05 août 2009 - 10:56 |

Pour se conformer aux exigences écologiques, les entreprises américaines peuvent investir dans l'agriculture en Afrique

Hillary Clinton entame une tournée de 11 jours en Afrique

(05/08/09)

Entre autres objectifs, la nouvelle administration américaine entend mettre l’accent sur l’agriculture en Afrique et ce sous deux angles. Tout d’abord en favorisant la production agricole sur le continent plutôt que l’envoi d’aide alimentaire, deuxièmement, en incitant les entreprises américaines à investir dans l’agriculture en Afrique. Ceci non seulement augmenterait les volumes produits localement mais permettrait aux entreprises américaines qui ne parviennent pas à se conformer aux nouvelles exigences de limitation d’émissions de gaz à effet de serre dans le cadre de leurs activités productrices aux Etats-Unis, de venir en Afrique pour développer des cultures agricoles qui, elles, absorbent les émissions.
« Les entreprises américaines qui ne parviennent pas à se conformer aux exigences des limitations d’émissions pourraient investir aux plans national et international dans des projets qui absorbent le carbone », a rappelé hier le ministre américain à l’Agriculture, Tom Vilsack. Il est actuellement au Kenya avec, notamment, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton qui entame une tournée africaine qui la mènera du Kenya, au Nigeria, en Angola, en Afrique du Sud, au Liberia, en RD Congo, et achèvera son voyage au Cap vert, que les Etats-Unis considèrent comme un exemple en matière de gouvernance.
Lors de sa rencontre aujourd’hui avec le président Mwai Kibaki et le Premier ministre Raila Odinga, Hillary Clinton devait insister sur la nécessité pour le Kenya d’appliquer l’accord conclu après les événements sanglants consécutifs à l’élection présidentielle contestée de décembre 2007, et qui porte entre autres sur la propriété agricole, élément fondamental pour tout investisseur. ”Il est important pour le Kenya de faire avancer les réformes de la justice, de la police et de la propriété agricole contenues dans l’accord Kofi Annan”, a déclaré le secrétaire d’Etat-adjoint aux Affaires africaines, Johnnie Carson. Ce dernier faisait référence au compromis trouvé sous l’égide du secrétaire-général de l’Onu de l’époque et que Nairobi tarde à mettre en oeuvre.
A noter que les responsables américains assisteront également au Forum sur l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) qui a pour thème ett année la réalisation du potentiel de l’AGOA à travers le commerce et l’investissement. Rappelons que ce programme américain permet aux pays d’Afrique subsaharienne d’exporter sans payer de taxes plus de 6 400 produits aux Etats-Unis. Washington cherche comment renforcer ses liens commerciaux avec les 48 pays d’Afrique subsaharienne, qui ne comptent que pour 1% de ses exportations et 3% de ses importations.
Le représentant américain au Commerce, Ron Kirk, a estimé lundi 3 août dans une tribune publiée par la presse kényane que les Africains devraient suivre l’exemple des pays asiatiques en développement et diversifier leur économie. ”Nous devons trouver des moyens nouveaux et plus efficaces de promouvoir la compétititivé africaine”, a-t-il écrit. Des efforts américains qui pourraient concurrencer la Chine.
Lors du Sommet du G8 en Italie début juillet, le président Obama avait souligné que sa politique africaine mettrait l’accent sur la production alimentaire sur le continent et s’était engagé à contribuer à hauteur de $ 3,5 milliards, aux côtés du Japon et de l’Union européenne ($ 3 à 4 milliards chacun), et la France environ $ 2 milliards, dans le cadre du lancement de l’ «initiative sur la sécurité alimentaire », initiative de $ 20 milliards sur 3 ans.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +