06 avril 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les matières premières en repli à l’image des bourses

(05/04/2012)

CACAO L’abondance de l’offre pèse sur le marché. Les cours se sont inscrits en baisse mercredi perdant $60 la tonne à New York pour le contrat de mai à $2 083 la tonne, soit son plus bas niveau depuis janvier, et £21 à Londres à £ 1 398 la tonne. Le 2 avril, les stocks enregistrés sur le marché américain ICE s’élevaient 5 485 000 sacs, soit un plus haut depuis 1986, date des premières données. Ces stocks reflètent l’excédent de la précédente campagne.
En Côte d’Ivoire, les prix sont stables, mais l’activité est réduite compte tenu des faibles volumes disponibles et de la médiocre qualité des fèves. Après plusieurs semaines de sécheresse, les pluies se sont mises à tomber dans l’ouest la semaine dernière laissant espérer une meilleure récolte intermédiaire (avril-septembre), qui compte tenu des conditions météorologiques démarrera doucement.
Au Ghana les achats déclarés de cacao par le Cocobod ont atteint 717 171 tonnes au 22 mars, soit 3,5% au-dessus du niveau de la campagne précédente. Les industriels estiment que le Ghana n’atteindra pas son objectif de 950 000 tonnes en 2011/12.
Les exportations de l’île de Sulawesi en Indonésie sont en chute libre. Elles ont atteint 3,505 millions de tonnes en mars, soit 69% de moins que sur la même période en 2011, et plus de deux fois mois qu’en février 2012. Les fortes pluies qui se sont abattues au premier trimestre ont réduit la production mais les industriels estiment que la production sur le reste de l’année pourrait grimper de 10% pour atteindre globalement environ 470 000 tonnes.

CAFE L’activité est morose sur le marché du café souligne un courtier. Une situation qui perdure depuis plusieurs semaines et qui pourrait être un signe du ralentissement de la consommation ? « Encore un peu tôt pour le vérifier. « Toutes les origines sont présentes avec des différentiels qui restent trop élevés pour que le négoce prenne des positions autres que la satisfaction des besoins immédiats ». A suivre dans les prochains jours l’expiration des options de mai à Londres et les premiers avertissements de risques de froid au Brésil.

CAOUTCHOUC Les cours du caoutchouc ont étendu leurs pertes mercredi alourdis par le plongeon du marché boursier de Tokyo et le léger rebond du yen. Le contrat de septembre a perdu 3,3 yens pour clôturer à 327,05 yens le kilo. La Chine serait susceptible d’intensifier ses achats afin de reconstituer ses stocks. En effet, ses stocks dans les entrepôts auraient chuté à environ 145 000 tonnes contre 250 000 tonnes début février, les fabricants de pneumatiques ayant opté pour un approvisionnement sur le marché domestique. La Chine représente 35% des approvisionnements mondiaux en caoutchouc et a importé 2,1 millions de tonnes (Mt) en 2011, en hausse de près de 13%. Bien que la Thaïlande soit rentrée dans la période de l’hivernage, où la saignée des arbres est arrêtée, l’offre demeure pour l’instant ample.

COTON Depuis la publication du rapport du département américain de l’Agriculture vendredi dernier, rapport plutôt baissier avec des estimations de semis à 13,155 millions d’acres, certes en dessous des superficies en 2011 mais au-dessus des attentes du marché, le coton est sous pression. Et les cours ont chuté mercredi, dans le sillage de la majorité des matières-premières, avec la réticence de la Réserve fédérale américaine (Fed) à prendre de nouvelles mesures pour stimuler l’économie américaine. Les cours sont repassés sous la barre des 90 cents la livre pour le contrat de juillet. Et la volatilité augmente sur le marché à terme avec une incertitude quant aux politiques suivies par la Chine et dans une moindre mesure l’Inde. Dans son analyse mensuelle, le Comité consultatif international du coton (CCIC) observe que la Chine a accumulé environ 4 millions de tonnes (Mt) de coton, dont 3 Mt d’achats locaux et 1 Mt importées, dans sa réserve nationale pendant les 8 premiers mois de 2011/12. Les achats de la Chine, officiellement arrêtée au 30 mars, ont contribué à soutenir les cours du coton. Les importations chinoises sont estimées à 4,2 Mt en 2011/12, soit 61% de plus que la campagne précédente. La majorité des stocks se trouvent donc en Chine renforçant son influence sur la direction future du marché.
Quant à l’Inde, elle a décidé mercredi de constituer une réserve de 2,5 millions de balles (de 170 kilos) destinés aux besoins de son industrie textile. La Cotton Corporation of India (CCI) compte acheter environ 1 million de balles par mois sur les deux prochains mois. La réunion ministérielle prévue cette semaine a été reportée et il semble peu probable que le pays alloue de nouvelles exportations et cette situation pourrait se poursuivre jusqu’en juillet.
Sur le premier trimestre 2012, le coton a gagné 1,87% par rapport au dernier trimestre 2011, clôturant à 93,52 cents. Pour le seul mois de mars, le coton a gagné 3,4%. Dans une note publiée mercredi, la Commerzbank anticipe une hausse des cours du coton à 94 cents d’ici à la fin de l’année avec le risque d’une réduction significative de l’offre. En revanche, Goldman Sachs, quelques jours plutôt, avait revu à la baisse ses prévisions de prix à 6 et 12 mois, tablant sur respectivement 80 cents et 70 cents la livre, contre 85 cents auparavant. Sur les trois prochains mois, ses prévisions à 90 cents demeurent inchangées.

HUILE DE PALME Les perspectives d’une production de soja restreinte dans les prochains mois dopent l’huile de palme qui a atteint un sommet de 13 mois mercredi à 3 557 ringgits ($1 161) la tonne sur la Bursa Malaysia Derivatives. Le département américain de l’Agriculture (USDA) a indiqué qu’il prévoyait que les agriculteurs américains sèmeraient moins de soja qu’attendu, ce qui devrait contribuer à tendre un peu plus l’offre de graines oléagineuses et à aider à franchir la barre psychologique des 3 500 ringgits pour l’huile de palme.

POIVRE Le poivre s’est inscrit en baisse cette semaine. La principale raison est, selon un courtier, le Vietnam qui fait pression avec l’arrivée de la nouvelle récolte. Or, cette dernière pourrait être plus importante qu’anticipée entre 135 000 et 140 000 tonnes contre une première estimation comprise entre 100 000 et 110 000 tonnes.

RIZ Les prix sont plutôt stables en Thaïlande et fléchissent légèrement au Vietnam avec le pic atteint dans la récolte principale. La demande est faible, en partie en raison des offres plus compétitives en provenance de l’Inde et du Pakistan et de la hausse de la production dans les principaux pays acheteurs. En outre, les producteurs thaïlandais préfèrent vendre leur riz au gouvernement. Au Vietnam, les producteurs ont récolté 6,27 millions de tonnes (Mt) de riz paddy sur 950 000 hectares, soit 60% des superficies plantées dans le Delta du Mékong. La récolte, qui se terminera fin avril, est attendue à 10,3 Mt selon la Vietnam Food Association. Les exportations du Vietnam cette année pourraient chuter de près de 14% par rapport à 2011 à 6,1 Mt en raison de la faiblesse de la demande de ses principaux acheteurs et l’accroissement de la concurrence. Sur le premier trimestre 2012, elle ont baissé de 42,5% à 1,1 Mt. Les principaux acheteurs du riz vietnamien sont l’Indonésie et les Philippines et l’Afrique. Or, pour les deux pays asiatiques, leur propre production est en hausse, et pour l’Afrique, le Vietnam pourrait perdre 20% de part de marché au profit de l’Inde et du Pakistan selon le ministère de l’Agriculture.

THÉ Le prix moyen sur les ventes aux enchères de thé de Mombassa au Kenya est légèrement redressé à $3,36 le kilo, contre $ 3,26 la semaine dernière, retrouvant ainsi leur niveau de mars. Les volumes échangés s’inscrivent en baisse à 94 798 lots contre avec 100 7226 lots la semaine dernière. Les Best BP1 se sont vendus à $3,58-3,14 contre $3,47-3,30 et les Best Pekoe Fanning Ones à $3,47-$3,30 contre $3,50-3,22. La demande est élevée pour le Pakistan et le Kazakhstan, et plus d’activité est observée de la part de l’Egypte, de l’Afghanistan, du Soudan et du Yemen. Le Royaume-Uni est aussi plus actif mais sélectif.
La production de thé au Kenya est en recul de 12,9% sur les deux premiers mois de l’année, par rapport à la même période en 2011, en raison du temps chaud et sec qui a sévi en février et de l’impact du gel précédemment, selon le Tea Board of Kenya. Elle s’est élevée à 36,2 millions de kilos en janvier et 18,4 millions en février. Néanmoins, les exportations ont progressé de 25,5% pour atteindre 82,6 millions de kilos.

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