07 février 2008 - 09:05 |

La filière thé au Kenya souffre

30 000 cueilleurs auraient fui les plantations

(07/02/08)

L’inquiétude que suscitent les violences qui ont déjà tué 1 000 personnes et la crise politique au Kenya a fait fortement grimper les cours du thé lors des ventes aux enchères de Mombassa mardi 5 février. Les acheteurs craignent des ruptures d’approvisionnement et engrangent les volumes de thé noir produit par le premier exportateur mondial. Sur les 102 168 paquets offerts en vente, l’Africa Tea Brokers déclare que seuls 9 850 n’ont pas été vendus. « On ne sait pas ce qui se passera dans une semaine ou dans un mois. On ne sait pas ce qui parviendra à Mombasa », déclare Peter Kimanga de Global Tea and Commodities.
Ainsi, les BP1 se sont vendus entre $ 3,79-3,15 le kilo contre $ 3,66-3,30 aux ventes la semaine précédente. Les PF1 ont augmenté à $ 3,17-2,36 contre $ 3,09-2,35.
En effet, les conflits auraient incité quelque 30 000 cueilleurs travaillant dans les plantations à l’ouest de la Vallée du Rift à fuir, selon le Tea Board. Or, cette région compte pour 40% de la production nationale de thé. Certaines plantations auraient perdu 40% de leur main d’œuvre.
Sur des plantations comme celle d’Unilever (8 000 ha), des salariés ont été menacés et entre 15 à 20% d’entre eux ont demandé à partir dès le début de l’année pour se réfugier dans des lieux plus surs. Mais le dirigeant d’Unilever Kenya se veut rassurant : ce nombre serait juste un peu plus élevé que les demandes de vacances à cette période de l’année. Toutefois, des maisons de salariés ont été endommagées, ainsi que des entrepôts et de l’équipement. Unilever a dû renforcer la sécurité sur ses plantations.
Globalement, souligne son directeur, la production n’est pas touchée : les 500 000 t de feuilles par jour sont toujours au rendez-vous et les 600 000 t/jour devraient être atteintes début avril lorsque commencent les pluies. La météo plus que les conflits affecterait le niveau de production, précise-t-il.
Selon le Tea Board, la production cette année ne devrait atteindre que 335 000 t étant donné la sécheresse qui a sévi dans les zones de production et cette violence. Une chute de 10% par rapport aux niveaux record atteints l’année dernière de l’ordre de 369 000 tonnes (310 600 t en 2006). Mais la baisse des prix et la force de la devise (le shilling a pris 7% face au dollar sur l’année) ont provoqué une baisse de recettes d’exportation, à 43 milliards de shillings ($ 603,5 millions) contre 47 milliards l’année précédente.

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