06 janvier 2017 - 10:00 |

La Chronique Matières du Jeudi (05/01/2017)

La baisse du dollar, hier, face à un panier des principales devises a soutenu le cours d'un certain nombre de matières premières dont, mécaniquement, le prix devient plus attractif car libellé en billet vert. Côté Asie, les producteurs, traders et marchés commencent à se préparer à la fête du Printemps (Chine) ou encore la fête du Têt (Vietnam) fin janvier, marquant le Nouvel an.

CACAO

Après être tombés en cours de séance mardi à $ 2 119 la tonne (t), son plus faible prix depuis avril 2013, le cacao s'est ressaisi hier pour clôturer à $ 2 262 à New York sur l'échéance mars et £ 1 809 à Londres. Et nombre de traders estiment qu'après avoir essuyé en 2016 sa plus forte baisse de prix annuel en 17 ans (lire nos informations), le cacao a touché un plancher et devrait se redresser. Une baisse, rappelons-le, liée à la perspective d'une bonne récolte ouest-africaine. Mais ces faibles prix devraient stimuler la consommation mondiale et donc, à son tour, soutenir les prix.

La Côte d'Ivoire aurait exporté 845 000 t entre le 1er octobre, démarrage de sa campagne 2016/17, et le 31 décembre, contre 790 000 t sur la même période la campagne dernière. Mais sur la semaine du 26 au 31 décembre, les arrivages aux ports d'Abidjan et de San Pedro n'ont été que de 62 000 t contre 66 000 t sur la même semaine en 2015.

Le Ghana, de son côté, croise les doigts. Jusqu'à présent, l'harmattan est relativement doux, ce qui pourrait booster la production, estiment des planteurs. Mais il n'a pas plu depuis le 20 décembre. Rappelons que le Cocobod a pour objectif 850 000 à 900 000 tonnes (t) de fèves sur la campagne actuelle 2016/17, qui a démarré début octobre, contre 780 000 t en 2015/16. Le nouveau président Nana Akufo-Addo, qui a pris ses fonctions samedi, veut atteindre 1 million de tonnes (Mt), et pour ce faire veut réformer, notamment en rendant plus transparent l'exécutif du Cocobod. Notons que durant la campagne électorale, le patron de l'organe régulateur, Stephen Opuni, avait soutenu John Mahama, candidat malheureux à l'élection présidentielle. Le dossier est de taille : l'industrie du cacao chez le n°2 mondial pèse $ 2 milliards

L'Indonésie a exporté 7 023 t de fèves de cacao de sa principale région de production, la Sulawesi, en décembre, en hausse de 60% par rapport aux 4 359 t de décembre 2015, selon les chiffres de l'industrie. A noter l'absence d'exportation depuis 5 mois de la région de production de Lampung.

Côté entreprise, l'américain Transmar Commodity Group, important fournisseur de cacao à des groupes comme Hershey ou encore Nestlé aux Etats-Unis,  a déposé le 31 décembre un dossier de protection contre la faillite après que Euromar Commodities, la société allemande qui gère ses opérations européennes, a été déclarée insolvable début décembre, rapporte Reuters. Le broyeur allemand était un important fournisseur de fèves de Transmar qui doit donc, maintenant, se réorganiser.

Quant à Barry Callebaut, il a achevé au 1er janvier l'acquisition de l'usine de Mondelez en Belgique, à Halle. Ceci devrait booster sa capacité de production en chocolat et en garnitures  de qualité belge. Selon l'accord, Barry Callebaut devra fournir 30 000 t de chocolat liquide à Mondelez par an. Rappelons que le segment haut de gamme de chocolat "qualité belge" est en forte croissance.

CAFE

Après avoir touché mardi son niveau de prix le plus élevé en sept semaines sur le marché à terme de Londres, le Robusta a clôturé en baisse hier à $ 2 154 la tonne. Il avait atteint $ 2 167, créant techniquement un "double top" sur le contrat et, potentiellement, un niveau de résistance.

C'est le Vietnam vers qui, une fois de plus, il faut tourner le regard pour expliquer les mouvements de prix cette semaine car, bien que la récolte prenne du retard en raison des pluies, les producteurs ont accéléré leur rythme de ventes. En effet, ils ont besoin d'argent car la fête du Têt approche, se tenant cette année du 26 janvier au 1er février, et les prix du Robusta sont actuellement attractifs. Ainsi, suite à la hausse de 1,9% du prix du Robusta à la clôture mercredi soir sur le marché à terme à Londres, les producteurs de café au Vietnam se sont vus offrir hier jusqu'à 46 200 dong ($ 2,04) pour un kilo de leur café, soit nettement plus que les 33 000 à 34 000 dong qu'on leur proposait bord champ il y a un an. Ainsi, sur ce mois de janvier, des traders interrogés par Reuters estiment que les exportations pourraient atteindre 180 000 t (3 millions de sacs de 60 kg, Ms) contre 160 000 t en décembre.

Le Vietnam aurait exporté 1,79 Mt (29,83 Ms) en 2016, en hausse de 33,7% sur 2015, a annoncé le mois dernier le gouvernement.

La production de café en Indonésie devrait baisser à 637 539 t en 2017 contre 639 305 t selon les premières estimations en 2016, a déclaré aujourd'hui un responsable au ministère de l'Agriculture, Irmijati  Nurbahar, rapporte Reuters.

L'Arabica s'est également inscrit à la hausse à la clôture hier soir, à $ 1,4375 la livre.

Côté entreprise et Arabica, Starbucks a annoncé mercredi avoir lancé son premier café pure origine de Yunnan, la province de production chinoise. C'est le fruit de 4 années de collaboration entre Starbucks China Farmer Support Center et des producteurs de café de Pu'er : 10 000 agriculteurs ont été formés et 1200 fermes auraient été certifiées couvrant 11 000 ha. Ce café pure origine sera disponible durant un temps limité dans tous les magasins Starbucks de Chine, le temps de mettre en place et consolider la filière, du planteur à la tasse. La province de Yunnan joue un rôle fondamental dans la stratégie chinoise du géant américain Starbucks. Le café Yunnan pure origine devrait faire un tabac pour les fêtes du Nouvel An chinois, parie Starbucks !

CAOUTCHOUC

Pour le premier jour de cotation en 2017 sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom), les cours du caoutchouc continuent sur leur lancée de 2016. Ils ont clôturé le 4 janvier en hausse de 3,6% à 273,4 yens ($2,32) le kilo pour le contrat de juin. Un gain de 9,5 yens causé par un yen plus faible et la forte hausse de la Bourse de Tokyo, en progression de 2,5%. Et ce malgré la chute des cours du caoutchouc sur le marché de Shanghai, le contrat de mai perdant 105 yuans à 18 530 yuans ($2 665) la tonne.  Sur le marché de Singapour, le contrat de février a clôturé en hausse de 1,4% à 202,50 cents le kilo.

Le caoutchouc naturel a bondi de 60% sur le Tocom en 2016, sa plus forte hausse depuis 2009.

COTON

Le marché du coton démarre l’année sur une note optimiste après avoir connu sa meilleure année depuis 2013 en progressant de 12% en 2016. Les cours ont bondi de plus de 1,5% mardi et encore de plus de 3% mercredi, son gain le plus important depuis le 1er septembre, avec une clôture à 74,08 cents pour le contrat de mars. Une hausse impulsée par le sentiment d’une amélioration de la demande en fibre naturelle et par un dollar plus faible. « La perception sur la demande mondiale s'est beaucoup améliorée. Les gens voient également une demande plus élevée que prévue de la Chine », a déclaré Gabriel Crivorot, analyste à la Société Générale de New York.

En dépit de ce démarrage musclé, le Comité consultatif international du coton (ICAC) a diminué de 1 cent à 74 cents la livre ses prévisions pour les prix du coton (l’Indice A Cotlook) en moyenne sur 2016 /17 avec une fourchette comprise entre 66 et 83 cents la livre. Toutefois les cours afficheraient encore un gain de 3 cents par rapport à 2015/16.  L’ICAC estime que la hausse de la production mondiale de coton, évaluée à 8%  à 22,8 millions de tonnes (Mt) en 2016/17, pourrait exercer une pression sur les prix du coton sur la deuxième moitié de la campagne. La consommation devrait demeurer stable à 24,1 Mt. En outre, l’ICAC souligne la compétitivité du prix du polyester face au coton en dépit de son renchérissement ces dernières semaines.

Les stocks mondiaux de clôture pourraient diminuer de 7% à 18 Mt en 2016/17, bien que les stocks hors de Chine devraient croître de 6% à 8,7 Mt.

HUILE DE PALME

Les cours de l'huile de palme de Malaisie ont ouvert l'année en forte hausse. Les premiers échanges ont atteint un sommet de deux semaines soutenus par le ralentissement de la production, la fermeté du soja et un ringgit plus faible. Les  cours sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange pour une livraison en mars ont clôturé à 3163 ringgits ($705,24) la tonne. Toutefois, ils se sont abaissés mercredi suivant le soja et limitant les pertes par un approvisionnement serré pour clôturer à 3141 ringgits la tonne.

Rappelons que l'huile de palme a gagné 25,1% en 2016, suite à la sécheresse liée à El Niño qui a impacté d'importantes régions de production notamment en Asie. Il s'agit de sa plus forte hausse annuelle depuis 2010. Elle a entrainé dans son sillage ses produits dérivés qui, souvent, ont enregistré une hausse de leurs prix encore plus forte : +85% pour l'huile de palmiste, +47% pour la stéarine de palme RBD et + 33% pour l'oléine de palme RBD.

Les exportations d'huile de palme de Malaisie ont chuté de 5,7% en décembre à 1 086 523 tonnes contre 1 152 535 tonnes expédiées en novembre, selon Intertek Testing Services.

RIZ

Les prix du riz en Inde ont chuté en raison d’une offre abondante et  de l’affaissement de la roupie, tandis que les marchés thaïlandais et vietnamien étaient calmes sans variation dans la première semaine de la nouvelle année.

En Inde, le riz a chuté de $2  cette semaine pour s'établir à $341-$345. La production de riz semestrielle de l'Inde est estimée à 93,88 millions de tonnes (Mt) pour la campagne agricole qui se termine en juin 2017, en hausse de 2,81% par rapport à l’année dernière suite à la bonne mousson qui a accru les rendements. L'Inde a exporté 3,79 Mt de riz entre avril et octobre, en baisse de 3,1 % par rapport à l'an dernier.

En Thaïlande, le Thaï 5%  était inchangé à $355-$360 la tonne. La Thaïlande a exporté 9,6 Mt de riz en 2016, en baisse de 1% par rapport à 2015, a annoncé mercredi le ministère du Commerce, en deçà de l'objectif du gouvernement.

Au Vietnam, le Viet 5% est aussi inchangé à $335-$345 la tonne. En 2016, les exportations de riz du Vietnam ont chuté de 25,8% par rapport à 2015 à 4,88 Mt, a annoncé le ministère de l'Agriculture.

Au Nigeria, le gouvernement a réitéré l’interdiction d’importer du riz et des véhicules via les frontières terrestres du pays. L’interdiction qui frappe le riz est en vigueur depuis avril 2016.

SUCRE

Après six sessions en hausse qui a mené ses cours à leur plus haut en 7 semaines, le sucre roux a terminé hier soir en baisse sur le marché à terme de New York mais demeure au-dessus de la barre des 20 cents, clôturant à 20,78 cents la livre. Ceci dit, la première échéance, mars, avait grimpé les séances précédentes à 21,18 cents la livre, le plus élevé depuis la mi-novembre; à la clôture mardi, ils étaient à 20,51 cents. Les échéances autres que le rapproché de mars ont clôturé, même hier soir, à la hausse. Quant au prix du sucre blanc, côté sur le marché de Londres, il était aussi en baisse hier  $ 546,50 la tonne contre $ 542,90 mardi à la clôture.

La fermeté retrouvé du marché est essentiellement liée aux perspectives de baisse de production chez le premier consommateur mondial de sucre, l'Inde. D'ores et déjà, de faibles volumes de canne à sucre a obligé certaines raffineries dans l'important Etat indien de production, le Maharashtra, d'interrompre leur activité de broyage, ce qui a de suite fait grimper les prix du sucre sur le marché intérieur indien.

La production indienne de sucre sur la campagne 2016/17 serait de 22 millions de tonnes (Mt), selon les dernières estimations d'industriels qui ont révisé à la baisse de 4,3% leurs estimations précédentes, ont-il confié à Reuters.

Autre facteur haussier, l'annonce  par le ministre indien du Commerce, Nirmala Sitharaman, que le pays n'abaisserait pas ses droits à l'importation de sucre, du moins prochainement. Ce qui signifie que le pays tirera sur ses stocks pour approvisionner le marché, réduisant ainsi les disponibilités locales.

A ceci s'ajouterait la reconstitution par les fonds d'investissement et de spéculation de leurs positions longues, c'est-à-dire d'important achats de contrats sur le long terme, les fonds pariant, visiblement, que les cours du sucre vont augmenter.

 

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