07 avril 2020 - 17:16 |

La croissance de la zone Uemoa pourrait chuter de moitié suite au coronavirus

La croissance dans l’Union monétaire économique ouest-africaine (Uemoa) devrait se contracter de moitié en 2020 suite à la pandémie du Covid-19. Un renversement après huit années de croissance supérieure à 6% par an. Baisse des principaux produits d’exportation, diminution des transferts des migrants, secteurs à l’arrêt, chute de recettes publiques et accroissement du poids du service de la dette sont les principales conséquences du coronavirus sur les pays de la zone selon une étude de Bloomfield Investment « L’impact du covid-19 sur la zone Uemoa ».

Baisse des exportations

La baisse de l’activité économique mondiale va entraîner une baisse de la demande des principaux produits d’exportation de la zone, et donc des recettes d’exportation. Ce sont l’or, le cacao, le pétrole, la noix de cajou et le coton, qui représentent près de 65% des exportations totales. Ils sont destinés à l’Union européenne (44%), l’Afrique (21%), l’Asie (20%) et l’Amérique (8%). Les impacts de cette diminution seront différenciés selon les pays, le Burkina et le Mali pâtiront des moindres exportations et ou de la chute des prix de l’or et dans une moindre mesure du coton, le Bénin par le coton, la Côte d’Ivoire pour le cacao mais aussi la noix de cajou ainsi que le pétrole, le Niger et le Sénégal par le pétrole, la Guinée Bissau par la cajou.

Moindres transferts des migrants

Les pays européens, dont parte la majorité des transferts de fonds vers l’Uemoa, et en premier lieu la France et l’Italie, sont à l’arrêt ce qui va réduire, comme lors de la crise de 2008, les disponibilités financières. Les pays les plus exposées seront, souligne Bloomfield, le Sénégal, le Mali et le Togo, les transferts représentant respectivement 10%, 5,5% et 7,7% de leur PIB en 2018.

Ralentissement économique

Comme pour les autres continents, les mesures prises pour combattre le Covid-19 impactent directement de nombreux secteurs, tels que le tourisme, la restauration, les transports, le BTP, le pétrole.

« Le secteur agricole pourrait pâtir de la baisse des subventions ou distribution d’intrants réalisés par certains Etats dans leur Plan National d’Investissement Agricole, et de la baisse de la demande. Le maintien de la Côte d’Ivoire du prix bord champ du cacao pour la campagne intermédiaire est une bonne nouvelle pour les paysans de ce sous-secteur. En Guinée Bissau, la situation pourrait être critique pour le secteur agricole, avec un cours baissier de la noix de cajou. La conséquence sera un découragement des petits producteurs entrainant ainsi une baisse de la production nationale » observe Bloomfield Investment.

En outre, le Bénin et le Niger pourraient être aussi impactés indirectement par la baisse du prix du pétrole via le Nigeria avec un recul des réexportations et des activités agropastorales, respectivement.

Dette et finances publiques

Avec la baisse des recettes budgétaires – ressources fiscales et douanières – la pression sur le paiement des services de la dette sera forte, estime Bloomfield Investment. Selon le cabinet ivoirien, les pays les plus exposés seront le Bénin, le Burkina Faso et le Togo compte tenu du ratio service de la dette totale sur les recettes publiques hors dons pour 2020 projeté par le FMI. La Banque mondiale et le FMI ont toutefois officiellement demandé aux créanciers bilatéraux officiels de suspendre les paiements de la dette.

Face à cette situation, pour l’instant, seuls la Côte d’Ivoire et le Sénégal ont engagé de vastes plans de soutien à leur économie (Lire : Covid-19 : la riposte économique de l'Afrique de l'Ouest avec des mesures agricoles en Côte d'Ivoire et au Togo). Les institutions régionales se sont également impliquées, comme la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ou la BOAD , mais aussi les institutions multilatérales, BAD, BADEA, Banque mondiale, etc.

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