06 novembre 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les prix du riz sont repartis à la hausse mais les perspectives demeurent incertaines

(05/11/09)

Après plusieurs mois d’investissements financiers plutôt faibles dans les marchés de matières premières, un flux net important, de l’ordre de $ 10 milliards, voire plus, a été enregistré en octobre, souligne la banque Natixis dans sa dernière analyse des matières premières. L’achat par l’Inde de 200 t d’or du FMI a propulsé les cours du métal précieux vers le haut, tirant avec lui nombre d’autres matières dont les softs. Ces derniers ont également été poussés à la hausse par un dollar faible et des retards dans les récoltes américaines.

Bananes. Un accord international sur les bananes pourrait être atteint d’ici quelques semaines, selon un certain nombre de responsables de pays producteurs d’Amérique centrale à l’Organisation internationale du commerce. On pourrait aboutir à un accord avant la réunion ministérielle à l’OMC qui démarre le 30 novembre. Il semblerait que l’UE abaisserait ses tarifs à l’importation de bananes d’Amérique latine à $ 114, soit un taux qui avait déjà fait l’objet d’un accord lors des réunions avortées en juillet. En compensation, les pays latino-américains ne poursuivraient pas sur divers autres dossiers touchant l’UE à l’OMC. Et Bruxelles accorderait des compensations financières aux pays producteurs et exportateurs ACP. Cette taxe était à l’origine de $ 176 puis avait été ramenée à $ 148.

Bois. Ces dernières semaines, on a pu noter quelques évolutions des prix des bois, des grumes mais aussi des sciages, mais ce sont des ajustements qui demeurent mineurs, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux. Les grumes d’azobé ont perdu ainsi que le bibolo, le bubinga, le movingui ou encore le sipo. En revanche, l’okoumé dont la demande ferme devrait persister, l’okan et le padouk qui se vend bien sur les marchés indiens et chinois ont gagné quelques points. En réalité, les prix des sciages semblent moins bien orientés car la demande demeure faible et elle devrait le rester pendant tout l’hiver européen.
Les exportateurs considèrent que le marché des grumes demeurera stable ces prochains mois avec une bonne demande de la part des marchés asiatiques. En revanche, en Europe, la situation du bâtiment ne semble pas se redresser de sitôt, et donc la demande en bois.

Cacao. Le cacao a terminé en baisse hier, jeudi, mais les fondamentaux demeurent toujours haussiers, face à un déficit de l’offre mondiale de 150 000 à 200 000 t. Au 1er novembre, les arrivages aux ports ivoiriens ont totalisé 166 000 t depuis le démarrage de la campagne le 1er octobre, soit 85% d eplus que sur la même période en 2008/09. Toutefois, chacun croise les doigts pour que cela dure, au moisn jusqu’à fin décembre. Le pays vient juste d’achever, en 2008/09, sa pire récolte depuis au moins cinq ans.
A noter que les exportations de cacao de Sulawesi, en Indonésie, sont en baisse de 13,2%, à 18 424 t.

Café. Alors que les prix du Robusta étaient revenus hier à leur position de jeudi dernier, les Arabica, en revanche, ont accusé une belle hausse, stimulée par la menace de l’ouragan Ida sur le Nicaragua et par des stocks de café certifiés en chute libre. En outre, le marché a joué sur les pluies importantes qui sont tombées sur le Brésil en septembre et octobre, s’interrogeant sur l’impact qu’elles auraient sur la floraison pour la prochaine récolte.

Huile de palme. Mercredi, sur les marchés asiatiques, l’huile de palme de Malaise a touché son plus haut en deux mois, poussé par les autres marchés également haussiers des matières premières, notamment le pétrole et l’or. Toutefois, les fondamentaux sur l’huile de palme demeurent lourds : la Malaisie, deuxième producteur mondial, devait encore voir ses stocks gonfler fin octobre après qu’ils aient déjà atteint en septembre leur volume le plus élevé en 8 mois. En effet, la production dépasse et de beaucoup la demande mondiale. La demande indienne à l’importation s’est estompée, tout comme les craintes liées à El Nino.

Riz. En octobre, les cours mondiaux ont grimpé suite à la reprise de la demande asiatique et des perspectives d’une possible contraction de l’offre d’exportation, souligne Patricio Mendez del Villar dans son dernier rapport mensuel Osiriz. Mais la situation semble très incertaine et confuse. La défaillance de l’Inde sur le marché d’exportation et l’annonce d’importations massives indiennes pour reconstituer les stocks de sécurité, font planer le spectre de la crise des prix de 2008. Certains analystes n’hésitent pas à franchir le pas pour annoncer déjà des fortes hausses dans les mois avenir. Toutefois, les volumes d’exportation disponibles de la Thaïlande, du Vietnam, de Birmanie et du Cambodge devraient atténuer les tensions sur les marchés mondiaux du riz en 2010. Aussi, Patricio Mendez del Villar estime-t-il que les conditions qui ont été à l’origine de la crise de 2008 ne sont pas réunies (encore) pour l’année 2010.
En 2009, la production mondiale pourrait connaitre un recul de 3% à 668 Mt (450Mt en équivalent blanchi). Ces estimations tiennent compte des mauvaises conditions climatiques dans nombreux pays d’Asie du Sud, principalement en Inde. Cette région représente 30% de la production mondiale.
Le commerce mondial en 2009 serait en légère progression à 30,7 Mt. Le recul des exportations indiennes de riz non basmati doit profiter directement aux exportateurs thaïlandais et vietnamiens, mais aussi, aux nouveaux exportateurs notamment la Birmanie et le Cambodge. La Chine aussi devrait revenir sur le marché d’exportation grâce à une amélioration de la production.
Les stocks mondiaux se finissant en 2009 devraient progresser, malgré le recul des stocks indiens, à 121 Mt contre 109 Mt en 2008, soit une progression de 5%. Ces réserves représentent 25% des besoins mondiaux en 2009 contre 24% en 2008. En 2010, les stocks mondiaux pourraient s’élever à 114 Mt.
Au Vietnam, le rythme de ses exportations est soutenu, notamment à destination de l’Afrique et le Moyen Orient. En 2010, les exportations pourraient atteindre pour la première fois près de 7 Mt.
En Afrique, malgré une production en hausse grâce à des mesures de relance de la riziculture dans de nombreux pays, y compris au Nigeria, la demande d’importation reste soutenue. La possible hausse des cours mondiaux dans les mois à venir, devrait peser lourd dans les balances commerciales des pays les plus démunies du continent. Rappelons que l’Afrique subsaharienne représente le premier pole d’importation de riz avec près du tiers des importations mondiales.

Sucre. Les cours du sucre ont été plutôt hésitants en cette fin de semaine mais la tendance demeure tout à fait haussière, non seulement à cause des très fortes pluies qui se sont abattues sur le Brésil, mais aussi parce que la demande indienne pour l’achat de sucre pourrait bien se confirmer : il s’agit de volumes importants, de l’ordre de 6 à 7 Mt en 2009/10.

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