06 août 2014 - 12:58 |

Le marché mondial du caoutchouc en berne en 2013

L’Afrique quasi inexistante, avec 4% seulement de la production

(06/08/2014)

Cette analyse du marché du caoutchouc en 2013 est tirée du document de référence élaboré par la Société internationale de plantations d’hévéas (SIPH), et publié lundi 4 août.

En raison de ses qualités intrinsèques (faible échauffement, capacité à reprendre sa forme initiale), le caoutchouc naturel reste incontournable pour l’industrie des pneumatiques. Le marché mondial du caoutchouc était évalué en 2013 à environ 26,3 millions de tonnes (Mt) dont 11.5 Mt d’origine naturelle et 14,8 millions de tonnes d’origine synthétique, selon SIPH qui cite LMC Commodity Bulletin.

Une demande mondiale de 3,7% en 2013

La consommation mondiale d’élastomères (caoutchouc naturel et synthétique) suit sur longue période une courbe ascendante. La part du caoutchouc naturel dans ce marché augmente régulièrement : inférieure à 40 avant 2000, elle atteint 42,9 en 2013.

La consommation de caoutchouc naturel estimée à 11,1 Mt, est fortement liée à l’évolution des marchés de l’industrie automobile et de l’industrie du pneumatique. La croissance des pays émergents soutient la demande, +3,7% en 2013, dans un contexte économique mondial peu favorable.

Sur des tendances long terme, la production s’ajuste à l’augmentation de consommation (en moyenne +3,7% /an sur les dix dernières années). L’évolution récente de la demande traduit toutefois le ralentissement de la croissance, avec +4,6% en 2011, +0,2% en 2012 qui marque la pose, suivi de 3,7% en 2013.

L’industrie pneumatique absorbe 65 à 70 de la production mondiale de caoutchouc naturel et continuera de recourir au caoutchouc naturel pour ses particularités physiques qu’on ne retrouve pas dans le caoutchouc synthétique, telles qu’une bonne résistance mécanique et un faible échauffement. Ces qualités sont particulièrement demandées par les pneumatiquiers pour le marché des poids lourds, du génie civil, de l’agriculture et l’aéronautique.

La demande des pays émergents, et notamment de la Chine, demeure en augmentation continue malgré le ralentissement récent. La part de la Chine dans la consommation mondiale de caoutchouc naturel est devenue majeure (28% de la consommation mondiale en 2007 contre 38% en 2013).

Une production en hausse de 3%

La production mondiale de caoutchouc naturel de 2013 (11,5 Mt) a augmentée de 3 par rapport à l’année 2012. A l’échelle mondiale, les foyers producteurs d’hévéa restent très concentrés : la Thaïlande, l’Indonésie, la Malaisie et l’Inde représentent environ 74,5 de la production mondiale.

En Asie, la majeure partie de la production est récoltée par des planteurs indépendants et non par de grandes plantations industrielles. Le Vietnam devient un acteur important, représentant 7,6% de la production, désormais devant la Malaisie (7,4 %).

Les fluctuations du marché du caoutchouc peuvent inciter les petits planteurs à différer ou à anticiper l’abattage et le replanting. De 2003 à 2005, les replantations des petits planteurs semblent avoir été pénalisées par des prix peu rémunérateurs, qui ont favorisé des replantations en palmier à huile.

A partir de 2004/2005 : la reprise des cours à la hausse conduit certains opérateurs, notamment la Thaïlande, à procéder à des extensions de plantations : ces productions arrivent progressivement sur le marché depuis 2011, tandis que le rythme d’augmentation de la consommation ralentit.

De 2011 à 2013, l’augmentation annuelle moyenne de la demande est de 2,8% tandis que celle de la production est de 4,6% sur la même période. En 2013, un excédent de production de caoutchouc naturel de 400 000 t environ a été constaté. Le marché s’ajuste par les prix et entre dans un bas de cycle

L’Afrique représente 4%

La part de l’Afrique demeure faible (4 %) pour une production mondiale de 11,5 Mt. En revanche, l’Afrique occidentale présente l’avantage d’un réel potentiel de développement, par rapport aux autres zones de production, et ce pour plusieurs raisons : des réserves de terres disponibles ; de la main d’œuvre locale agricole disponible ; un climat favorable à la culture de l’hévéa et l’absence de microcyclus.

En 2013, la production africaine est estimée à 514 000 t environ et couvre 39,3 % de la consommation européenne de 1 305 000 t.

Les cours internationaux en berne

Certaines qualités de caoutchouc sont cotées sur des marchés à terme. Pour les principales qualités actuellement produites par SIPH les marchés utilisés sont le SICOM (Singapore Commodity Exchange), qui cote en US$, et le MRELB (Malaisian Rubber Exchange Licencing Board) en Malaisie, qui cote en MYR (malaisian ringitt). Ces deux marchés sont assez représentatifs pour les qualités utilisées par les pneumatiquiers. Le SICOM sert de référence tant pour les ventes de SIPH que pour les achats de caoutchouc auprès des planteurs.

Le cours du caoutchouc (Sicom 20) qui se situait à $ 3 le kilo début 2013 a enregistré une baisse régulière pour atteindre $ 2,3 en fin d’année. L’évolution de la parité euros/dollars a eu un effet amplificateur négatif (1,33 $/€ début 2013 contre 1,37 $/€ fin 2013). Ainsi le cours exprimé en euros s’établissait à € 2,3 le kg début 2013 pour terminer à € 1,64 fin 2013, soit -29% sur l’année 2013.

Exprimé en euros, le cours moyen 2013 est en repli de 22,8 % par rapport à l’an dernier (€ 1,89 le kilo contre 2,45 en 2012).

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