07 avril 2017 - 18:15 |

Lorsque les grands de ce monde vident leurs stocks de café, coton, caoutchouc

La mode, semble-t-il, est à vider ses stocks. Et ce phénomène devrait, sans aucun doute, avoir un impact à terme sur les marchés mondiaux de matières premières agricoles.

Ainsi, mercredi, les 3 733 sacs de 60 kg d'Arabica qui étaient encore détenus dans les entrepôts gouvernementaux  du n°1 mondial du café, le Brésil, ont été vendus. Ainsi, pour la première fois en 10 ans, les entrepôts sont vides.  Selon l'agence publique d'approvisionnement agricole, Conab, il y avait du café vieux de 15 ans dans les entrepôts de Saõ Paulo ou encore de Minas Gerais. Car la politique agricole brésilienne consiste à acheter auprès des agriculteurs leurs produits si les prix de ces derniers tombent en-dessous d'un seuil pré-établi. Puis, le moment venu, l'Etat revend ces marchandises au secteur privé au prix du marché.

C'est en 2009 que le Brésil est ainsi intervenu pour la dernière fois. Et cela ne s'est pas fait par des achats directs mais le gouvernement a proposé des put options aux caféiculteurs qui, d'ailleurs, ni ont jamais eu recours car le prix de marché était au-dessus du prix d'intervention.

La Chine, comme l'Inde, vendent leurs stocks de coton. Du 6 mars à fin août 2017, Pékin devrait mettre en vente, chaque jour, des lots de coton pour un volume total de 30 000 t. Déjà en 2016, la Chine a vendu 2,6 millions de tonnes (Mt) provenant de ses stocks et si un volume semblable est vendu cette année, le Comité consultatif international du coton (CCIC) estime que les stocks gouvernementaux chionis de coton baisseront à 6 Mt à fin 2016/17. Si on comprend les stocks privés, le volume total de coton entreposé en Chine sera de 9,3 Mt, soit 53% des stocks mondiaux de la fibre blanche.

En 2017/18, les stocks chinois devraient encore baisser de 19%, à 7,5 Mt, ce qui représenterait alors 45% des stocks mondiaux. Si cela devait se réaliser, ce serait la première fois depuis 2011/12  que la Chine détiendrait moins de la moitié des stocks mondiaux, selon Textiles and Garments. D'ailleurs, au plan mondial, les stocks de coton baissent depuis trois campagnes consécutives ; ils baisseraient de 7% à 17,9 Mt durant cette campagne 2016/17.

Cette politique pourrait conduire Pékin à importer davantage de fibre ces prochaines années car ses filatures ont besoin de matières premières, espère le Département américain de l'Agriculture (USDA). Selon ses analyses, ses importation pourraient augmenter de 11%, à 1,1 Mt en 2017/18.

En Inde, l'entreprise publique Cotton Corporation of India a été instruit l'année dernière par l'Etat de vendre l'intégralité de ses stocks à des PME locales du textile.

Côté caoutchouc, fin mars, la Thaïlande a annoncé vendre 13 000 t de ses stocks lors de ventes aux enchères, avec pour objectif de liquider les 107 000 t qui resteront dans ses entrepôts d'ici fin mai.

Filières: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +