08 avril 2019 - 18:28 |

Mauvaise passe pour la noix de cajou en Afrique de l’Ouest

Le marché du cajou est en petite forme en Afrique d'Ouest. "Les prix s’effondrent et la filière entière souffre, petits producteurs comme transformateurs" indique N’Kalô. Au Burkina Faso, au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana, la demande se tarit, les acheteurs se retirent et les prix chutent fréquemment en dessous du prix minimum officiel. Les prix sont revenus au niveau de 2015. Les prix de l ‘amande ne sont guère mieux lotis, ils baissent touchant leur plus bas niveau depuis août 2014 !

En cause, la faiblesse de la demande en amandes et les problèmes de financement des transformateurs asiatiques, indique N’Kalô. Par manque de financement, " les transformateurs réduisent leur achat de noix brute et, pour pouvoir continuer à tourner, ils vendent rapidement leurs stocks d’amande de cajou quitte à accepter des prix extrêmement bas et vendre à pertes".

Ajoutons que l’offre en noix de cajou brute est abondante et qu’elle pourrait l’être davantage lorsque qu’arriveront sur le marché les noix de cajou de Tanzanie. Rappelons que le président tanzanien John Magufuli a décidé en octobre d’accroître de 94% le prix de la noix de cajou payé aux producteurs et que l’Etat achète l’ensemble de la production (cf. nos informations). Pour l’instant, l’Etat semble en difficultés pour revendre les noix de cajou à des importateurs, les appels se multiplient notamment vis-à-vis de l’Inde tandis que le contrat annoncé en février avec la firme kenyane Indo Power Solutions pour 100 000 tonnes semble caduque.

La faiblesse des achats de noix de cajou brute conjuguée aux restrictions financières des négociants et des transformateurs indiens et vietnamiens pourrait conduire à une réduction du volume de transformations en Inde et au Vietnam et donc entraîner une diminution de l’offre d’amande et une montée des prix. Mais, souligne N’Kalô, "Nous sommes confiant sur le fait que la demande va revenir, aussi bien pour l’amande de cajou que pour la noix brute, mais ce sera tard dans la campagne et d’ici là les stocks de noix brute en Afrique de l’Ouest seront tellement importants et d’une qualité tellement basse que les prix pourraient ne pas remonter cette année..."

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