07 octobre 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Les marchés un peu rassurés par l’Europe, mais seulement un peu…

(07/10/2011)

Bois. L’activité a été relativement stable durant tout le mois de septembre sur le marché du bois d’Afrique de l’ouest et centrale, souligne l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT). La demande du Proche Orient est très active, avec un intérêt particulier pour différentes essences dont les bois rouges mélangés (mixed redwood) qui sont en concurrence directe sur ces marchés avec les bois de Malaisie.
La Chine est très demandeuse de sciages d’okoumé ainsi que d’autres pays asiatiques. A noter ces dernières semaines le retour sur le marché d’acheteurs sud-africains qui ont été très discrets ces derniers mois. Globalement, la demande sur l’ensemble des sciages est bonne, ce qui a donné un bon coup de pouce aux nouvelles scieries qui ont ouvert au Gabon suite à l’interdiction d’exporter des grumes l’année dernière. Les scieries au Cameroun sont également très actives pour répondre à la demande du marché mondial.
Ceci dit, la demande chinoise pour des grumes est toujours bien là, ce qui soutient les prix sans toutefois les faire monter car la demande, tout en étant ferme, ne s’accroit pas. L’Inde est toujours très présente à l’achat sur le marché bien qu’elle se soit un peu calmée dernièrement car il y aurait trop de stocks de certaines essences, notamment de padouk.
Le marché européen, quant à lui, demeure léthargique et la demande ne se fait que sur certaines essences et avec certaines spécifications.
Quid de l’avenir ? Les analystes voient la morosité persister sur le marché européen au quatrième trimestre mais les marchés chinois, indiens et du Moyen-Orient devraient demeurer très dynamiques, même en 2012, selon l’OIBT.
Quant au marché africain, au Ghana, le Timber Industry Development Division (TIDD) a délivré 1 755 permis à l’exportation de bois au deuxième trimestre 2011, que ce soit par les ports de Takoradi et de Tema, mais aussi par routes vers les autres pays de la sous-région. Sur ces 1 755 permis, 778 ont été approuvés pour des exportations de sciages, contreplaqués et blockboard vers le Nigeria, le Niger, le Bénin, le Mali et le Togo. Ceci représente une hausse de 31% par rapport au nombre de permis délivré par les autorités au premier trimestre de l’année et destinés à exporter vers la sous-région par voie terrestre.

Cacao. Le cacao continue à perdre sur le marché de Londres face à une abondance de fèves auprès des planteurs. En mars, on était à £ 2400 la tonne contre £ 1 700 actuellement et on pourrait encore perdre £ 200 au cours des trois prochains mois, souligne un tarder.
En Côte d’Ivoire, on réfléchit à mettre en place des ventes à terme pour la récolte 2012/13, ce qui signifie, souligne le trader qu’il fauudra vendre deux récoltes à la fois.
La Côte d’Ivoire qui a lancé lundi 3 octobre sa campagne cacaoyère 2011/12. Le nouveau prix indicatif bord champ est fixé à FCFA 1000 le kilo, a annoncé la présidente du Comité de gestion de la filière café cacao, Massandjé Touré-Litse. Il était à FCFA 1100 la campagne dernière. Il faut bien note que ce prix n’est qu’indicatif. D’ailleurs, au planteur le kilo est actuellement payé environ FCFA 600 le kilo, soit à peu près le meme prix moyen que Durant la campagne dernière.
S’achève aisni une campagne 2010/11 historique, avec une récolte record de plus de 1,48 million de tonnes au 25 septembre 2011, soit une hausse de plus de 25% par rapport à son niveau de 2010. Cette performance est due aux conditions climatiques favorables, selon Mme Touré. Une aubaine pour ce pays qui a craint avec la guerre une baisse drastique de sa production cacaoyère. Rappelons que plus de 6 millions de personens en Côte d’Ivoire vivent directement ou indirectement du café et/ou du cacao, le cacao représentant plus de 40% des exportations du pays et 20% (FCFA 8000 milliards) du PIB.
Face à cela, l’Indonésie, troisième producteur mondial, devrait enregistrer une chute de 25% de sa production cacaoyère cette année calendaire, à 450 000 t, en raison des pluies et des maladies mais aussi à cause de méthodes culturales souvent déficientes, contre 600 000 t en 2010. Le pays devrait exporter 200 000 à 210 000 t en 2011.

Café. Après être tombé lundi au plus bas en 10 mois, l’Arabica a bien rebondi durant le reste de la semaine, enregistrant trois séances consécutives de hausse. Hier, jeudi, il a même fait un bond de 2,9%, sa plus forte hausse en uen seule séance depuis sept semaines. Les sentiments sont mitigés car d’une part le marché réagit bien aux propositions européennes pour sortir de la crise financière, ce qui devrait stimuler la demande, mais d’autre part les récoltes au Brésil (qui pourrait atteindre 60 millions de sacs cette prochaine campagne) et au Vietnam sont records.
Le Robusta s’est également inscrit en hausse (+1,6% hier, jeudi) mais le marché attend le démarrage de la récolte 2011/12 au Vietnam.
« Les bourses bougent dans tous les sens comme d’habitude, l’activité reste très concentrée sur le Robusta spot, avec quelques affaires en Arabica lavé, mais il est clair qu’il faudra bien que les acheteurs rentrent dans la marché », explique un trader.
Quant à la profession, le dîner du café s’est tenu à Genève la semaine dernière et Nicolas Tamari, responsable de l’Association suisse des négociants en café, basée à Lausanne, a rappelé que les deux tiers du café dans le monde se traitent en Suisse. Selon un trader présent, « La nombreuse assistance composée des principales centrales d’achat du café et des principaux négociants mondiaux, prouve bien que ce diner a détrôné la place de Londres et son diner annuel reporté en novembre. C’est clairement l’endroit où il faut être lorsque l’on traite du café. » Et de poursuivre, «_ Si l’ambiance générale était festive, on sentait bien que tout le monde était perdu et déboussolé quand à l’avenir du marché. L’amabilité des acheteurs prouvait que le marché est devenu un marché de vendeur et plus d’acheteur, ce qui est un phénomène majeur._ »

Céréales. Les cours du blé se sont quelque peu ressaisis ce matin sur les marches à terme asiatiques après avoir perdu 1% hier, jeudi. Globalement, le marché est très lourd car les récoltes ont été globalement abondantes à travers le monde.
Dans l’Union européenne, le Comité de gestion des marchés agricoles a délivré cette semaine des certificats pour l’exportation d’un total de 349 000 t de blé tendre. Ceci porte à 3,8 millions de tonnes (Mt) le volume total autorisé depuis le début de la campagne, le 1er juillet, contre 6,8 millions la saison dernière à la même époque. Sur ce total, près de 162 000 t ont été sollicitées en Allemagne, 65 395 t en France et près de 42 500 t au Pays-Bas.
Les demandes hebdomadaires pour l’exportation de maïs ont atteint de leur côté le niveau particulièrement élevé de 202 000 t, soit désormais un total de 431 000 t depuis le 1er juillet contre 217 000 t la saison dernière à la même époque. Sur ce volume 119 000 t ont été sollicitées en Roumanie, près de 45 000 t en France et 15 600 t aux Pays-Bas.

Coton. La semaine a été globalement bonne pour le coton, avec des cours en hausse sur quatre séances consécutives au NYSE. Le marché a à peine réagit au rapport hebdomadaire du département américain de l’Agriculture (USDA) qui note des ventes médiocres sur les marchés intérieur et d’exportation. En effet, les opérateurs ont quelques inquiétudes quant à la récolte aux Etats-Unis mais aussi au Pakistan en raison des sécheresses et des inondations qui ont touché les deux pays.

Huile de palme. Le marché à terme de l’huile de palme en Malaisie enregistre sans doute sa pire semaine depuis le mois de juin dernier. A l’origine de cette évolution, un mouvement spéculatif mené par un opérateur coté à Singapour, mais aussi la poursuite d’une tendance baissière ressentie depuis le début de l’année : les prix de l’huile de palme ont perdu plus d’un quart de leur valeur sur 10 mois. Cette tendance s’est renforcée cette semaine car on s’attend à des niveaux élevés de stocks, alors que la demande indienne, un acteur majeur sur la scène des oléagineux, devrait se contracter ce mois ci avec la fin de sa saison des festivals.
A noter que les marchés chinois sont fermés pour la semaine pour célébrer leur fête nationale.

Riz. En septembre, les cours mondiaux progressaient toujours, mais avec des hausses relativement modérées par rapport au mois précédent, souligne Patricio Mendez del Villar dans sa note de conjoncture mensuelle Osiriz. La fermeté tient pour l’essentiel à la nouvelle politique thaïlandaise de revalorisation du prix payé au producteur, et qui devrait se traduire mécaniquement par des hausses sensibles des prix à l’exportation. Ces concurrents asiatiques, pour leur part, profiteraient d’un effet d’aubaine pour augmenter leur prix, tout en restant en dessous des prix thaïlandais. Le marché indonésien, de 1,5Mt en 2011, pourraient ainsi totalement échapper aux exportateurs thaïlandais, au bénéfice du Vietnam et de l’Inde. A cet égard, le retour de ce dernier sur le marché mondial se fait au plus mauvais moment pour le gouvernement thaïlandais, lequel pourrait être amené à revoir sa politique des prix internes, car il y a un risque que l’ensemble de la filière nationale, y compris les producteurs, soit de pénalisé.
En Thaïlande, les cours ont progressé une fois encore de 6% en septembre. Son offre se raréfie car le marché attend le début de la nouvelle campagne d’achats gouvernementaux dans le cadre du nouveau régime des prix internes.
Au Vietnam, les prix à l’exportation ont connu des hausses relativement modérées, les exportateurs se frottant les mains face à la perspectives de forte revalorisation des prix thaïlandais. Le marché d’exportation est très actif, en particulier sur les marchés asiatiques avec des ventes sur les premiers neuf mois de l’année qui auraient dépassés les 7Mt. A ce rythme, les exportations totales en 2011 pourraient largement dépasser le seuil historique de 8Mt.
En Afrique, la dynamique engendrée par la crise de 2008, eu un effet positif dans l’accroissement de la production rizicole et la stabilisation des importations. Celles-ci ne progressent depuis ces trois dernières années que de 2% e moyenne contre 5% pendant la période précédente, note encore Patricio Mendez del Villar.

Sucre. Sur la place de New York, le sucre roux ne fait pas recette. Les investisseurs ne se portent guère à l’achat, les volumes échangés étant les plus faibles depuis le mois d’août. Alors que le sucre avait atteint un plus haut en 30 ans, à 36 cents la livre, il est retombé en dessous des 25 cents.
Côté pays producteurs, la Russie devrait exporter jusqu’à 200 000 t de sucre blanc entre le 1er juillet 2011 et le 30 juin 2012. Ce pays qui, à une époque, était le troisième importateur mondial, devrait récolter cette année une production record de l’ordre de 5 Mt. Or, les raffineries dans le pays n’auraient qu’une capacité de 4,3 Mt.

Thé. Les prix moyens aux ventes aux enchères de thé à Mombassa cette semaine ont été stables, à $ 3,24 le kilo contre $ 3.23 aux précédentes. Les achats ont été soutenus de la part d’opérateurs du Pakistan et d’Afghanistan, tandis que ceux d’Egypte, du Yémen, de Russie, du Soudan, du Royaume uni et d’Iran étaient moins actifs.

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