05 juin 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Le dollar fait la pluie et le beau temps

En ce début de semaine, les cours du dollar ont été une variable déterminante sur les marchés des matières premières. le sucre, le café, le coton … ont été poussés par la faiblesse du billet vert, qui a atteint son plus bas niveau depuis la faillite de Lehmann Brothers en septembre 2008. Avec son appréciation le 3 juin, les cours ont reculé.

BOIS Un certain frémissement anime sur le marché du bois en Afrique. Le marché est stable, mais on observe à la fin des changements mineurs de prix constate ITTO. Pour les grumes, le commerce avec l’Asie s’est repris avec un possible accroissement de l’activité attendue par les producteurs et les exportateurs. Certaines difficultés sont même constatés pour certaines espèces, comme le padouk et le belli, poussant les prix à s’apprécier. ITTO souligne aussi que la demande pour l’Okoumé est bonne. Cependant, la plupart des prix sont inchangés et une à deux espèces, comme le Bibolo/Dibétou et le Niove sont en recul.
Le marché européen est toujours très calme, les importateurs poursuivant le déstockage.
Au Ghana, les exportations des produits du bois sont en fort déclin au premier trimestre 2009 tant en volume qu’en valeur : € 30 millions, soit une baisse de 34,7% par rapport au premier trimestre 2008 et 93 424 m3 (-31,4%). La demande des principaux marchés (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni et Etats-Unis) est faible.

CACAO Contrairement aux autres marchés, le cacao a clôturé sur une note positive le 3 juin gagnant $60 à $ 2 757 la tonne l’échéance septembre à New York et £48 à £ 1746 la tonne à Londres. Les cours ont bénéficié du recul de la livre sterling.
Les arrivées dans les ports de Côte d’Ivoire ont atteint 1 021 200 tonnes au 31 mai, selon les exportateurs, contre 1 162 000 t sur la même période l’année dernière. Les fréquentes et importantes pluies qui se sont abattues dans les principales régions de production la semaine dernière fait craindre aux producteurs une réapparition de la maladie des cabosses : la pourriture brune. Les prix aux producteurs dans les principales régions de production en Côte d’Ivoire se sont appréciés cette semaine. Les prix au port d’Abidjan se sont établis en moyen à FCFA 630 le kilo, certains broyeurs offrant FCFA 680. La semaine dernière, les prix étaient compris en FCFA 570 et FCFA 625. «Les broyeurs achètent de grandes quantités de fèves et ils est difficile pour les exportateurs de se procurer des montants importants de fèves aux standard international» souligne un exportateur.
Au Cameroun a été officiellement lancé le week-end dernier « Infoshare », un système d’information sur la production, la qualité et les prix du cacao et du café. L’objectif de mieux armés les producteurs dans leur négociation avec les intermédiaires et donc d’augmenter leur revenu. Les informations seront diffusées par Internet, les téléphones portables et les stations des radios locales.
Le directeur exécutif de Cadbury en Inde, Anand Kripalu, estime que l’Inde pourrait produire 150 000 tonnes de cacao par an dans les Etats du Sud, comme celui de Kerala, d’ici à 2020. Actuellement, elle n’en produit que 10 000 tonnes par an. C’est aussi l’intérêt de la firme multinationale qui appuie la recherche agronomique indienne et apporte un soutien technique aux producteurs pour améliorer le rendement du cacao mais aussi des noix de coco. Très présent sur le marché du chocolat indien avec une part d’environ 70%, 25% revenant à Nestlé, et avec une forte croissance de ses bénéfices (+30%) et de ses ventes (+20%), Cadbury en s’approvisionnant sur place en fèves de cacao gagnerait en profitabilité, les importations de fèves étant taxées à 30%. Et le marché du chocolat devrait afficher une belle progression avec le développement de la classe moyenne. En outre, l’Inde fait partie des pays au monde avec le plus faible taux de consommation de chocolat par tête.

CAFE La fermeté du dollar le 3 juin a fait baisser les cours du café après la forte hausse sur le marché de New York, à un plus haut depuis 8 mois, ne poussant pas les torréfacteurs aux achats. Mais c’est une correction de courte vue souligne Commerzbank car la production du Brésil et de la Colombie est attendue en baisse. «Comme la consommation mondiale de café devrait augmenter de 1,2% cette année, en dépit de la crise économique, nous anticipons que le prix pour l’Arabica pourrait approcher bientôt de son niveau haut de 11 ans à $1,65 la livre» précise le rapport de la Commerzbank.
L’offre en provenance de Colombie est toujours très tendue avec un différentiel de prix important. «Le café colombien est maintenant dans sa propre galaxie, découplé du reste du marché du café en raison de ses offres courtes” estime un trader. Cependant, ces deux derniers jours ont a assisté à une forte baisse ,30 cents, du différentiel, qui demeure élevé. Une baisse principalement attribuable à la fin de la spéculation intérieure, selon un courtier. Le différentiel élevé pousse les torréfacteurs à se tourner vers d’autres origines, notamment d’Afrique de l’Est. Mais ceci ne pourrait être que transitoire et ce d’autant plus que l’on trouve du café frais colombien toute l’année, ce qui n’est pas le cas pour les origines africaines. En revanche, le 100% Colombie devrait devenir rare, souligne un courtier.
Selon le département américain de l’Agriculture (USDA), la production au Brésil en 200910 devrait s’établir à 43,5 millions de sacs de 60 kilos, soit en recul de 15% par rapport à 2008/09. Chute consécutive au cycle de production bisannuelle des caféiers Arabica. Les exportations reculeraient de 7% à 28,1 millions.
Les arrivées de café Robusta en Côte d’Ivoire sont en forte progression. Selon les données des exportateurs, les arrivées se sont élevées à 115 316 tonnes au 24 mai, contre 66 000 tonnes sur la même période l’année dernière.

CAOUTCHOUC Les contrats à terme de la Bourse de Tokyo pour le caoutchouc ont reculé le 3 juin, clôturant à 170,6 yens le kilo. Ils ont décroché par rapport au pic de trois semaines affiché la veille (176,2 yens) dans le sillage de la réduction des gains du pétrole suite à une baisse des stocks américains plus forte que prévu.
Un pool d’analystes et de négociants interrogés par l’agence Reuters estime que le prix médian à Tokyo s’établirait à 175 yens le kilo à la fin juin. Les achats des fabricants de pneumatiques, la demande toujours soutenue du principal consommateur la Chine, une offre tendue des pays du sud-est asiatique, au moins jusqu’en juillet, et des prix du pétrole relativement élevés devraient pousser les prix du caoutchouc à la hausse en juin.
Cependant, l’International Rubber Study Group estime que la consommation mondiale de caoutchouc devrait reculer de 7% en 2009 à 20,8 millions de tonnes. Pour 2010, l’IRSG prévoit une hausse de 2,7% à 21,4 Mt.

COTON Après trois séances consécutives de hausse, le coton a effacé tous ses gains le 3 juin avec la reprise du billet vert. Le coton a perdu 5% de sa valeur, le contrat juillet clôturait à 55,84 cents (-2,81 cents) et celui de décembre à 59,93 cents (-2,59 cents).
Mambo Commodities souligne qu’on observe de grandes disparités sur le marchés physique avec des prix du coton encore élevés en Ince avec une roupie ferme et à l’inverse des prix revus à la baisse en Chine pour écouler les stocks (le pays ayant décidé de vendre une partie de ses réserves) auprès des filatures locales.

RIZ Les cours du riz au mois de mai sont restés orientés à la baisse souligne Patricio Mèndez del Villar dans son rapport mensuel du marché mondial du riz Osiriz. _«Les disponibilités exportables sont importantes et la demande demeure faible car les acheteurs anticipent de nouvelles baisses. L’incertitude persiste sur un retour rapide de l’Inde sur le marché d’exportation»-. Ce retour de l’Inde pourrait, mais ce n’est pas automatique, provoquer un effondrement des cours mondiaux. De leur côté les autorités indiennes affirment qu’il n’y aura pas des mises en marché massives et que le riz indien ne sera pas bradé.

SUCRE Kingsam a revu à la hausse le déficit de l’offre sur le marché mondial du sucre. Dans son dernier rapport, il estime que le déficit 2009/10 (mars 2010) devrait s’élever à 4,5 millions de tonnes, contre 2,5 Mt dans sa précédente estimation. Le déficit a été aussi augmenter pour 2008/09 à 14,5 Mt contre 11,5 Mt précédemment. L’analyste souligne que la demande demeurera soutenue dans les puissances économiques, comme l’Inde et la Chine,mais que les producteurs majeurs, le Brésil et l’Inde, ne pourront y répondre.
De son côté Czarnikox estime le déficit mondial en 2009/10 à 6Mt et à révisé son déficit 2008/09 à 15,6 Mt suite à la baisse record de la production. Elle pourrait reculer de 20 Mt à 150,6 Mt.
Quant au marché mondial de l’éthanol devrait accuser cette année un déficit, d’environ 513 millions de litres, après un excédent de 1,036 milliard en 2008. Les Brésiliens ont privilégié le sucre, les cours ayant progressé de 33% cette année tandis que deux de l’éthanol diminuaient de 7 à 9%, selon Alister Smith analyste à Kingsman SA. Sur les deux dernières années, la consommation d’éthanol a progressé d’environ 30% pour s’établir à plus de 72 milliards de litres. «En 2009, nous prévoyons une réelle contraction dans le niveau de croissance à seulement 10%» souligne Alister Smith. En oute, il estime que le Brésil devrait utiliser à hauteur de 57% sa production de cane à sucre pour produire de l’éthanol en 2009, soit une baisse de 60% par rapport à 2008. Ainsi les exportations d’éthanol du Brésil reculeraient de à 3,6 milliards de litres, soit 5 milliards de moins qu’en 2008.
La Maputo Ports Development Company (MPDC) devrait investir $14 millions pour accroître la capacité du terminal sucrier du port de Maputo au Mozambique et la porter à 750 000 tonnes contre 20 000 t actuellement. Ce projet s’inscrit dans une perspective régionale avec l’Afrique du Sud, le Swaziland et le Zimbabwe. Le Mozambique compte exporter d’ici juillet 195 000 t de sucre sur le marché européen dans le cadre de l’initiative « Tout sauf les armes ».
Au Zimbabwe, la production de sucre s’est abaissée de 15% à 297 662 tonnes (avril 08 à mars 09) contre 348 670 t, selon Steve Frampton, directeur général de Sugar Sales. Une chute imputable surtout au manque de disponibilité d’inputs (charbon, engrais ..) et aux coupures d’électricité. En dépit de la baisse de la production, les exportations vers l’Europe se sont accrues s’élevant à 86 880 t contre 55 910 t sur la période précédente.

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