06 novembre 2008 - 00:00 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

Si l’élection présidentielle américaine a provoqué une hausse des principales matières premières, les marchés sont repartis à la baisse avec en toile de fonds la récession économique

(06/11/08) Les cours de matières premières cette semaine ont suivi de près les élections présidentielles aux Etats-Unis. Ils se sont appréciés la veille du vote du 4 novembre puis affaissés avec la victoire historique d’Obama et le renforcement de la devise américaine. Le dollar avait enregistré sa chute la plus marquée en une seule séance depuis 1999 contre l’euro le 4 novembre s’est repris après la désignation du candidat démocrate.

CACAO Le cacao a suivi le mouvement baissier des cours de l’or et du pétrole le 5 novembre la livraison décembre sur l’ICE a chuté de $ 26 à $1 973 la tonne et mars à Londres a reculé de 28 livres à 1 280 la tonne.
En Côte d’Ivoire, les exportateurs de cacao semblent inquiets quant au volume exporté cette saison. La maladie de la pourriture noire, qui s’est étendue en août et en septembre, devrait réduire les embarquements ont estimé les exportateurs le 4 novembre. Au début novembre, les arrivées de fèves de cacao pour l’exportation se sont élevées à 88 000 tonnes, soit moins que la moitié du tonnage de l’année dernière et les exportateurs craignent que cette tendance continue durant la campagne. «Je pense qu’en novembre, nous devrions recevoir autour de 200 000 à 225 000 tonnes et au moins 250 000 t en décembre, soit environ 563 000 t au total avec les arrivées d’octobre” estime le directeur d’une société d’exportation internationale basée Abidjan. ”Ce n’est pas beaucoup, particulièrement quand vous pensez que l’on s’attend à une meilleure campagne cette année or en décembre 2007 nous avions enregistré 760 000 t» .
Les exportations de cacao au Nigeria ont progressé de 24% en 2007/08 à 167 231 tonnes par rapport à la campagne précédente.
Au Ghana, Gargill a ouvert son usine de transformation du cacao à Téma. D’un coût de $ 100 millions, elle dispose d’une capacité de 65 000 t et devrait atteindre sa pleine production en moins de trois mois.

CÉRÉALES Dans un contexte de baisse du pétrole et des places boursières américaines, les cours des céréales se sont inscrits à la baisse sur la Bourse de Chicago le 5 novembre. Le blé a chuté de 34,50 cents à $5,38 pour l’échéance décembre avec une surabondance des offres mondiales de blé tandis que le maïs perdait 15 cents à $ 3,98 le boisseau pour décembre. De même le riz perdait 9 cents à $15,61 le quintal.
La Fao a annoncé le 6 novembre qu’elle avait revu à la hausse ses prévisions de production mondiale de céréales pour 2008/09. Elle devrait atteindre un record à la hausse en 2008 en raison de l’accroissement des superficies cultivées et de conditions climatiques favorables. Une situation qui devrait permettre une reconstitution des stocks qui avaient diminué comme une peau de chagrin cette année. La FAO prévoit une production mondiale de céréales de 2,24 milliards de tonnes, en hausse de 5,3% par rapport à 2007/08. Avec l’augmentation des récoltes prévues en Europe, Amérique du Nord et Océanie, la production de blé devrait s’établir à 677 Mt. Quant au riz, aussi en croissance, elle devrait s’établir à 450 Mt.

COTON Morosité sur le marché du coton qui a toucher les plus bas dans la séance de mercredi, la référence décembre cédant 2,01 cents à 44,35 cents la livre et celle de mars a perdu 2,24 cents à 48,63 cents la livre. Tout le gain accumulé le mardi a fondu. Les cours se situent en dessous du niveau le plus bas atteint depuis près de quatre ans le 30 octobre dernier où ils se situaient à 45,09 cents pour la livraison décembre. La faiblesse de la demande de la fibre et les conséquences de la récession mondiale pèsent sur le marché. Le recul des ventes à la Chine pèse également.
Selon les dernières estimations de l’International Cotton Advisory Committee (ICAC) publiées le 3 novembre, les importations mondiales de coton devraient chuter de 6% en 2009/09 à 7,8 millions de tonnes (Mt). Et chez le premier importateur mondial, la Chine, la baisse devrait être plus accentuée. Les importations chinoises devraient diminuer de 10% à 2,3 Mt. La hausse des coûts de production, la fermeté du yuan vis-à-vis du dollar et le ralentissement de la demande de textile sont les causes du ralentissement de la consommation de coton en Chine.
Au Burkina Faso, les previsions de production 2008/09 ont été diminuées d’un cinquième à 525 000 tonnes en raison des pluies tardives mais aussi les retards de paiements aux paysans, selon le principal producteur du pays la Sofitex. C’est tout de meme mieux que la campagne précédente où la production avait reculé de 45% à 360 000 t.

OLEAGINEUX Le marché mondial du soja sera de plus en plus dépendant de l’offre de l’Amérique du Sud dans les prochains mois estime Oil Word dans son édition du 4 novembre. En cause, une production en recul prévue aux Etats-Unis. Selon les dernières prévisions publiées par le département américain de l’Agriculture (USDA) le 28 octobre la production américaine de soja a été révisée à la baisse de 1,5%. Selon Oil World, la production brésilienne s’établirait à 60 millions de tonnes (Mt), celle d’Argentine à 49,5 Mt et celle du Paraguay à 6,60 Mt.
Par ailleurs, l’analyste basé à Hambourg, estime que la faiblesse des prix mondiaux du soja pourrait stimuler les achats de l’industrie à l’avenir et ainsi soutenir une reprise des prix. ”Une reprise des achats peut contribuer à un rétablissement des prix dans le moyen terme» affirme Oil World précisant que les industriels ont privilégié la réduction de leurs stocks .

THE Les prix du thé sur le marché aux enchères ont chuté cette semaine reflétant la qualité et un ralentissement de la demande. Environ 1/3 des offres n’ont pas été vendues.
Chez le premier producteur mondial de thé noir, la production en septembre est en recul de 2% avec 25,22 millions de kilos contre 24,74 mkg en septembre 2007. «Des stocks importants sont invendus depuis mi-juillet et ont conduit les producteurs à réduire leur production» a estimé le directeur du Sri Lanka Tea Bard. Ajoutant que ces invendus sont largement imputables à un fort déclin des prix du thé sur le marché mondial et à la chute de la demande en Russie et au Moyen Orient.

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