07 mai 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Portés par un vent d’optimisme, les marchés s’inscrivent à la hausse

(07/05/09)

Cacao. Après une forte remontée des cours mardi, le cacao a consolidé sa position mercredi, avant de repartir à la hausse aujourd’hui dans une relative euphorie générale sur les marchés tant de matières premières que financiers. Toutefois, les perspectives sont baissières avec une demande mondiale qui continue à être faible et une récolte en Afrique de l’Ouest qui se déroule bien, contrairement aux attentes il y a quelques mois. A cela s’est ajoutée l’annonce par Fortis qu’il révisait à la baisse ses projections de déficit : il ne serait plus que de 64 000 t en 2009/10 contre 101 000 t annoncé précédemment.
En outre, mardi, la branche Commodities de la banque Macquarie a estimé entre 4 à 5% la baisse des broyages en 2008/09 par rapport à 2007/08 en raison de la chute de la demande mondiale. En janvier, cette même banque avait estimé la baisse de la consommation à seulement 0,5%. D’ailleurs, en Malaisie, les broyages ont chuté de 17,9% à 67 104 t au premier trimestre : visiblement, par temps de crise, on achète moins de chocolat !
Dans les pays producteurs, le Ghana est satisfait avec des achats au 9 avril qui atteignent 570 739 t, soit 95% de son objectif pour la récolte principale 2008/09, selon les chiffres officiels. Ce volume acheté sur 30 semaines de campagne est 0,8% plus élevé que sur la même période la campagne dernière.
En Côte d’Ivoire, au 19 avril, les arrivages aux ports ont atteint 175 913 t pour Cargill, ceux pour ADSM Sifca 115 391 t et ceux de Saco-Barry Callebaut à 110 359 t. Touton arrive en quatrième position avec 76 687 t devant Cocaf Ivoire Noble avec 60 317 t et Outspan Ivoire-Olam avec 45 091 t.

Café. Pris dans l’actuelle hausse générale des matières premières, l’Arabica a atteint à Londres son plus haut en sept mois, avant de redescendre sur un raffermissement du dollar. Le Robusta, pour sa part, n’a guère bougé.
La banque d’investissement Fortis a annoncé hier des estimations de production mondiale d’Arabica à 89,36 Ms en 2009/10 contre 79,82 Ms en 2008/09, tandis que le Robusta baisserait à 51,94 Ms contre 54,34 millions la campagne dernière, l’essentiel de cette baisse étant liée au Vietnam : ce pays produirait 17,1 Ms en 2009/10 dont 16,7 millions de Robusta. En 2008/09, la banque considère que le pays a produit 20,9 millions de sacs dont 20,5 Ms de Robusta.
La récolte au Brésil fait l’objet d’estimations très diverses. Selon Fortis, le pays produirait 52,75 Ms en 2009/10 dont 40,25 millions d’Arabica, contre respectivement 43,7 et 32,2 Ms en 2008/09. Toutefois, d’autres estimations font état d’une production brésilienne de 40 Ms en 2009/10 contre 45 à 50 Ms en 2008/09.
En Afrique, les arrivages de Robusta en Côte d’Ivoire ont atteint 81 902 t au 19 avril, selon la BCC, soit en très forte hausse par rapport aux 54 000 t de l’année dernière à pareille époque mais en forte baisse par rapport aux estimations d’exportateurs qui avaient avancé le chiffre de 96 225 t. Au Kenya, les prix sont demeurés stables à $ 161,16 le sac contre $ $161,75 la semaine dernière, lors des ventes aux enchères mardi à Nairobi malgré une qualité qui baisse. En Tanzanie, la production 2008/09 (mai à avril) serait de 62 000 t, soit un bond de 42% par rapport à la campagne précédente, a annoncé le Tanzania Coffee Board.
A noter que l’industrie allemande va enfin pouvoir prendre livraison de ses 17 000 t de café d’Ethiopie achetées il ya plusieurs mois. En effet, ce café avait été acheté auprès de six exportateurs éthiopiens qui se sont vus retirer en mars dernier leur licence. L’association allemande de l’industrie du café avait entamé des négociations avec les autorités éthiopiennes afin de se voir livrer leurs marchandises. La situation est donc dénouée et ce sont d’autres importateurs qui vont effectuer la livraison.

Caoutchouc. Les cours du caoutchouc naturel ont considérablement grimpé en fin de semaine sur les marchés asiatiques (Tokyo était fermé de lundi à mercredi), face à un cours du pétrole qui s’est raffermi, ce qui renchérit le caoutchouc synthétique, et dans le suivi de la hausse des marchés financiers. Un vent d’optimisme souffle : Gaëtan Toulemonde, analyste chez Deutsche Bank, voit un possible retournement du marché mondial du pneu notamment suite à la chute des prix du caoutchouc.
A noter que pour la première fois en trois mois, Michelin a acheté le 30 avril 2 000 t de caoutchouc d’Indoénsie, à $ 1,43 – 1,45 le kilo.

Riz. La lettre mensuelle Osiriz fait état de tendances variables sur le mois d’avril en fonction des origines. Le prix du riz de Thaïlande a baissé car d’importants volumes sont disponibles à l’exportation, tandis qu’au Vietnam et aux Etats-Unis, les cours ont repris face à une demande soutenue, écrit Patricio Mendez del Villar. Ainsi, l’indice Osiriz est resté relativement stable en avril à 230,9 points (base 100 en janvier 2000). En janvier-mars, il était à 225,1 après avoir grimpé en moyenne sur l’ensemble de 2008 à 294,4. Les importations en Afrique devraient baisser de 3% cette année, à 9,3 Mt car la production continentale s’est améliorée en 2008. Toutefois, 40% de la consommation de riz en Afrique est toujours importée.

Sucre. A Londres, le sucre a touché aujourd’hui son plus haut niveau en 35 mois sur des achats importants car les cours du pétrole ont monté à $ 58 le baril, son plus haut depuis le début de l’année. C’est toujours l’Inde qui mène la danse mais peut-être plus pour longtemps. En effet, lors de la conférence de l’Organisation internationale du sucre/Datagro qui s’est tenue hier à New York, Narendra Murkumbi de la société indienne Shree Renuka Sugars Ltd a souligné que le gros des importations était terminé : l’Inde ne devrait importer plus que 400 000 t sur le reste de l’année. Au total, 2 Mt auraient été contractées.
Cela ne signifie pas pour autant que les cours du sucre vont s’effondrer. Quasiment au plus haut depuis trois ans, le sucre devrait demeurer déficitaire sur les marchés mondiaux, selon l’économiste de l’OIS, Sergey Gudoshnikov. Il estime ce déficit à 4,9 Mt en 2009/10 contre 7,8 millions de déficit cette campagne. En effet, le Brésil produirait un record de 36 à 38 Mt de sucre en 2009/10, et l’Inde verrait sa production se redresser de 5,5 Mt, à 15-22 Mt. Rappelons que l’Inde n’a produit en 2008/09 que 14,7 Mt contre 26,3 Mt en 2007/08. Mais ce redressement de la production mondiale en 2009/10 ne suffira pas. La consommation de la planète atteindrait 167,7 Mt en 2009/10 en forte hausse encore par rapport aux 164,4 Mt en 2008/09, et alors que la production mondiale en 2008/09 n’était que de 156,6 Mt.

Thé. Lors des ventes aux enchères de Nairobi mardi, les prix ont enregistré des tendances diverses, mais la demande a été soutenue pour les feuilles de qualité. A noter que la production de thé au Kenya a baissé de 7%, à 65 800 t au premier trimestre 2009 en raison d’un manque d’eau, a annoncé mardi le Kenya Tea Board. Ceci est également nettement plus faible que les volumes enregistrés au premier trimestre 2007 qui s’élevaient à 108 700 t. La production à l’Est de la Vallée du Rift a chuté de 41% à 23 300 t, tandis qu’à l’ouest de la vallée, elle a progressé de 38% à 42 400 t. Toutefois, les exportations ont fait un bond de 14%, à 93 800 t avec l’Egypte comme premier client pour ce thé noir dont le Kenya est le premier exportateur mondial.

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