherchent du riz pour honorer leurs contrats. Notons que le pays a exporté 3,87 Mt depuis le début de l'année, en hausse de 12% par rapport à la même période l'année denrière, selon les chiffres du ministère du Commerce.

Quant au Vietnam, les brisures 5% ont trouvé preneurs à $ 350-352 la tonne FOB, contre $ 350 la semaine dernière. Le pays a exporté 1,84 Mt entre janvier et avril, en baisse de 8,8% par rapport à la même période l'année dernière.

SUCRE

Le sucre roux a terminé en baisse hier soir, sur le marché à terme de New York, à 15,37 cents la livre contre 16,13 cents vendredi dernier. Le sucre blanc lui a emboîté le pas sur le marché de Londres, terminant à $ 442,50 la tonne sur août parti de $ 459,50 il y a une semaine.

C'est toujours la perspective d'une bonne récolte au Brésil qui pèse sur le marché. A noter aussi que les négociations sucrières entre les Etats-Unis et le Mexique sont dans une impasse, les négociateurs des deux bords ayant décidé de reporter au 5 juin la date butoir pour parvenir à un accord. Les Etats-Unis ont annoncé à leurs interlocuteurs mexicains que si un accord n'était pas atteint alors, ils recommenceraient à collecter des droits anti-dumping et anti-subvention sur les importations de sucre mexicain. Côte mexicain, on souligne que des demandes "excessives" de la part des producteurs et raffineurs nord-américains auraient bloqué un éventuel compromis.

Rappelons que c'est à la fin de l'année dernière que l'industrie du sucre aux Etats-Unis a demandé au Département du Commerce de se retirer de l'accord de 2014 qui fixe les prix et les quotas à l'importation de sucre mexicain aux Etats-Unis, à moins que l'accord ne soit renégocié.

Rappelons aussi que le Mexique est le premier fournisseur de sucre de son voisin, un marché très convoité de 12 Mt pour lequel chaque année, Washington accorde des quotas d'exportation à uen quarantaine des pays producteurs. Cette année, le Mexique devrait couvrir un tiers des importations des Etats-Unis.

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