05 octobre 2018 - 16:15 |

Mamadou Sangafowa : Vous voulez un cacao zéro déforestation ? Payez mieux le producteur...

Au ministère des Affaires étrangères et européennes à Paris, mercredi, invité par le Syndicat des chocolatiers et confiseurs de France dans le cadre de la Journée mondiale du cacao et du chocolat qui se déroule du 2 au 10 octobre, le ministre ivoirien de l’Agriculture et du développement rural, Mamadou Sangafowa Coulibaly a rappelé que déforestation et rémunération adéquate des cacaoculteurs étaient étroitement mêlées. A chacun de prendre ses responsabilités et à tenir ses engagements.

"Aujourd'hui, lorsqu'on regarde la chaîne des valeurs depuis la production jusqu'à la tablette de chocolat, il y a tout de même un déséquilibre dans la répartition des richesses. Ce déséquilibre n'est pas sans conséquences sur les modes de production à la base, notamment sur l'exploitation inconsidéré des ressources naturelles et donc de la forêt", a-t-il rappelé.

Prenant bonne note de la politique française "qui vise à lutter contre l'importation de la déforestation", le ministre a souligné la "synergie" de politique avec celle du président Alassane Ouattara qui, à la tribune des Nations unies la semaine dernière, a pris l'engagement d'une "agriculture zéro déforestation et donc d'un cacao zéro déforestation".

"Nous avons bâti une Déclaration de politique forestière dans laquelle nous mettons l'accent sur la restauration de notre couvert forestier et la conciliation de l'agriculture et de la forêt. D'ailleurs, pour cela nous allons revoir notre Code forestier pour tenir compte de cette évolution", précise le ministre.

Et Mamadou Sangafowa Coulibaly de rappeler au secteur privé l'importance de sa "contribution à la lutte contre la déforestation" car "il s'agit de soutenir les politiques publiques mais aussi de faire en sorte qu'une meilleure partie des richesse crées le long de la chaîne de valeur soit transmise au producteur. Nous croyons que c'est là que se trouve la clé de la durabilité."

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Commentaires

Il ne faut pas mélanger les problèmes. Demander à l’industrie du Chocolat de mieux payer le cacao en échange de meilleurs pratiques, oui bien sûr. Mais la lutte contre la lutte contre la déforestation ne doit pas être liée à la politique de prix. Les autorités ivoiriennes ont leur part de responsabilité. Il faut passer des discours aux actes sur le terrain. Renforcer la protection des dernières forêts : GoinDégé, Cavally.. et mettre en œuvre une politique résolue de récupération des autres forêts classées : signature et accompagnement de contrats de coplantation pour une sortie en douceur des forêts classées, basculement du full-sun vers un système intégrant l’agroforesterie et augmentation des rendements pour compenser la perte de la production issue des forêts classées notamment par le rajeunissement des vergers (l’interdiction totale du greffage doit être levée) et une meilleure conduite des cacaoyer (taille, restitution des cabosses aux sols, ombrage, …) Sans un changement sur le terrain des pratiques agricoles et une réelle protection de ses forêts, la Côte d’Ivoire aura de plus en plus de mal à vendre et à produire du cacao. Ce n’est pas qu’une question de prix au producteur mais de survie de la cacaoculture en côte d’ivoire.

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