07 avril 2015 - 00:00 |
à Madrid

Progression continue des exportations agroalimentaires espagnoles en Afrique de l’Ouest

Comme d’autres secteurs de l’économie espagnole, le secteur alimentation-boissons-tabac a engagé, bien avant la crise actuelle, un processus de développement des exportations. La récession brutale de l’économie espagnole n’a fait que renforcer cette dynamique, les entreprises cherchant à contrebalancer la récession du marché intérieur.

En 2014, les ventes de ce secteur sur les marchés extérieurs ont progressé de 4,4% à € 37,2 milliards (Mds), soit 15,5% des exportations totales de l’Espagne, selon les statistiques douanières espagnoles. Preuve de ce dynamisme, l’Espagne s’est classée l’année dernière au premier rang des exportateurs de vins avec 2,25 Mds de litres (+22,3%) devant l’Italie et la France.

Percée espagnole en Afrique de l’Ouest

L’agressivité à l’export s’accompagne d’une volonté de diversification par rapport à l’Europe, au profit d’autres marchés, principalement les pays émergents. Une étude récente de la FIAB (Fédération  espagnole des industries de l’alimentation et des boissons), publiée en novembre 2014, montre que la part de l’Union européenne (UE) dans les exportations espagnoles  du secteur a été ramenée de 78,2% en 1998 à 72,8% en 2013 alors que celle de l’Asie a grimpé de 6% à 9,2%  et celle de l’Amérique latine, de 3% à 3,8%. L’Afrique participe à ce phénomène de diversification puisque les exportations sont passées de € 766 millions (4,5%) en 1998 à € 1,3 milliard en 2013 (5,9%).

Quatre marchés prioritaires ont été retenus par la profession : Etats-Unis, Chine, Royaume-Uni et Japon. Si le continent africain ne figure pas dans cette " short list ", les exportateurs espagnols ne négligent pas pour autant cette région qui comprend des marchés importants tels que l’Algérie, le Maroc, le Nigeria ou l’Afrique du Sud.

Concernant l’Afrique subsaharienne dans son ensemble, les exportations de produits agroalimentaires ont fortement progressé  entre 2010 et 2012 puisqu’elles sont passées de € 495  millions (M) à € 874 M.  Le mouvement s’est ensuite stabilisé et les ventes sont retombées à € 854 M en 2013 et € 819 M en 2014. Dans cette zone, la Guinée équatoriale, ancienne colonie espagnole, occupe, logiquement, une place significative avec € 97 M en 2014. Les boissons représentent le principal poste (€ 63 M) et enregistrent une progression régulière d’année en année (+57% depuis 2010).

La situation est sensiblement différente en ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest: les ventes ont augmenté de manière continue,  de € 321 M en 2010 à € 417 M en 2014 (+ 30% par rapport à 2013). Dans cette zone, le premier marché est la Côte d’Ivoire où les ventes ont crû régulièrement (de  € 45 M en 2010 à € 57 M en 2014). Les produits de la pêche (€ 24 M) et les boissons (€ 14 M) constituent les principaux postes.

Diversification de l’offre

On trouve ensuite le Nigeria où les ventes espagnoles ont doublé en l’espace de quatre ans (€ 51 M en 2014 contre € 25 M en 2010). Les producteurs espagnols de vins mousseux (Freixenet, etc.) ont effectué une percée remarquable dans un marché gros consommateur de champagne et d’alcools en général. Les exportations ont grimpé de € 14 M en 2010 à € 35 M en 2013. L’année 2014 a été caractérisée cependant par un net recul à € 28 M.

Le Bénin est un autre exemple de l’agressivité espagnole. Sur un marché où les entreprises ne disposent pas de références historiques, les exportations sont en hausse d’une année sur l’autre depuis quatre ans (€ 45 M en 2014, soit +25% sur 2013 et +36% sur 2010). La viande (€ 33 M en 2014) constitue traditionnellement le principal poste et enregistre une hausse de près de 40% sur quatre ans. Cependant, l’éventail de l’offre s’est élargi. L’Espagne est devenue un fournisseur de produits de la pêche (€ 6,5 M en 2014 contre  € 350 000 en 2010) et, de façon plusmodeste, de fruits (€ 1 M contre € 200 000 ). Les ventes de boissons ont cependant tendance à décliner (€ 4 M en 2014 contre € 8 M en 2010).

Le Sénégal est également un marché important. Les ventes se sont fortement développées entre 2010 (€ 18 M) et 2012 (€ 47 M). Elles sont retombées cependant à € 36 M en 2014. Les flux sont irréguliers : les préparations alimentaires (€ 12 M), les huiles  (€ 9 M) et les céréales (€ 5 M) sont les principaux produits exportés.

Le Ghana a également attiré l’attention des entreprises espagnoles avec des exportations à hauteur de € 30 M en 2014, principalement des boissons (€ 13 M) et des produits de la pêche (€ 10 M).

Des exportations qui devraient encore progresser

En Espagne, la reprise de l’activité est au rendez-vous, mais le marché domestique devrait rester déprimé pendant plusieurs années encore en raison principalement de la persistance attendue d’un taux de chômage élevé. Dans ces  conditions, il n’est pas question pour les entreprises espagnoles, et particulièrement les PME,  de relâcher l’effort au niveau de l’export : c’est une question de survie. Le gouvernement espagnol et les associations professionnelles sont totalement mobilisés pour appuyer les entreprises.

Même si l’Afrique de l’Ouest ne figure pas au rang des priorités officielles de la profession, pour les PME ibériques tout marché est "bon à prendre". La concurrence espagnole, même si elle n’est pas présente sur tous les segments, est un facteur à prendre désormais en considération.

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