06 février 2009 - 00:00 |

Le Rendez-vous Matières du jeudi

Le marché du bois se ressent de la crise, alors que le cacao continue à bien se porter

 

BOIS. La crise (sur le marché à terme de Chicago, le bois a chuté à son plus bas en 23 ans la semaine dernière) touche le bois africain à son tour. Baisse de 16 euros le m3 FOB sur l’acajou selon le rapport mensuel de l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), de 11 euros sur les grumes d’ayous et de 35 euros sur les sciages, de 32 euros sur les grumes d’iroko et de 18 sur les sciages, de 26 euros sur les grumes de sapeli et de 20 euros sur les sciages, de quelque 100 euros sur les sciages de movingui ! Quasiment seules, les grumes de moabi résistent et grimpent même d’une trentaine d’euros.
L’interdiction du Gabon d’exporter quatre essences (douka/makore, moabi, ozigo, afo) n’a pas eu d’impact notable sur le marché, note l’OIBT, car d’importants stocks existaient sur des marchés majeurs et la demande est actuellement faible. Aujourd’hui, c’est un marché d’acheteur et les entreprises ont du mal à négocier. L’okoumé a du mal à trouver preneur car la demande européenne pour du contreplaqué a baissé. Dans ce contexte, trouver un prix de marché est difficile. Au Ghana, les exportations ont chuté de 13,6% au troisième trimestre 2008 par rapport au second trimestre. L’Inde et la Chine sont toujours à l’achat ; le Vietnam est également encore actif. En revanche, la demande sud-africaine pour du bois d’Afrique de l’Ouest se ralentit
En RD Congo, après avoir révisé 156 contrats forestiers, le gouvernement a annulé 60% d’entre eux. Seuls 65 contrats ont été estimé viables par le gouvernement, avec le soutien de la Banque mondiale.

CACAO. A New York, le cacao a terminé la semaine à son plus haut en cinq mois pour des raisons techniques, des achats de fonds et une livre sterling qui a repris en vigueur. Côté pays producteurs, les perspectives de récolte en Côte d’Ivoire et au Ghana continuent à soutenir les cours : dans son rapport mensuel publié le 30 janvier, Fortis a estimé que le déficit cacaoyer serait de 45 000 t pour 2008/09. Au Ghana, les achats seraient actuellement en baisse de 10% sur la même période l’année dernière. Toutefois, les observateurs estiment que la situation peut encore se redresser sur cette campagne. Autre indicateur optimiste, il apparaît en cette fin de semaine que le risque de voir les chenilles du Liberia envahir les plantations cacaoyères ivoiriennes s’amenuise. Côté Nigeria, les exportations de cacao ont progressé de 11%, à 18 554 t en novembre, par rapport à novembre 2007, selon le Federal Produce Insepction Service (FPIS).

CAFE. Aux ventes aux enchères du Kenya cette semaine, les prix ont glissé après que les négociants aient boycotté les fèves d’une société qui a retardé pendant des heures les enchères. Le prix moyen a baissé à $ 175,52 le sac de 50 kilos contre $ 180,60 la semaine dernière. En Tanzanie, les prix ont glissé à la vente aux enchères qui s’est tenue aujourd’hui, 6 février. La qualité n’était pas au rendez-vous en cette fin de campagne. Au Burundi, suivant le rythme cyclique biannuel du caféier, la production en 2009/10 pourrait chuter de 55%, à 11 000 t. En Ouganda, les recettes d’exportations en janvier ont baissé de 22,7%, à $ 30,73 millions. Au Cameroun, sur la campagne 2007/08, la production de Robusta a chuté de 28%, à 30 044 t, tandis que celle d’Arabica a grimpé de 10% à 5 198 t d’Arabica.
A noter que le géant indien Tata a déclaré que ses exportations baisseraient de 14,3% en 2008/09, à 12 000 t en raison d’une baisse de la demande russe (surtout du café soluble).

CAOUTCHOUC. Les contrats à terme de la Bourse de Tokyo pour le caoutchouc ont fini vendredi à un plus haut d’une semaine, soutenus par les achats de la Chine, premier consommateur mondial de caoutchouc. En outre, la Thaïlande a décidé de doubler son schéma d’achat, à 200 000t, pour soutenir les cours.
Les acheteurs chinois ont passé commande pour l’acquisition de plus de 3 000 tonnes de caoutchouc livraison immédiate à un cours de $1,29 à $1,55 le kilo, ayant repris les achats après la fête du Nouvel An lunaire.
Depuis le début de l’année, le le marché à terme Tocom manque de facteurs forts pour se maintenir au-dessus de 150 yens, un niveau qu’il a franchi mais n’a jamais soutenu, souligne Reuters. La crise des crédits et la récession mondiale ont poussé les constructeurs automobiles à baisser leur production, ce qui a conduit à la forte chute de la demande du caoutchouc utilisé pour les pneus. Les exportations de caoutchouc de la Thaïlande en 2008 ont reculé de 4,7% par rapport à l’année précédente au dernier trimestre de l’année quand les craintes de la récession mondiale se sont intensifiées. Certains intervenants restent cependant convaincus que le prix du caoutchouc connaîtra un rebond technique.

CEREALES. La dernière semaine de janvier, l’Afrique du Sud a exporté 37 925 t de maïs blanc (dont 12 293 t à destination du Mozambique et 12 010 vers le Zimbabwe) contre 33 014 t la semaine précédente, et 2 207 t de maïs jaune (dont 1 102 t vers le Swaziland) contre 1 982 t précédemment, a annoncé mardi le South African Grain Information Service (SAGIS). Le maïs blanc s’est vendu à 1 770 rands la tonne et le jaune à 1 665 rands. L’Afrique du Sud a également importé 4 129 t de maïs blanc du Brésil, soit en nette baisse par rapport aux 23 303 t achetées précédemment.
Ainsi, les exportations sud-africaines se poursuivent bien. Rappelons que le pays a enregistré une récolte record de 12,7 millions de tonnes (Mt) en 2007/08 ; depuis le début de la campagne de commercialisation, soit depuis le mois de mai dernier, l’Afrique du Sud a déjà exporté 1,45 Mt de céréales contre 460 059 t la campagne précédente.

COTON. En cette fin de semaine, le marché était en attente de chiffres sur le marché américain, ce qui a suscité quelques achats et donc des prix en hausse. A noter que la Chine s’attend à une baisse de 1,6% de sa production cotonnière, à 7,5 Mt, selon la China Cotton association. Par ailleurs, le gouvernement indien a donné son feu vert, hier jeudi 5 février, pour que soit octroyée une subvention de 5 milliards de roupies à la Cotton Corporation of India.

RIZ. L’Indonésie va renouer avec les exportations de riz, après avoir été absente durant 16 ans du marché international. Les autorités ont annoncé que 100 000 t de riz de qualité supérieure seront mises sur le marché cette année. En effet, le pays s’attend à une récolte record. Mais la partie est jouée prudemment : les ventes ne se feront qu’une fois la récolte achevée.
Mercredi, la Thaïlande a augmenté de 1,7% le prix de base de son riz notamment en raison d’une forte demande africaine et une offre nationale moins élevée suite à la politique des prix intérieures de soutien. Le prix du 100% grade B du riz blanc est à $ 590 contre $ 580 la semaine dernière. Mais on est très loin du pic d’avril dernier de $ 1 080 ! Notons que les exportations de riz de la Thaïlande ont chuté de 41% en janvier par rapport à janvier 2008, à 433 773 t contre 738 890 t.
En Egypte, le ministère du Commerce et de l’Industrie a annoncé mercredi, 4 février, qu’il allait prolonger l’interdiction sur les exportations de riz au-delà du 1er avril. Seules des entreprises qui, parallèlement, importent du riz pour le compte de l’Etat et sous certaines conditions, pourront en importer. Rappelons que l’Egypte produit environ 4,6 Mt de riz blanc par an et que sa consommation locale est de 3,2 Mt, laissant un excédent de 1,4 Mt à l’export.

SUCRE. Le déficit mondial pourrait atteindre les 7 à 8 MT en 2009/10 en raison d’une récolte plus faible en Inde, a déclaré hier le directeur général de l’Indian Sugar Mills Association, SL. Jain. Selon l’économiste de l’Organisation internationale du sucre, le déficit serait plutôt de 3,6 Mt. D’exportateur, New Delhi pourrait devenir importateur cette année. Cette faiblesse de l’offre indienne pourrait être compensée par le Brésil qui pourrait accroître ses ventes au Moyen Orient et à l’Asie en 2009, selon Hussein Allidina de Morgan Stanley. En revanche, la récolte en Australie s’annonce en hausse de 15% malgré des superficies endommagées dans le Queensland.

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