05 juin 2008 - 22:49 |

Les "greniers à blé" africains mis aux premières loges

Un accord quadripartite signé à Rome se veut novateur en matière de développement agricole africain

(05/06/08)

Hier, 4 juin, lors de la Conférence de haut niveau de la FAO sur la Sécurité alimentaire mondiale, un protocole d’accord a été passé entre l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (connue sous son acronyme anglais AGRA), la FAO, le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM). Il s’agit, souligne le communiqué, de stimuler de manière significative la production alimentaire dans des régions considérées comme les “greniers à blé” de l’Afrique, de relier la production alimentaire locale aux besoins, et de travailler dans les principales zones de cultures agricoles en Afrique – ou dans des zones agroécologiques – afin de créer des opportunités pour les petits paysans.
Parmi les défis à relever pour accélérer la production alimentaire en Afrique, il a été noté le faible développement des marchés, le manque d’investissement et les infrastructures défaillantes dans les zones rurales ont été cités.
Pour les signataires, cet accord marque un changement significatif dans la manière de travailler avec les petits paysans. Ce nouveau partenariat vise à faire la différence en optimisant la production alimentaire dans les zones aux conditions relativement favorables (précipitations, sols, infrastructures, et marchés), les zones considérées comme des “greniers à blé”. Plus d’investissements sont nécessaires aussi bien pour l’agriculture pluviale qu’irriguée.
Les investissements sont également nécessaires pour avoir de nouvelles variétés adaptées, un meilleur accès aux semences et aux engrais, des méthodes de gestion de lutte intégrée contre les ravageurs sans nuire à l’environnement, pour réduire les pertes après récolte, et pour améliorer les infrastructures rurales, particulièrement les routes et les moyens de communication.
La priorité sera donnée à la surveillance attentive de l’environnement et à la conservation de la biodiversité, de l’eau et de la terre. Chaque agence fournira une expertise unique pour la réalisation d’une révolution verte durable d’un point de vue économique et environnemental qui devrait mettre fin à l’éternelle crise alimentaire du continent.
En tant que principal acheteur de nourriture en Afrique et dans les pays en développement, le PAM emploiera son pouvoir d’achat pour favoriser cette révolution verte en Afrique et développer le marché, ce qui devrait stimuler la production agricole. L’année dernière, le PAM a acheté une quantité record de nourriture, pour une valeur de $ 612 millions, dans 69 pays en développement dont 253 millions en Afrique, particulièrement en Ouganda, au Soudan, au Kenya, en Zambie et au Malawi. De 2001 à 2007, le PAM a acheté pour plus de $ 1,2 milliard de nourriture sur les marchés locaux en Afrique.
Le nouveau partenariat ainsi conclu fera progresser l’objectif du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (CAADP) du Nouveau partenariat pour le développement africain (NEPAD) qui vise à réaliser un taux de croissance annuel d’au moins 6 % de la production agricole d’ici à 2015, souligne encore le communiqué.

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