05 août 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Des marchés très agités

(05/08/2010)

Bois. La demande en grumes africaines a repris, notamment la demande chinoise pour des arbres du Cameroun, du Congo Brazzaville, ainsi que de plus petits volumes de Guinée équatoriale et de RD Congo. De leur côté, les importateurs européens, surtout d’iroko, sont également actifs sur l’Afrique car l’offre du Brésil et d’autres pays latino-américains s’est estompée. Les stocks en Europe sont bas et si la construction ne s’est pas encore totalement redressée, les rénovations, quant à elles, enregistrent de bonnes performances. A noter que les prix des bois africains sont « très raisonnables », selon l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), par rapport aux bois durs d’Europe et d’Amérique du Nord.
En terme d’évolution récente des prix, le dernier rapport de l’OIBT fait état d’une hausse notable des sciages d‘iroko et de Moabi, qui ont pris respectivement 50 et 60 euros le m3 ce mois dernier. On note également une hausse mais plus faible (10 euros) des grumes et sciages de sapeli ainsi que les grumes de padouk et de moabi (5 euros).
Dans les pays producteurs africains, les opérateurs gardent encore espoir que le Gabon reviendra ou aménagera sa mesure interdisant l’exportation de grumes. Pour leur part, les autorités ont demandé aux opérateurs de retirer toutes les grumes entreposées aux ports. Les scieries ont des carnets de commande bien remplis et comme il ne semble pas y avoir de nouveaux investissements qui se dessinent, la situation risque de demeurer tendue.

Cacao. Les prix du cacao ont fortement perdu en une semaine de marché. Sur le marché du physique, le Côte d’Ivoire a perdu environ 100 euros la tonne, le Ghana £ 100, tandis que le beurre fondait de £ 125. Toutefois, le marché demeure très vigilant quant à l’étroitesse des disponibilités sur septembre, suite au squeeze et à la formidable livraison de physique intervenue en juillet.

Café. Après avoir touché un plus haut en 12 ans et demi vendredi dernier 30 juillet, les cours de l’Arabica à New York se sont quelque peu calmés et ce sans que de nouveaux fondamentaux soient véritablement intervenus, la hausse étant très largement spéculative. En effet, on se prépare à une récolte record au Brésil et les exportations vietnamiennes ont fait un bond de 70% par rapport à juillet 2009.
En Ouganda, les exportations en juillet se sont élevées à 266 245 sacs de 60 kg, soit un volume semblable à juillet 2009 (265 927 sacs), a annoncé aujourd’hui l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA). Sur la période juin 2009-mai 2010, il a été le premier exportateur de café d’Afrique, exportant 2,27 Ms, suivi par l’Ethiopie avec 2,24 Ms, selon les chiffres de l’Organisation internationale du café (ICCO).

Caoutchouc. Sur le marché à terme de Tokyo, le caoutchouc naturel a touché son plus haut niveau en cinq semaines, stimulé par la chute du yen face au dollar et des prix stables du pétrole. Rappelons que le plus grand rival du caoutchouc naturel sont les fibres synthétiques, fabriquées à partir de produits dérivés du pétrole et donc très sensibles aux cours de celui-ci. En outre, des signes positifs émaneraient du secteur de l’automobile aux Etats-Unis.

Céréales. Face à sa plus importante sécheresse depuis 130 ans, la Russie, troisième acteur mondial sur la scène du blé avec 18,3 millions de tonnes (Mt) exportées en 2009, derrière les Etats-Unis et l’UE, a annoncé interdire temporairement, du 15 août au 31 décembre, les exportations de blé, d’orge, de seigle et de maïs, ainsi que les farines de blé et de seigle. Une mesure qui n’avait pas été prise depuis 1999 (janvier-mai) lorsque le gouvernement avait du faire face à une récolte désastreuse.
Les cous du blé sur le marché à terme de Chicago se sont donc envolés aujourd’hui, touchant leur plus haut en 23 mois. Depuis le début du moi de juillet, les cours du blé ont augmenté de 69% sur le marché de Chicago et de 58% à Paris. Il s’agit de la plus forte hausse enregistrée sur les marchés depuis 1959 !
Cette interdiction temporaire d’exporter a inquiété de suite le premier importateur mondial de blé et client principal de la Russie, l’Egypte. L‘organisme public d’achat égyptien, GASC, avait déjà signé des contrats pour 540 000 t de blé russe. D’ores et déjà, on constate des retards dans l’acheminement en provenance de la Mer noire, les opérateurs rechignant à livrer un blé acheté à des prix nettement inférieurs aux cous actuels. Cet après-midi, le vice-président de la GASC a annoncé qu’il n’ouvrirait pas de nouveaux appels d’offres pour compenser les volumes russes qui ne seraient pas livrés, mais chaque mois l’Egypte achèterait sur le marché 60 000 t.
Une situation céréalière donc très tendue mais selon la FAO, il ne devrait pas y avoir de spirale à la hausse des prix comme en 207/08 lorsque le boisseau de blé avait atteint les $ 13.
En Tunisie, la récolte céréalière serait inférieure à 1,2 Mt, les autorités révisant à la basse leurs précédentes prévisions. Une pluviométrie insuffisante serait la cause. L’année dernière, la récolte s’était élevée à 2,5 Mt

Coton. Sur le marché à terme de New York, le coton est à son plus haut en trois mois, face à des stocks américains qui baissent. Certes, la récolte à venir dans la « cotton belt » s’annone belle, mais il faut encore attendre fin septembre avant qu’elle ne rentre.

Huile de palme. L’huile de palme sur le marché à terme de Malaisie fait un bond, touchant son plus haut niveau depuis le 15 mars, à $ 830 la tonne. En effet, les stocks nationaux sont à leurs plus bas niveaux depuis un an, face à une demande qui dépasse la production malaisienne qui a du mal à se redresser. Le phénomène météorologique La Nina avec ses fortes pluies, a ralenti la récolte et a fait baisser la production. Or, les festivals en Asie battent leur plein en ce moment et la demande en huile de palme est forte.

Riz. En juillet, les cours mondiaux du riz sont restés faibles en raison d’une demande globale peu active et des disponibilités exportables encore abondantes. L’indice OSIRIZ/InfoArroz (IPO) a reculé de 3,8 points à 192,5 points (base 100=janvier 2000) contre 196,3 points en juin. Les prix du riz de Thaïlande sont restés globalement stables, avec une remontée fin juillet du fait de la sécheresse. Les prix au Vietnam ont cédé entre 1 à 4% et ceux du Pakistan comme des Etats-Unis ont glissé de 3% face à une demande mondiale moins soutenue. A noter qu’avec la baisse du prix du riz américain, ce dernier se retrouve au même niveau que le riz de Thaïlande. Cette baisse des prix réactivent la demande africaine.
Les perspectives de la récolte 2010 sont bonnes dans les principaux pays producteurs asiatiques. Aussi, la tendance baissière des prix mondiaux devrait-elle se poursuivre dans les mois à venir, estime le spécialiste Patricio Mendez del Villar du Cirad.

Sucre. Les cours du sucre roux à Londres ont glissé aujourd’hui car la situation semblerait s’améliorer du côté brésilien. Certes, les ports demeurent totalement engorgés, d’où la prime sur l’échéance octobre, et cela devrait prendre plusieurs semaines à se résorber, estiment les traders. Mais de son côté, une bonne mousson en Inde améliore les perspectives de récoltes à venir dans ce pays et les stocks grossissent, dépassant leurs niveaux de l’année dernière à pareille époque.

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