05 juillet 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Abolition des quotas sucre par l’UE et les pays ACP

(05/07/2013)

CACAO. Les cours du cacao se sont inscrits à la hausse en cette fin de semaine à la Bourse de Londres, essentiellement sur des facteurs techniques de marché. En outre, certains s’inquièteraient d’une insuffisance de pluies au Ghana et du faible volume que le numéro deux mondial met sur le marché. Quant à la Côte d’Ivoire, il y aurait encore beaucoup à faire sur la nouvelle récolte, les estimations de volumes de ventes anticipées étant de l’ordre de 575 000 à 625 000 t, souligne Eric Sivry du courtier Marex Spectron.
Cette semaine, le ratio du beurre de cacao, élément essentiel pour la fabrication du chocolat, a augmenté face à une forte demande de produits de la part des industriels et confiseurs. Rappelons que le prix du beurre de cacao est calculé en appliquant un ratio par rapport à la fève : cette semaine, le beurre était 2,25 fois le prix des fèves de cacao sur le rapproché à Londres contre 2,22 la semaine dernière.
Dans les pays producteurs, l’association du cacao au Nigeria a annoncé lundi attendre cette campagne une récolte en hausse de 40% et atteindre 280 000 t, grâce à une bonne pluviométrie. En 2013/14, la production devrait encore augmenter de 15%, pour s’établir à 320 000 t.
En Côte d’Ivoire, les exportations de produits semi-finis ont totalisé 257 969 t entre octobre et mai 2012/13, en hausse de 15% par rapport à la même période en 2011/12. Rappelons que sa capacité de transformation est de 532 000 t, faisant du premier producteur mondial le plus important broyeur également, devançant depuis 2010 les Pays-bas en terme de capacités mais non de production effective. Sur cette même période d’octobre à mai, ses exportations de fèves ont totalisé 931 074 t, selon les chiffres provisoires portuaires, en hausse de 9%. Au 30 juin, les arrivages auraient totalisé 1 326 000 t, selon les estimations des exportateurs.

CAFE. Le Robusta, coté sur le marché de Londres, a été le seul à être actif hier, l’Arabica subissant la fermeture du marché de New York en raison du 4 juillet, fête nationale.
Hier, les Robusta du Vietnam ont atteint leur prime la plus élevée depuis 2011 par rapport au prix de référence du marché à terme de Londres. Cette prime est en hausse depuis que des pluies incessantes perturbent la livraison de café en Indonésie et que les producteurs vietnamiens font de la rétention. Le Vietnam 2,5% grains noirs et brisés a enregistré une prime de $ 100 la tonne sur Londres contre $ 90 la semaine dernière sur le contrat de septembre, tandis que celle sur le Sumatra grade 4 d’Indonésie a touché les $ 200, le plus haut depuis 2012.
On estime que le Vietnam envisage de stocker 200 000 à 300 000 t sur la prochaine campagne 2013/14 qui démarre en octobre afin de soutenir les prix, a rapporté mercredi la presse locale. En effet, la prochaine récolte est prévue en hausse de 10% grâce à de bonnes conditions météorologiques. La dernière politique de rétention menée par le Vietnam remonte à il y a 3 ans, les prix locaux du café ayant alors grimpé de 20%.

CAOUTCHOUC Sur le marché de Tokyo le caoutchouc a terminé la semaine en perdant 1,8 yen à 245,1 yens le kilo avec la prise des bénéfices des investisseurs et la faiblesse du yen. Les analystes ne sont guère optimistes quant à l’évolution des cours la semaine prochaine. Ils pourraient à nouveau baisser avec la fin de la saison sèche et donc l’accroissement de l’offre. En outre, les stocks sont très élevés. Si les stocks dans les entrepôts de Qingdao en Chine se réduisent depuis le record atteint en avril à 371 000 tonnes, ils demeurent encore bien au-dessus de leur niveau habituel de 250 000 tonnes. Ils sont aujourd’hui estimés à 342 000 tonnes. Sur le marché physique en Asie, les prix se situent au plus bas depuis plusieurs années.

COTON Sur un marché calme cette semaine, avec une pose pour la fête nationale aux Etats-Unis, les cours ont clôturé la semaine en légère baisse à $56,43 cents la livre pour le contrat de décembre.
En Chine, les industriels du textile sont une nouvelle fois montés au créneau pour réclamer auprès du gouvernement l’autorisation d’importer plus de coton. Yang Shibin, adjoint du président de la China National Textile and Apparel Council, .estime que le coton de la réserve chinoise n’est pas de bonne qualité et que certains grades manquent. En outre, les industriels veulent que le prix de vente du coton de la réserve soit réduit à environ 18 000 yuans ($2 900) la tonne contre actuellement à 20 100 yuans. Toutefois, les négociants affichent leur scepticisme quant à un accroissement des quotas d’importation de la part de Pékin compte tenu de l’importance de sa réserve. En outre, la Chine ne pourrait pas, comme annoncé, terminer ses ventes fin juillet tant l’Etat a besoin de réduire ses stocks avant l’arrivée de la récolte en octobre. Sur les 9,55, millions de coton disponibles depuis janvier dans la réserve seulement 28%, ou 2,65 Mt, auraient été vendues au 3 juillet.

RIZ Comment réduire les stocks publics tout en évitant un effondrement des cours mondiaux ? s’interroge Patricio Mendez del Villar dans son dernier rapport mensuel sur le marché du riz, Osiriz. Les cours mondiaux ont à nouveau baissé en juin et les bonnes récoltes asiatiques, et donc d’excédents exportables, ont tendance à amplifier la baisse. Se rajoute, souligne Patricio Mendez del Villar, la probable inflexion de la politique thaïlandaise. « Le gouvernement thaï, après avoir annoncé une réduction du prix d’intervention, semble faire machine arrière sous la pression de son électorat rural. Il cherche aussi à se défaire de ses stocks pléthoriques pour financer, et sauver, son programme des prix hypothécaires. L’équation sera cependant difficile à résoudre »._D’autant plus que la situation internationale, avec d’importantes disponibilités d’exportations et une demande d’importation qui devrait chuter en 2013, ne sont guère favorables aux exportateurs. Osiriz en conclut que « L’attitude du gouvernement thaïlandais sera cruciale pour le marché mondial »_.

SUCRE. Face à de bonnes perspectives de mousson en Inde et une monnaie brésilienne, le real, qui baisse, les cours du sucre ont terminé en baisse la période sous revue.
Sur le marché mondial, l’Inde a augmenté de 5% pour atteindre 15% ses droits d’importation sur le sucre afin de dissuader ces achats sur le marché mondial et soutenir les prix locaux en chute libre face à l’abondante production nationale indienne.
S’agissant de l’impact sur les pays ACP de la récente abolition des quotas sucre par l’UE en 2017, Geo Govinden, représentant à l’étranger du Syndicat des sucres de l’île Maurice, souligne dans lexpress.mu : « Les études conduites par de nombreux observateurs indépendants et l’étude d’impact de la Commission européenne en 2011 trouvent que l’abolition des quotas résulterait en une instabilité du marché, une totale absence de prévisibilité et une probable baisse de prix de 45 % par rapport aux prix de marché observés en septembre 2012, niveau auquel aucun pays ACP ne pourrait exporter vers l’UE. »
«LMC International prévoit une baisse de revenus d’environ 850 millions d’euros sur la période de quatre ans post-abolition des quotas, la conduite de 200 000 personnes en dessous du seuil de pauvreté et la perte de 400 000 emplois directs et indirects. Une autre étude de la Commission européenne de décembre 2012 (Prospects agri market and income) confirme que l’UE deviendra autosuffisante, voire exportatrice nette et que les importations, y compris les importations préférentielles dont celles de Maurice, seraient moins attrayantes ». (voir http://www.lexpress.mu/article/questions-geo-govinden-representant-letra...)

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